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Mardi 17 février, 2026
Lucie Champagne tourne une page à la Maison de jeunes de Sorel
(Stéphane Martin, 17 février 2026) – Après près de 38 ans d’engagement auprès des adolescents, Lucie Champagne quitte la direction de la Maison de jeunes de Sorel, laissant derrière elle un héritage profondément humain et durable.
Arrivée comme animatrice en 1988, elle est nommée directrice dès l’année suivante et consacre par la suite sa carrière à offrir aux jeunes un lieu d’accueil, d’écoute et de possibilités. Madame Champagne a accepté de raconter les grandes lignes de sa carrière au SorelTracy Magazine.
Avant de s’installer sur le boulevard Gagné, la Maison de jeunes était située au Centre Sacré-Cœur. C’est toutefois grâce à la détermination et à la vision de Lucie Champagne qu’un ancien bâtiment, laissé vacant pendant plusieurs années par l’entreprise Celanese, a pu être transformé en un véritable milieu de vie pour les adolescents. « Ça prenait beaucoup de détermination et d’imagination pour obtenir le financement nécessaire afin de remettre les lieux en état, mais nous y sommes parvenus », se souvient-elle.
Son parcours n’a toutefois pas été exempt d’épreuves. En août 2001, un incendie détruit la Maison de jeunes. Devant cette catastrophe, Lucie Champagne refuse de baisser les bras. « Les jeunes avaient besoin d’un endroit. Les employés avaient besoin de leur travail. On continue ! Il n’y avait rien d’autre à faire », résume-t-elle simplement.

Photos d’archives de Jean Doyon, en 2001-2002. La dernière en bas à droite est la bâtisse actuelle en 2002.
Au fil des décennies, Lucie Champagne a toujours placé les jeunes au cœur de ses priorités, tout en accordant une importance particulière aux employés. « Donner du travail à des jeunes, leur permettre d’expérimenter leur futur métier, ça a toujours été essentiel pour moi. » Aujourd’hui, elle se dit fière de croiser d’anciens jeunes devenus adultes, parfois âgés de plus de 50 ans, qui la reconnaissent encore et témoignent de l’impact qu’a eu la Maison de jeunes dans leur parcours.
Les jeunes d’aujourd’hui
Elle observe toutefois une évolution marquée chez les adolescents. « La clientèle s’est beaucoup rajeunie avec les années. Dans les années 90, c’étaient surtout des jeunes de 16-17 ans qui fréquentaient nos installations. Aujourd’hui, on accueille des ados de 12 ans. Je remarque aussi que les jeunes sont plus isolés, souvent derrière un écran. Ils ont besoin, plus que jamais, de lieux comme la Maison de jeunes pour briser l’isolement et recréer des espaces de socialisation. »
Le contact quotidien avec les jeunes lui a permis de conserver un esprit curieux et ouvert, tout en continuant à apprendre, notamment dans le domaine des technologies et des réseaux sociaux.
Refusant le mot « retraite », Lucie Champagne préfère parler de tourner la page et de laisser un héritage qui continuera de vivre.
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