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Mardi 22 septembre, 2026
TEXTE COMPLET : Élections Québec 2026 dans Richelieu
Un débat dans Richelieu marqué par les confrontations entre Émond et Desjardins

(Stéphane Martin, 22 septembre 2026) – Il fallait s’y attendre, le débat de mardi soir entre les candidats de Richelieu à l’élection provinciale du 5 octobre s’est rapidement transformé en duel entre le député sortant caquiste, Jean-Bernard Émond, et le candidat péquiste, Jocelyn Desjardins.
Le candidat libéral Gilles Delorme et celui de Québec solidaire, Julien Bergeron, ont eu beaucoup plus de difficulté à tirer leur épingle du jeu.
Sous le thème de l’économie, Jocelyn Desjardins et Jean-Bernard Émond ont mis l’accent sur deux enjeux qui touchent directement la région, soit l’avenir de l’industrie de l’acier et la protection des entreprises et des travailleurs.

Jean-Bernard Émond et Jocelyn Desjardins
« Il faut de l’acier d’ici dans tout ce que le Québec fait bâtir comme infrastructure dans nos marchés publics. Si le Saguenay défend son aluminium comme région d’une seule voix, moi je souhaite qu’on fasse la même chose avec l’acier », a déclaré Jocelyn Desjardins.
« Il y a des inquiétudes pour nos PME et tout le réseau de sous-traitants qui gravite autour. Moi, je suis en contact avec Développement économique Pierre-De Saurel qui gère les aides gouvernementales pour les entreprises locales. On ne va pas rester les bras croisés, notre priorité est de protéger nos entreprises, nos travailleurs et notre économie », mentionnait Jean-Bernard Émond.

