SorelTracy Magazine - Mardi, 16 avril 2024

Vendredi 15 mars, 2024

Les jeunes agriculteurs et agricultrices lancent un cri du coeur pendant le 42e congrès de la relève agricole

Plusieurs relèves agricoles ont profité d’être réunies lors du Congrès de la Fédération de la relève agricole pour lancer le mouvement #maistoutvabien, campagne qui vise à sensibiliser le gouvernement et le public sur la détresse vécue dans le milieu agricole dans un contexte où Agriculture et Agroalimentaire Canada (AAC) prévoit une chute de 49,2 % du revenu net agricole en 2023 et de 86,5 % en 2024.

« Pendant ma présidence j’ai pu voir que la relève agricole de partout partage le même rêve : que le Premier Ministre parle d’agriculture comme un vrai projet de société. Pourquoi quand on parle du développement de la filière batterie, c’est un plan d’avenir, un projet collectif, mais quand on parle d’agriculture, il faut gratter les tiroirs. L’autonomie alimentaire ce n’est pas juste un slogan, c’est des actions concrètes pour soutenir l’ensemble du réseau, du champ à l’assiette» précise Julie Bissonnette, présidente sortante de la Fédération de la relève agricole du Québec (FRAQ).

Plusieurs agriculteurs et agricultrices ont par ailleurs livré de vibrants témoignages adressés au public, dévoilant en quelques mots des sacrifices qu’ils doivent faire pour pouvoir continuer de nourrir le Québec, sacrifices qui sont malheureusement normalisés, voire banalisés. C’est l’idée derrière le #maistoutvabien, phrase trop souvent entendue par des relèves lorsqu’ils font part de leurs besoins et de leurs enjeux aux décideurs.

Rappelons que près de la moitié d’entre eux doivent cumuler un travail à temps partiel ou à temps plein en plus de la ferme pour la survie de l’entreprise, que les changements climatiques attaquent directement leur production et que l’accès au financement est limité à des programmes d’investissement qui encourage l’endettement de la jeune génération. Le tout dans un contexte de hausse galopante du prix des terres et où l’agriculture représente seulement 1% du budget québécois.

« C’est comme si c’était normal que l’on travaille à l’extérieur pendant qu’on gère une entreprise à temps plein ou qu’on ne soit pas capable de prendre des vacances quand on est sur le point de briser. Est-ce que l’on trouverait cela normal pour d’autres secteurs d’activité? J’en doute très certainement. » – David Beauvais, nouveau président de la Fédération de la relève agricole et producteur ovin en Estrie.

La Fédération de la relève agricole salue l’initiative de ses membres et poursuivra ses actions auprès des différents paliers de gouvernement afin de rappeler l’urgence d’agir pour soutenir pleinement les relèves agricoles.

Fédération de la relève agricole du Québec

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