SorelTracy Magazine - Dimanche, 3 mars 2024

Lundi 6 mars, 2023

Il sort vivant d’une avalanche en Gaspésie

Bruno Ostiguy (en mortaise) Photo Stéphane Martin

(Stéphane Martin, 6 mars 2023) – Bruno Ostiguy se comptait privilégié lundi lorsqu’il a accordé une entrevue au SorelTracy Magazine.  Le résident de Saint-Ours fait partie des trois skieurs qui se sont sortis blessés, mais en vie, d’une avalanche survenue samedi au mont Albert, dans le parc de la Gaspésie.

Muni de sa planche divisible, l’amateur de ski de randonnée terminait une semaine de vacances en Gaspésie où il avait dévalé les plus belles pentes en compagnie de sa conjointe.  « J’avais eu le temps de passer devant le mont Albert, de l’analyser pour mieux préparer mes descentes. C’est complètement du hors-piste, c’est dans les endroits les plus difficiles à skier au Québec et reconnus pour les risques d’avalanche », raconte Monsieur Ostiguy qui se définit comme un skieur extrêmement prudent et amoureux de sensations fortes.

L’événement qui aurait pu lui être fatal s’est produit vers 15h30 samedi dernier. « Je venais de faire une descente et j’étais remonté à la moitié de la pente afin d’avoir assez d’élan pour me rapprocher du refuge. J’avais choisi de monter sous une ligne de roches pour me protéger. J’avais tenté de choisir mon chemin de façon sécuritaire. Il y avait deux skieurs dans le haut de la pente qui voyaient que la neige était instable. Ils ont tenté de changer de couloir, mais la neige a décroché. On parle d’une plaque d’avalanche d’une centaine de mètres de large. C’était énorme. J’avais ma planche dans mon sac à dos et je me préparais à descendre. J’ai entendu un gros bruit sourd. J’ai vu la neige dévaler et je trouvais surréaliste de vivre ce scénario catastrophe », se remémore-t-il.

« Je voyais tout ça au-dessus de ma tête, c’était comme dans les films. J’ai tenté de m’abriter sous une roche qui était hors de portée par sa hauteur. J’ai décidé de faire dos à la neige qui dévalait en me disant advienne que pourra. C’est à ce moment que ça a frappé. J’ai senti un coup dans mon dos, j’ai tenu pendant 5 secondes et j’ai été éjecté. J’ai littéralement décollé dans le ciel. Je ne voyais plus rien, je ne touchais plus à rien. À ce moment, j’étais convaincu que j’allais mourir. J’étais convaincu que toute cette neige allait m’écraser et que je ne m’en sortirais pas. Selon mon capteur GPS, j’ai été projeté à 300 mètres plus loin en faisant une chute de 50 mètres de hauteur. Le tout à 32 km/h […] Ça a fessé fort. »

Le drame s’est joué devant les yeux de sa conjointe qui était en sécurité à l’intérieur du refuge. « Elle a vu l’avalanche se déclencher. Elle a crié afin de m’avertir, mais il était déjà trop tard. Le sort aura voulu que je termine cette aventure en atterrissant dans de la grosse neige molle. J’ai été extrêmement chanceux. Ensuite, la neige s’est dissipée et j’ai vu un gars en avant de moi qui était assis. J’étais perdu, je ne savais plus où j’étais. J’ai entendu ma blonde crier mon nom et je lui ai répondu à son plus grand soulagement », raconte émotivement Bruno Ostiguy.

« De bons samaritains sont venus nous chercher. Il fallait marcher un bon 600 mètres pour sortir de la montagne. Ensuite, ils nous ont amenés au stationnement dans des traîneaux. On était trois gars blessés sur la dizaine de personnes qui ont été impliquées dans l’avalanche. Les autres s’en sont sortis indemnes. Moi, j’ai l’épaule droite qui me fait très mal, j’ai des ecchymoses sur les jambes, quelques coupures à la main gauche, j’ai mal au dos et à la poitrine, mais ça se place. Ça faisait longtemps que je me préparais pour cette montagne. Je n’aurais peut-être pas dû remonter. J’ai peut-être trop fait confiance à la montagne. On ne sait jamais ce que la nature nous réserve », de conclure sagement Bruno Ostiguy qui est connu dans la région de Sorel-Tracy comme paramédic et pompier volontaire. Ironiquement, il est également patrouilleur de ski à Bromont.

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