Gilles Delorme et Julien Bergeron
Économie
La portion du débat consacrée à l’économie aura notamment permis de mettre en lumière certaines lacunes dans la maîtrise de dossiers locaux de la part du candidat péquiste, Jocelyn Desjardins.
Il a notamment affirmé que les Forges de Sorel avaient essuyé à deux reprises un refus d’Hydro-Québec dans leurs démarches pour obtenir un bloc d’énergie afin d’électrifier leurs fours. Une affirmation rapidement corrigée par le caquiste. « Vous défoncez une porte ouverte, monsieur Desjardins. Le bloc énergétique aux Forges de Sorel, c’est réglé depuis des semaines. […] Je me suis assis avec les gens des Forges pour bonifier leur présentation. Ils l’ont déposée à nouveau et ça a été accepté. C’est réglé depuis des semaines », a lancé Jean-Bernard Émond.
Même scénario dans le dossier de deux bâtiments du parc Ludger-Simard. Desjardins a affirmé que la Ville de Sorel-Tracy en avait fait l’acquisition dans le cadre de son projet visant à faire renaître un pôle naval. Là encore, Émond s’est empressé de corriger son adversaire. « Je me permets une petite correction, la Ville n’a pas acquis les bâtiments. Elle a une résolution qui lui permet d’emprunter pour les acquérir. On attend d’avoir signé les ententes pour aller de l’avant à ce niveau-là », a précisé le député sortant.
Au sujet des infrastructures qui tombent en décrépitude, le candidat de Québec solidaire, Julien Bergeron, a profité de son temps de parole pour tourner à la blague les travaux des deux ponts. « Si vous voulez pousser vers une pensée un peu plus créative, j’aimerais vous proposer qu’on fasse des jumps [des rampes pour sauter] par-dessus les rivières, parce qu’on en a plusieurs. Ça va être pas mal moins cher à installer », a-t-il lancé avec humour.
Transport collectif
Des divergences d’opinion ont également émergé au sujet du transport collectif. Jocelyn Desjardins a notamment critiqué les délais du gouvernement du Québec dans le versement des subventions, qui auraient entraîné des coûts d’intérêts importants pour la MRC. « Québec a tellement tardé à verser ses subventions que la MRC a payé plus d’un demi-million en intérêts. […] Les citoyens de la MRC subventionnent les subventions du gouvernement du Québec. On est toujours en train d’attendre dans Richelieu », a-t-il lancé.
De son côté, Jean-Bernard Émond a plutôt insisté sur la popularité grandissante du service de transport collectif dans la région. « Ils [la Société de transport collectif] sont un peu victimes de leur succès. Je salue la décision des dirigeants de la MRC d’avoir pris 3 M$ des redevances des éoliennes pour aider au financement du transport collectif », a-t-il souligné.
Pour sa part, Julien Bergeron a plaidé pour un changement de perception à l’égard du transport en commun. « On traite le transport en commun comme si c’était une technologie du tiers-monde. Quand on va dans les pays les plus développés, toutes les personnes, incluant les plus riches, se déplacent en transport en commun parce que c’est un gain de temps incroyable quand c’est bien rodé et bien placé », a-t-il fait valoir.
Santé
Le thème de la santé aura davantage été abordé sous l’angle des orientations nationales des partis, que sous celui des enjeux propres à la région. Malgré les difficultés bien réelles auxquelles fait face le réseau de santé à Sorel-Tracy, notamment les longs temps d’attente à l’urgence, les candidats ont davantage défendu les orientations de leur parti qu’apporté des solutions concrètes aux problèmes vécus dans la région.
Le Parti québécois et Québec solidaire ont misé sur la décentralisation et sur une plus grande prise de décision à l’échelle régionale. Jean-Bernard Émond a plutôt insisté sur la formation de davantage de personnel, tandis que Gilles Delorme a évoqué le recours à la main-d’œuvre étrangère pour combler les postes vacants.
Éducation
Le thème de l’éducation n’a pas non plus soulevé les passions. Jean-Bernard Émond est revenu sur les réalisations du gouvernement caquiste, notamment la construction d’une nouvelle école primaire à Yamaska. Jocelyn Desjardins a souligné que certains projets demeurent sur la glace, dont celui d’une nouvelle école primaire à Contrecœur. Gilles Delorme a quant à lui avancé une idée différente pour accélérer la construction de nouvelles écoles, soit de faire davantage appel au secteur privé pour contribuer à leur financement. « Il faut investir des enveloppes considérables. […] On pourrait inclure un partenariat avec les entreprises locales, qu’elles participent au financement […] pour la construction d’une nouvelle école », a proposé le candidat libéral.
Environnement
Gilles Delorme a toutefois perdu toute crédibilité auprès de l’auditoire en refusant de se prononcer sur le dossier des émanations de poussière de l’entreprise Richardson au centre-ville de Sorel-Tracy. Il a d’ailleurs lui-même avoué ignorer totalement l’existence de cette problématique.
« Il faut quand même penser que c’est une cohabitation historique qui date de plusieurs décennies. Les élévateurs à grains se sont installés au centre-ville, […] ça amène toutes sortes d’enjeux. Le rôle du député là-dedans, c’est de s’assurer que la santé publique est présente. Elle l’est, donc il faut se tourner vers la science. […] Le ministère de l’Environnement a augmenté les amendes », a soutenu Jean-Bernard Émond.
« Il faut faire de l’innovation et des étapes de design pour améliorer les infrastructures avec des caissons fermés. C’est un enjeu qui dépasse largement la circonscription parce qu’on parle de bateaux qui s’en vont livrer notre grain ailleurs dans le monde », a expliqué le candidat de Québec solidaire, Julien Bergeron.
« Le rôle d’un député, c’est de faire respecter les règles. […] La norme est dépassée les jours de chargement et l’asthme est deux fois plus fréquent ici qu’ailleurs au Québec. […] La solution, c’est des capteurs dans la ville, des résultats publics chaque mois et un ministère de l’Environnement qui agit tout de suite quand la norme est dépassée », a affirmé le candidat péquiste, Jocelyn Desjardins.
Pour certains électeurs encore indécis, l’exercice aura peut-être contribué à clarifier leur choix.
Rappelons que le vote par anticipation se tiendra les 27 et 28 septembre.
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