Courriel Saurelois
Une chronique sur l'histoire de Sorel, de Roland Plante
26 juin, 2018
Sorel Maritime
Recherches : Roland Plante

Avant même les importants chantiers de Marine Industries Limited, Sorel avait déjà développé une expertise dans la construction de navires et dans le domaine de la navigation.  Par sa position géographique, Sorel a remplis plusieurs rôles dans l’histoire canadienne.

Les explorateurs y découvrent de magnifiques forêts de pins et de chênes qui seront destinées à la construction navale, que le roi se réserve et que les censitaires ne peuvent utiliser. Le fort Richelieu fut aussi un obstacle aux invasions des Iroquois pour protéger le transport de marchandises entre Québec et Montréal. Elle fut occupée par les rebelles américains dans leur tentative de conquérir le Canada.

Elle fut une ville de garnison pour des soldats anglais et de mercenaires allemands, ce qui amena du commerce et des activités maritimes. Les besoins de navires pour desservir les villages avoisinants furent le départ d’une industrie de construction maritime.

En 1707, le Sieur Claude de Ramesay qui acquiert la seigneurie de Pierre de Saurel, De madame de Saurel informe le ministre Pontchartrain qu’il pourra fournir 20,000 pieds de planches et de bordage par année, ce qui pouvait servir à lancer la construction de navires au Canada.  À son décès, sa fille Louise, une excellente femme d’affaire, fit construire quelques moulins à scie dans notre région et en exporta le produit.

Depuis 1809, la vapeur remplace la voile. John Molson associé au capitaine Vaughan opère un chantier à Sorel.  Le financier Hughes Allan qui possède une impressionnante flotte avait un chantier maritime.  Le chantier sera par la suite acheté par la compagnie Sincennes McNaughton.

En 1831, pour une population de 4,200 habitants, on comptait 2 églises, 2 moulins, 8 magasins et 16 tavernes. De quoi donc accueillir les marins et les visiteurs.

En 1844, le capitaine David Vaughan obtient du gouvernement un emplacement pour y construire des navires. Un autre constructeur de navire, H. Jollief se lance aussi en affaire.

Les frères Daniel et John McCarthy s’établissent à Sorel vers 1839 à la demande de John Molson et de David Vaughan. En 1844, ils mettent en opération leur propre chantier.

Par la suite, en 1853 – Louis Adélard Sénécal, un homme d’affaire de Pierreville et par ailleurs capitaine faisait du transport par navire. Le navire George Frédérick renommé par la suite le Verchères fait la navette entre Montréal et Sorel en compétition avec la firme Allen. Ses effectifs montèrent jusqu’à 11 navires et 99 barges. Plus tard, le capitaine Sénécal s’impliqua dans l’établissement de chemins de fer. Il devint par la suite président de la Compagnie Richelieu qui était auparavant sa rivale.  M. Sénécal fut aussi député du comté de Yamaska 

On collabore avec d’autres chantiers pour différentes tâches : les dessins, épures, gabarits et menuiserie. Les Molson et Vaughan utilisent les connaissances des McCarthy et leur confient la direction de leurs entreprises.

En 1897, après de longues négociations, le Ministère de la Marine se porte acquéreur du chantier de John McCarthy qui en devient un des surintendants. Il fut un généreux philanthrope pour Sorel. Pendant la construction de l’Hôpital-Général, il fournit le bois. Les McCarthy ont aussi contribué financièrement à de nombreuses œuvres. Leur frère Thomas devint le premier député fédéral du comté de Richelieu en 1867.



La Compagnie Richelieu assurait le transport de Québec à Montréal. Elle possédait 11 navires et 99 barges

Un autre chantier, Fréchette et Girard fit faillite et fut acheté par les industriels Beauchemin vers 1890.  Leur principale activité fut fondeurs d’acier pour répondre aux besoins des chantiers maritimes. Leur aciérie fut fondée en 1858, ce sont un des pionniers de la métallurgie à Sorel.

Le financier Hughes Allan qui possède une impressionnante flotte, opère aussi son chantier. Dans le Sorelois de 1886, on dénombre 28 navires et 13 clippers. Son emplacement fut acheté par la compagnie Sincennes McNaughton.  En 1819, 7 navires à vapeur circulaient sur le fleuve.


La firme Pontbriand et Frères fabrique des engins à vapeur et construit des navires

Cet horaire illustre en partie, l’importance des navires comme moyen de transport en 1879. Le steamer Chambly fut construit à Sorel.

La navigation donnait de l’emploi pour les Saurelois

Voici la liste en 1905 des 13 bateaux de la compagnie Sincennes-McNaughton et leur capitaine et ingénieurs :

Navire Capitaine Ingénieurs
Virginia Charles Lavallée commodore Léger Croteau
Hudson Charles Legault Noé Rousseau
Réveil Sam Parisien Flavien Moreau
Spray* Zénon Legault N. Chrétien
McNaughton Pierre Bibeau François Rousseau
Julia Jos. Goulet Euclide Lavallée
Mathilda Pierre Lavallée Sam. Lafleur
François Dupré J. Beaudry Émile Chayer
Alice Joseph Bibeau Jos. Laviolette
Lucia Gilbert Mongeau Pierre Bergeron
N.C. Francis Jos. Cournoyer Pierre Cournoyer
Fred A. Mallette D. Vézina
May Philippe Mongeau Noé Comtois

Le mécanicien en chef était M. Alphonse Desrochers.

Il faut ajouter à ces officiers, les noms des chauffeurs, graisseurs, matelots, homme-de-roue, cuisinier faisant partie des équipages.

Terrible débâcle des glaces de la rivière Richelieu

Le 18 avril 1902, la crue soudaine des eaux de la rivière Richelieu souleva les glaces et en provoqua une terrible débâcle. Des blocs de glace énormes descendent et poussent devant eux des voiliers, des navires à vapeur, des barges qui étaient amarrés aux quais. On leva la vapeur sur un navire qui était épargné pour tenter d’en sauver quelque uns. Ces navires furent poussés dans le fleuve St-Laurent subissant de lourds dommages qui firent sombrer le Castor, le Dawn, l’Unité, le Cultivateur, plusieurs voiliers et petites embarcations. Au cours du mois de juin, on renfloua le Cultivateur et le Castor

Enlèvement

Vers 1920, le Spray fut impliqué avec L’Éthel dans une course suite à l’enlèvement du Colonel Gaynor et du Capitaine Greene, soupçonnés par le gouvernement américain d’avoir détourné un million de dollars. (Source : De la Voile à la Vapeur par Marc Mandeville).

Conclusion

La vie maritime de Sorel se poursuivra avec les compagnies Sincennes-McNaughton et Sorel Harbour Tug, le chantier Manseau précurseur de Marine Industries Limited, par les contrats de dragage et avec la compagnie de navigation Branch Lines dont l’histoire reste à relater.  Le transport par chemins de fer a grandement diminué les activités maritimes.

Mais les Saurelois demeurent encore attachés à la vie maritime de la région et leur relation avec l’eau fait partie de leur patrimoine.

 

Source : Roland Plante, Courriel Saurelois

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