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Vendredi 24 avril, 2026
Négociations dans l’impasse chez les pompiers de Sorel-Tracy

(Stéphane Martin, 24 avril 2026) – Plusieurs ont remarqué que les pompiers de Sorel-Tracy ont intensifié leurs moyens de pression dans les derniers jours, alors que des banderoles ont été déployées sur la caserne du boulevard Gagné. Selon le syndicat, ces actions visent à dénoncer l’impasse actuelle des négociations avec la Ville.
« La convention collective est échue depuis le 31 décembre 2024. Bien que les discussions aient débuté en septembre 2024 et se soient poursuivies en 2025, aucune entente n’a été conclue à ce jour. Un processus de médiation s’est également tenu entre octobre 2025 et la fin janvier 2026, sans permettre de dénouer la situation. Nous avons consenti à plusieurs compromis sur les clauses normatives, notamment dans le but de faire progresser les discussions entourant les revendications salariales », explique le président de l’Association des pompiers et pompières de Sorel-Tracy, Bruno Berthiaume.

Un pompier portait un costume de clown sous son habit de combat lors d’un incendie survenu sur la rue Saint-Vincent à Sorel-Tracy en mai 2025.
Le dossier devrait maintenant être soumis à l’arbitrage, une procédure qui pourrait s’amorcer en 2027 et s’étirer sur une longue période. « Ce processus entraînera des coûts importants alors que les frais de l’Association sont assumés par les pompiers et ceux de la Ville sont payés par les citoyens. On parle de plusieurs centaines de milliers de dollars. Pourtant, nos demandes sont raisonnables et comparables à celles d’autres services similaires. Il est temps de trouver une solution juste pour les pompiers, mais aussi pour l’ensemble de la population », ajoute Monsieur Berthiaume.
La santé au-delà de l’argent

Photo : Gracieuseté de l’Association des pompiers et pompières de Sorel-Tracy
Au-delà des salaires et des conditions de travail, les pompiers rappellent qu’un enjeu plus profond se joue en arrière-plan, soit celui de la santé. « Au Québec, plusieurs types de cancers sont désormais reconnus comme maladies professionnelles chez les pompiers, ce qui signifie que lorsqu’un pompier développe l’un de ces cancers, le lien avec son travail est présumé, facilitant ainsi l’accès à l’indemnisation. Depuis 2025, la liste a été élargie à une quinzaine de cancers, incluant notamment ceux du poumon, du rein, de la vessie et du système digestif, ainsi que certains cancers du sang et du cerveau », souligne Bruno Berthiaume.
« Les pompiers sont exposés, tout au long de leur carrière, à des substances cancérigènes lors des incendies et des opérations de décontamination. Aujourd’hui, le cancer est d’ailleurs la principale cause de décès liée au travail chez les pompiers. Cette avancée est importante, mais elle rappelle surtout l’urgence de renforcer la prévention, les mesures de protection et la reconnaissance des risques réels auxquels ces travailleurs font face. Protéger la population ne devrait jamais se faire au détriment de la santé de ceux qui interviennent en première ligne », insiste-t-il.

Malgré le conflit de travail, les pompiers continuent de s’impliquer dans la communauté. Ils l’ont d’ailleurs démontré lors du défilé du père Noël organisé par le Groupe GIB en décembre dernier.
Silence radio du côté de la Ville de Sorel-Tracy
Appelés à commenter le dossier, les dirigeants municipaux ont préféré ne pas faire de déclaration afin de ne pas mettre de l’huile sur le feu.