SorelTracy Magazine - Dimanche, 3 mars 2024

Vendredi 24 février, 2023

Crise du logement dans la région de Sorel-Tracy

« Il ne faut surtout pas avoir peur de défendre ses droits » – Dominic Gosselin

Dominic Gosselin et Geneviève Latour.

(Stéphane Martin, 24 février 2023) – Avec un taux d’inoccupation de 0.4%, la crise du logement frappe de plein fouet la grande région de Sorel-Tracy et les dirigeants d’organismes dans le secteur peinent à venir en aide aux locataires qui ignorent trop souvent leurs droits.

Plusieurs abus seraient observés de la part de propriétaires qui profitent de la rareté des logements pour augmenter de façon significative le prix des loyers. « Dans les faits, un propriétaire peut augmenter son loyer de 2,3% par année, mais encore faut-il avoir une bonne raison de le faire. Nous sommes dans la période où les locataires reçoivent des avis d’augmentation et il y a encore beaucoup de mythes à défaire. Rien n’oblige les locataires à accepter une augmentation et il y a toujours trois choix qui s’offrent à eux. Il est possible d’accepter une augmentation, de la refuser et de quitter à la fin du bail, mais il existe aussi la possibilité de refuser et de continuer d’occuper les lieux. À ce moment, c’est au Tribunal administratif du logement que revient la tâche de fixer le prix du loyer. Ce sont des démarches qui peuvent être angoissantes, mais nous sommes-là pour aider et il ne faut surtout pas avoir peur de défendre ses droits », comment le coordonnateur chez Action logement Pierre-De Saurel, Dominic Gosselin.

Ce dernier est catégorique sur le fait qu’il est préférable de faire valoir ses droits plutôt que de partir à la recherche d’un nouveau toit.  « Il n’y a rien sur le marché présentement. Avant de prendre la décision de quitter, assurez-vous d’avoir un autre endroit où rester. Actuellement, le problème est à ce niveau et quand les gens trouvent, ce n’est pas adapté à leurs besoins. Il y a tellement de gens qui recherchent que les propriétaires ont le choix. Ils choisissent littéralement la clientèle et n’hésitent pas à tomber dans la discrimination. Par exemple, on va refuser des enfants en disant que le loyer est idéal pour personnes retraitées. On voit ce genre de phrase sur des annonces pour un 5 ½. Les familles n’ont plus de place où rester. C’est illégal, mais c’est rendu monnaie courante. »

Les assistés sociaux sont également écorchés au passage.  « Une personne seule reçoit 770$ par mois. Quand les loyers tournent autour de 900$, c’est impossible d’arriver. Et c’est la même chose pour les personnes qui travaillent au salaire minimum. On en voit des gens qui se font refuser un logement parce qu’ils sont sur l’aide sociale ou qu’ils n’ont pas un salaire assez élevé au goût du propriétaire. C’est illégal et les recours demandent des mois de bataille. Ceux qui s’en sortent le mieux actuellement avec la crise du logement résident en coopérative ou en HLM », ajoute la coordinatrice de l’Organisme de Défense des Droits Sociaux du Richelieu, Geneviève Latour.

Des victoires pour les locataires

Dominic Gosselin se fait rassurant pour les locataires qui choisissent de faire valoir leurs droits. « Les choses sont grandement simplifiées avec le retour d’un point de service du Tribunal administratif du logement à Sorel-Tracy. Je constate également de plus en plus de victoires pour les locataires. Chaque année, je vois des juges trancher que les augmentations sont abusives. Il y a aussi la fameuse mode des propriétaires qui reprennent un loyer pour, soi-disant, y placer un membre de leur famille. C’est souvent temporaire et dans le but de procéder à une augmentation pour un nouveau locataire. J’ai vu un juge demander au-dessus de 40 000$ en dédommagement pour un locataire qui s’est retrouvé à la rue. Ce n’est jamais gagné d’avance pour un propriétaire mal intentionné. »

« Dernièrement, un juge a refusé qu’un propriétaire reprenne un loyer pour y placer sa mère. Il a rendu sa décision après avoir rencontré la dame de plus de 85 ans qui se déplace en chaise roulante, alors que le loyer se trouvait au 2e étage. Je le répète, il ne faut surtout pas avoir peur de défendre ses droits », de conclure Monsieur Gosselin.

Il est possible de rejoindre l’organisme Action-Logement Pierre-De Saurel au 450-881-1910 et l’Organisme de Défense des Droits Sociaux du Richelieu au 450-743-4804.

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