SorelTracy Magazine - Mardi, 11 août 2026

Mardi 11 août, 2026

Le ministre Martel en visite à la Fromagerie Polyethnique Le Bédouin

Le ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec, Donald Martel, le député de Richelieu, Jean-Bernard Émond, l’actionnaire et directeur général de la Fromagerie Polyethnique, Jean-Pierre Salvas.

(Stéphane Martin, 11 août 2026) – Lundi, le ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec, Donald Martel, était de passage à la fromagerie Le Bédouin, à Saint-Robert. Cette visite lui a permis de constater le potentiel de croissance de l’entreprise, tout en prenant le pouls des défis auxquels fait face le secteur agroalimentaire.

Depuis sa nomination en septembre dernier, Donald Martel affirme avoir multiplié les visites sur le terrain.  Il estime avoir rencontré jusqu’ici près d’une centaine de fermes et d’entreprises agricoles. « Si je reste dans mon bureau à Québec, je ne peux pas voir ça, je ne peux pas parler aux propriétaires », a-t-il expliqué.

Le ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec, Donald Martel

Chez Le Bédouin, le ministre a notamment découvert une entreprise qui a considérablement diversifié ses marchés au fil des ans.  Alors qu’elle dépendait autrefois de quelques clients qui représentaient jusqu’à 90 % de son chiffre d’affaires, la fromagerie a multiplié ses débouchés, notamment à Toronto, aux États-Unis et auprès de grandes chaînes comme Costco.

Pour Monsieur Martel, cette capacité à développer de nouveaux marchés constitue un exemple intéressant dans la recherche d’une plus grande autonomie alimentaire du Québec.  « Moi, je viens ici, je rencontre une entreprise, une fromagerie que je ne connaissais pas.  Je vois les dimensions.  J’ai toujours en tête l’autosuffisance alimentaire.  Il y a toute la question des négociations avec les États-Unis actuellement.  Il faut protéger l’industrie laitière. […]  Je ne partirai pas d’un cas ici pour régler tous les problèmes, mais le fait d’avoir vu ici, ça me permet d’avoir des solutions peut-être plus globales, plus adaptées à la réalité du terrain. »

Jean-Pierre Salvas, Donald Martel et Jean-Bernard Émond

Le député de Richelieu, Jean-Bernard Émond, a souligné l’importance de l’écoute et de l’adaptation des politiques publiques aux réalités vécues sur le terrain.  « Quand on est député, on est comme spécialiste dans rien, mais généraliste dans tout.  On apprend des nouvelles choses. […]  Par la suite, on peut agir, comme Donald l’a dit.  Mettre en place des politiques publiques qui vont être accessibles pour nos commettants. […]  Quand il y a une politique publique efficace qui a été mise en place par des ministres qui sont compétents, les gens peuvent s’en prévaloir », a-t-il souligné.

La main-d’œuvre, un enjeu majeur

Pour Jean-Pierre Salvas, actionnaire et directeur général de la Fromagerie Polyethnique, la croissance de l’entreprise demeure toutefois intimement liée à sa capacité à recruter et à conserver ses travailleurs. L’entreprise compte environ 90 employés et a investi dans des logements destinés notamment à ses travailleurs étrangers temporaires.

Monsieur Salvas se dit toutefois préoccupé par l’incertitude entourant le renouvellement de leurs permis de travail.  « Ça me fait quasiment peur pour la main-d’œuvre. Il faut que je les renouvelle. On ne sait pas ce qui va arriver », a-t-il expliqué.

Cette situation pourrait avoir des conséquences directes sur la capacité de l’entreprise à répondre à la demande.  Selon Monsieur Salvas, les marchés sont au rendez-vous, mais encore faut-il avoir suffisamment de travailleurs pour accroître la production.

Le ministre Donald Martel reconnaît que la main-d’œuvre représente un défi important pour le secteur, mais souhaite également travailler à redonner aux Québécois le goût de se tourner vers les métiers agricoles.  « Ce qui nous arrive présentement, c’est la relation avec l’immigration. […]  On a déjà ici des jeunes qui peuvent être travaillants.   Mais c’est comme si on les a découragés d’aller dans les champs.  Je vais essayer de changer cette tendance-là.  Une valorisation du métier », a-t-il expliqué.

Du côté de la relève, le ministre rappelle avoir augmenté l’aide destinée aux jeunes agriculteurs, faisant passer une subvention de 50 000 $ à 65 000 $, tout en retirant une restriction qui empêchait les jeunes travailleurs occupant un emploi à temps plein d’avoir accès à certains programmes.

 


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