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Lundi 22 juin, 2026
Les élus de la Montérégie réclament un débat public provincial sur la gestion de l’eau

Photo prise en 2025 par Normand Laperle dans le secteur de Saint-Ours.
(Stéphane Martin, 22 juin 2026) – Alors que les préoccupations entourant la disponibilité de l’eau potable prennent de l’ampleur au Québec, les élus de la Montérégie souhaitent voir le gouvernement provincial se pencher sérieusement sur la question.
Vice-président de la Table de concertation régionale de la Montérégie (TCRM) et préfet de la MRC de Pierre-De Saurel, Vincent Deguise estime qu’il est temps d’ouvrir une réflexion nationale sur la question. « L’enjeu de l’eau est beaucoup plus complexe que simplement aller en chercher. Il faut obtenir un portrait global, complet et indépendant de la situation afin de mieux comprendre les défis à venir », explique-t-il en entrevue au SorelTracy Magazine.

Le préfet de la MRC de Pierre-De Saurel, Vincent Deguise
Bien que la MRC de Pierre-De Saurel soit principalement alimentée par l’eau de la rivière Richelieu plutôt que par des nappes phréatiques, M. Deguise souligne que les préoccupations sont bien réelles sur le territoire. « On a vu des niveaux d’eau très bas dans la Richelieu. Ce genre de situation peut avoir des conséquences importantes, notamment sur le développement des municipalités rurales dont la capacité d’alimenter leur réseau d’aqueduc est déjà limitée », souligne-t-il.
Pour les élus montérégiens, la question de l’eau ne concerne pas uniquement les infrastructures ou les sources d’approvisionnement. Elle touche également les habitudes de consommation de la population. « On a souvent l’impression que l’eau est une ressource inépuisable au Québec parce qu’on en possède beaucoup. Pourtant, elle demeure une ressource fragile qu’il faut protéger », rappelle M. Deguise.
Le préfet déplore notamment certaines formes de gaspillage encore observées dans les municipalités, comme l’utilisation de l’eau potable pour nettoyer des entrées asphaltées ou laver des véhicules. Plusieurs villes ont déjà adopté des règlements visant à encadrer l’utilisation de l’eau potable, mais il estime qu’un changement de culture demeure nécessaire.

On se souviendra des niveaux d’eau particulièrement bas observés dans la rivière Richelieu l’an dernier. Photo : Gracieuseté Normand Laperle.
Cette réflexion s’inscrit également dans les travaux entourant le Plan climat de la MRC de Pierre-De Saurel. Pour M. Deguise, l’adaptation aux changements climatiques passe autant par une meilleure gestion des matières résiduelles que par une utilisation plus responsable de l’eau.
La démarche entreprise par la TCRM survient à l’approche des prochaines élections provinciales. Les élus souhaitent que les partis politiques se positionnent clairement sur la question de la gestion de l’eau et sur la possibilité de mandater le BAPE pour réaliser une analyse indépendante. « Il ne s’agit pas de tirer la sonnette d’alarme inutilement, mais de prendre conscience que l’eau est une richesse collective. Nous sommes privilégiés d’en avoir autant au Québec, mais cela ne signifie pas qu’elle est illimitée. Il faut agir de façon responsable pour la protéger », conclut-il.