SorelTracy Magazine - Vendredi, 6 novembre 2026

Vendredi 6 novembre, 2026

La MRC dresse le portrait de ses émissions de GES et mise sur l’action locale

Le préfet de la MRC de Pierre-De Saurel, Vincent Deguise, le responsable du service de l’aménagement à la MRC, Maxime Risse, le propriétaire fondateur de Dubac, Kevin Dufault, le propriétaire de la Ferme Bermanic, Martin Berger et le responsable des communications pour le Plan climat de la MRC, Denis Marion.

(Stéphane Martin, 06 novembre 2026) – Dans le cadre de son Plan climat, la MRC de Pierre-De Saurel a complété le portrait scientifique de ses émissions de gaz à effet de serre (GES). Les principaux résultats du diagnostic ont été présentés aux médias jeudi matin.

Le bilan évalue à 318 348 tonnes d’équivalent CO₂ les émissions collectives de la région. En tenant compte de sources supplémentaires liées aux réalités industrielles et agricoles de Pierre-De Saurel, cette estimation atteint 668 921 tonnes d’équivalent CO₂.  Ce portrait élargi doit toutefois être interprété avec prudence, puisqu’il repose sur l’ajout de sources d’émissions qui ne sont pas comprises dans le premier bilan.

Le transport routier représente à lui seul 58 % des émissions du premier bilan. Les changements climatiques présentent également des risques concrets pour les municipalités, notamment en ce qui concerne les infrastructures, l’approvisionnement en eau potable et les activités agricoles.

Selon un scénario d’émissions élevées, le nombre de jours où la température dépasse 30 °C pourrait passer d’environ 12 à 50 par année d’ici la fin du siècle.

Le préfet de la MRC de Pierre-De Saurel, Vincent Deguise

Pour le préfet de la MRC, Vincent Deguise, ces constats doivent avant tout servir à orienter les décisions et à encourager les initiatives déjà présentes dans la région. « Le Plan climat, ce n’est pas pour le mettre sur une tablette. On veut le mettre en œuvre par la suite », a-t-il rappelé, insistant sur l’importance de reconnaître les efforts des entreprises et des partenaires locaux.

Deux entreprises du territoire ont notamment été présentées en exemple pour leurs initiatives avant-gardistes en matière de développement durable et de réduction de leur empreinte environnementale.

À la Ferme Bermanic, la biodiversité comme alliée

À la Ferme Bermanic, Martin Berger mise sur des pratiques agricoles qui favorisent la protection des sols et la biodiversité.  Alors que les objectifs évoqués pour 2035 visent une couverture végétale de 30 à 35 % des terres agricoles à l’automne, le producteur affirme avoir déjà atteint 100 % sur ses terres.

À droite, on reconnaît le propriétaire de la Ferme Bermanic, Martin Berger.

Il a également aménagé des bandes riveraines, planté des arbres fruitiers et installé une trentaine de nichoirs. Il estime maintenant à près de 70 le nombre d’espèces d’oiseaux présentes sur sa propriété.  « Le but, c’est de limiter l’érosion. La terre coûte tellement cher. Je ne veux pas envoyer un grain de sable dans les rivières », explique-t-il.

Ces aménagements favorisent aussi la présence d’oiseaux qui contribuent au contrôle naturel de certains ravageurs des cultures.  « C’est du donnant-donnant. Je lui donne de l’espace et, lui, il me protège », résume Martin Berger.

Dubac mise sur la valorisation locale

Pour Kevin Dufault, propriétaire fondateur de Dubac, l’objectif est de récupérer davantage de matériaux de construction, de rénovation et de démolition plutôt que de les envoyer à l’enfouissement. L’entreprise développe actuellement un centre de tri dans le parc industriel et traite déjà localement entre 10 000 et 15 000 tonnes de béton et de 20 000 à 25 000 tonnes d’asphalte annuellement.

Le propriétaire fondateur de Dubac, Kevin Dufault

La réduction du transport constitue également un avantage important. En regroupant les matériaux, l’entreprise optimise ses déplacements et diminue son empreinte environnementale. « Notre but, c’est d’arrêter que toutes les matières résiduelles de la région soient séparées et envoyées un peu partout à l’extérieur. On veut essayer de regrouper ça pour que ce soit géré le plus possible localement. […] Il faut arrêter de tout envoyer à l’extérieur. C’est pas mal ça, ma mentalité, présentement », résume Kevin Dufault.

En ce qui concerne le Plan climat, il doit être soumis à l’adoption du conseil de la MRC en mars 2027.  D’ici là, trois consultations publiques, qui se tiendront dans différentes municipalités du territoire, permettront ensuite aux citoyens de se prononcer sur les actions envisagées.


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