SorelTracy Magazine - Mercredi, 7 Décembre 2022

Mercredi 9 novembre, 2022

Débat pour l'élection partielle à la mairie

Trois candidats enflammés se prêtent au jeu

(Stéphane Martin, 8 novembre 2022) – Les citoyens de Sorel-Tracy ont eu droit à un véritable débat entre la candidate et les candidats qui aspirent à la mairie de Sorel-Tracy. Tout au long de la soirée Corina Bastiani, Jean Cournoyer et Patrick Péloquin n’avaient pas la langue dans leurs poches et se sont montrés aussi habiles à l’attaque qu’à la défensive.

Le premier thème de l’environnement a pratiquement été balayé du revers de la main dans la portion débat pour tenter de discréditer l’homme d’affaires Jean Cournoyer qui en est à ses premières armes sur la scène politique.

« Si on parle de revitalisation du centre-ville, vous avez un commerce au centre-ville. Si on parle de construction domiciliaire, vous avez une entreprise de construction. Si on parle de voirie, vous avez une entreprise aussi liée à ça. Et si on parle de faire venir des entreprises à Sorel-Tracy, vous possédez une multitude de terrains à Sorel-Tracy. Ça veut dire que ce n’est pas qu’aux prises de décision que vous devrez vous retirer, c’est dans toutes les discussions que vous devrez vous retirer », lance Patrick Péloquin.

« Je m’engage à ne pas faire aucune soumission pour la Ville de Sorel-Tracy, construction, location, pavage, etc. Vous auriez quelqu’un à la table qui a l’expertise. […] Je pourrais, sans m’ingérer, guider du monde […] Je pourrais aider en collaboration avec ceux qui sont là présentement. […] Je ne vois pas dans quoi je pourrais être nuisible pour la Ville », rétorque Jean Cournoyer.

« Est-ce qu’on est supposé être en environnement ? […] On parle de gouvernance actuellement. […] La loi sur les conflits d’intérêts inclus aussi les apparences de conflits d’intérêts. », ajoute par la suite Corina Bastiani.

Le thème de l’économie aura permis de constater que les trois candidats ont des visions différentes sur la question.

« Le plus urgent des besoins est celui de la pénurie de travailleurs. On les fait venir de l’étranger et on a besoin de logement pour ces travailleurs. […] Il faut également investir dans notre économie locale. […] Pour nos jeunes entrepreneurs, il faut des incubateurs industriels. […] Il faut prolonger l’autoroute 30 vers l’est. Il faut aller rejoindre le Centre-du-Québec pour que justement les camions puissent y aller sans avoir à retourner sur l’autoroute 20. C’est ce qui freine les entrepreneurs à venir ici », déclare Patrick Péloquin.

« On a un centre-ville qui sera en chantier dans les prochaines années. […] Il faut innover sur la compensation des commerçants lorsqu’il y a des travaux majeurs qui s’installent. […] Je suis pour la libre entreprise. […] On a un parc industriel extraordinaire. On a des locaux avec une bande passante qui pourrait permettre de nouvelles technologies dans le parc industriel. […] il faut miser sur du développement technologique et penser à notre agriculture. Mettre en valeur notre ville pour des emplois de qualité », mentionne Corina Bastiani.

« On parle de développement, d’amener des employés et de créer des emplois. […] Je ne suis pas certain qu’une jeune famille qui arrive de Boucherville a le goût d’aller se faire parker-là [secteur des rues Provost et du Roi]. Quand on est jeune, on a le goût d’avoir un beau logement, une maison et une cour, des arbres, une piscine. C’est correct de développer le Vieux-Sorel et les terrains qui restent un peu partout, mais ce n’est pas avec ça qu’on va se développer. […] C’est de 3 000 à 5 000 portes qu’il faut amener dans les 5 prochaines années. Ce n’est pas 200 portes, on n’y arrivera jamais », fait valoir Jean Cournoyer.

La portion débat du thème de la gouvernance aura amené les candidats Bastiani et Péloquin a déterré la hache de guerre en s’accusant mutuellement de ne pas avoir agi lorsqu’ils étaient élus en tant que conseillers.

À la question posée quant à savoir pourquoi le conseil semblait toujours unanime sur les résolutions adoptées, le conseiller sortant Patrick Péloquin a ouvert les hostilités. « Ce que l’on voulait surtout, c’est d’éviter le fiasco du conseil précédent où Madame Bastiani siégeait, où c’était querelles par-dessus querelles avec bien sûr les participations à la télévision. […] Je suis à l’aise avec les décisions qui ont été prises et je me suis levé debout chaque fois qu’il y avait un point que je voulais avoir », laisse savoir Patrick Péloquin.

« J’avais avancé la volonté de créer un Office de consultation publique, vous l’avez ensuite récupéré. Vous débattez sans arrêt que vous voulez consulter la population, mais dans les projets que vous avez défendus […] pourquoi vous n’avez pas fait plus de consultations publiques générales et pas nécessairement dans votre quartier ? […] Sur l’aménagement des pourtours du Centre des arts contemporains qui est une propriété municipale », questionne Corina Bastiani.

Jean Cournoyer a profité de l’occasion pour avancer que les citoyens sont tannés des chicanes et souhaitent que les dossiers avancent. « Serge Péloquin, on va-tu en venir à bout de ça ou on va en parler encore, en parler pendant un an ? Peut-on travailler en équipe à la ville et lâcher ce qui s’est passé. Je pense que ça, les gens sont écoeurés. »

Le thème du tourisme, des loisirs, du sport et de la culture a donné l’occasion de comprendre pourquoi l’organisation de la Fête nationale est confiée à la Corporation des événements depuis quelques années.

« Le Service des loisirs a été échaudé par de nombreux projets et avait un peu trop de choses à faire. […] On a dit au Service des loisirs de prendre une pause de la Fête nationale et c’est pour ça que la Corporation des événements s’en est occupée », mentionne Patrick Péloquin qui défendait, par le fait même, une décision qu’il a prise avec ses ex-collègues.

« Donc on pourrait faire sur le quai numéro 2, la Saint-Jean-Baptiste et le fête du Canada et se servir de la tente à iO Expérience gratuitement », affirme candidement Jean Cournoyer.

« Les partenariats avec les entreprises privées, ça ne se gère pas comme ça. Ce que vous dites-là, c’est exactement le problème au niveau des conflits d’intérêts. Vous ne pouvez pas approcher une entreprise privée et faire des ententes. Ça prend une résolution du conseil de ville », rétorque immédiatement Patrick Péloquin à son adversaire qui a semblé exténué par la lourdeur et la complexité de l’administration municipale.

« Il faut clarifier le rôle des organismes et je me demande pourquoi ça n’a pas été fait lorsqu’on leur a donné des contrats. Ça ne veut pas dire ne pas travailler avec eux. Il faut juste comprendre. Sur le territoire, il y a une population divisée par ce qui est arrivé. […] Il faut expliquer », ajoute Corina Bastiani.

La soirée a été animée par Sylvain Rochon qui a fait un travail remarquable en ramenant à l’occasion les candidats à l’ordre et en s’assurant qu’il n’y ait aucun temps mort.

Pour voir le débat dans son intégralité, clique sur l’image.

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