SorelTracy Magazine - Vendredi, 23 janvier 2026

Jeudi 22 janvier, 2026

Massueville veut fusionner, Saint-Aimé ferme la porte

(Stéphane Martin, 22 janvier 2026) – Confrontée à une situation financière de plus en plus précaire, la municipalité de Massueville plaide plus que jamais en faveur d’une fusion avec Saint-Aimé. Toutefois, le dossier demeure au point mort, alors que les discussions achoppent et que les appels au dialogue lancés par Massueville peinent à trouver écho auprès des dirigeants de la municipalité voisine.

« On n’est pas une grosse municipalité. On n’a pas beaucoup de ressources, ni humaines ni financières. Depuis longtemps, on voit bien que ça devient de plus en plus difficile. On peine à maintenir les services auxquels les citoyens sont en droit de s’attendre.  Massueville ne peut plus continuer ainsi sans envisager sérieusement un regroupement municipal », mentionne le maire Richard Gauthier en entrevue au SorelTracy Magazine. Il mentionne également avoir l’appui de tout le conseil municipal et de la direction.

Si l’idée d’une fusion circule depuis de nombreuses années, le dernier exercice budgétaire a agi comme un véritable électrochoc.  « Pour équilibrer le budget 2026, l’argent qu’on avait, provenait de la vente d’un terrain qui a eu lieu il y a quelques années.  Cet argent-là est fini, il n’y en a plus de coussin.  Qu’est-ce qu’on fait maintenant ?  On augmente les taxes ?  On va se faire crucifier par les citoyens qui paient déjà très cher », lance-t-il sans détour.

Fin de non-recevoir de Saint-Aimé

Denis Benoît (Photo: Municipalité de Saint-Aimé)

Rejoint, le maire de Saint-Aimé a été catégorique et refuse même d’envisager une étude sur une possible fusion entre les municipalités. « Ce n’est pas la première fois que ce dossier refait surface. […] Le conseil est unanime, on n’est pas intéressés. Même si la réalisation d’une étude de faisabilité est subventionnée en partie par le gouvernement. Pourquoi dépenser 50 % pour une étude quand on sait, en bout de ligne, qu’on n’en veut pas ? Ce serait une dépense inutile », déclare le maire Denis Benoît.

Ce dernier mentionne également déplorer que le débat se transporte dans l’espace médiatique. « Je n’ai pas l’intention de partir en guerre avec qui que ce soit, mais ce genre de dossier ne se règlera pas dans les médias. Quand on a des questions, on s’appelle, on se parle », ajoute-t-il.

Une cohabitation déjà bien réelle avec Saint-Aimé

Paradoxalement, Massueville et Saint-Aimé partagent déjà plusieurs services. « On a un parc municipal, les loisirs, la bibliothèque, etc. Le tout sur une base 50-50, entérinée légalement. Or, les capacités financières des deux municipalités sont loin d’être comparables. Ils ont 80 % de plus de revenus que nous, mais on paie moitié-moitié pour les services. Ce n’est pas une question politique, c’est une question de survie », souligne Richard Gauthier.

Le maire n’exclut pas d’autres avenues qu’une fusion strictement bilatérale. « Ce n’est peut-être pas juste Massueville/Saint-Aimé. Ça pourrait être Massueville, Saint-Aimé et Saint-David. Il faut une réflexion sérieuse, avec des études. »

Un appel à la MRC et aux instances supérieures

Richard Gauthier souhaite également une plus grande implication de la MRC. « Moralement, une MRC devrait soutenir une petite municipalité comme la nôtre. Pas juste nous envoyer une facture et nous souhaiter bonne chance. »

Quitte à être perçu comme un élu dérangeant, le maire assume sa position. « Ça ne me dérange pas. Je ne suis pas un mouton noir.  Je suis un gars avec un conseil et une administration, qui se lève en disant que ça suffit.  Et s’il faut aller plus haut, on ira.  Sans changement majeur, la survie même de Massueville est en jeu », conclut Richard Gauthier.



Publicité

Publicité

Publicité