SorelTracy Magazine - Dimanche, 23 août 2026

Dimanche 23 août, 2026

Texte de Jean Rajotte

Gloire et éloge au beau métier d’enseignant

(Jean Rajotte, 23 août 2026) – Je me suis inscrit à la Faculté des arts de l’Université d’Ottawa avec la ferme intention d’enseigner, plus tard, l’histoire. Tout était décidé et classé dans ma tête. Dès mon plus jeune âge, à mon anniversaire et à Noël, je recevais de mes parents et de mon parrain des albums de Tintin, le reporter voyageur à la curiosité inassouvie et des albums de mon compagnon fouineur et débrouillard Spirou. C’est avec eux que j’ai développé le goût de la lecture tout en améliorant mon vocabulaire.  Ce sont eux qui ont suscité en moi l’intérêt pour l’histoire et la géographie.

Je dévorais tout d’eux, du passé, du présent et du fantastique à venir. Ils furent, à leur insu, les premiers « maîtres » qui me poussèrent quelques années plus tard vers l’enseignement. Ce que j’avais lu, emmagasiné, compris et retenu, je voulais en faire part à mes semblables. À l’école, au primaire et au secondaire, la période dédicacée à la lecture était attendue et sacrée pour moi. Eh oui, je suis devenu enseignant au secondaire. J’ai assouvi ma passion, faire connaître et expliquer l’histoire.

J’ai tenté, avec succès, la plupart du temps, d’intéresser les élèves à la connaissance de soi-même par les récits, des exposés et les faits historiques ainsi qu’à la grande question existentielle: D’où sommes-nous, que faisons-nous et où allons-nous? Le passé n’est-il pas garant de l’avenir?

Je parle souvent de ce merveilleux temps avec des collègues retraités et des amis proches. Il m’est resté, en-dedans de moi, cette passion ardente qui me colle à la peau, malgré mon âge. Celle d’être utile et intéressant, encore, de provoquer et d’alimenter la curiosité, l’étonnement, l’émotion et le questionnement. Il n’y a pas de limites.

Maintenant, je m’adresse, en particulier, aux cohortes de nouveaux enseignants. Aujourd’hui, vivre sa passion n’est pas toujours facile. Ce que vous pensiez et espériez n’est pas toujours au rendez-vous. Je sais que les conditions étaient meilleures autrefois et plus valorisées par la population.

À vous tous, en formation, en stage et en début de carrière, devant votre classe, observez le faciès de vos élèves bien assis. La grande majorité sont déjà curieux et avides d’en savoir plus. Vous êtes le « maître des lieux ».  Remarquez l’air admiratif et réjoui de vos élèves. Ceux-ci ont confiance en vous, vous êtes leur modèle et la référence vers la réussite.

Par contre, vous avez le droit de compter davantage sur le support, sans réserve, des parents à la maison, pour inculquer à leurs enfants un peu de civisme, les bonnes manières et le respect de « l’autorité ». N’est-ce pas là, la base d’une bonne éducation qui doit se refléter à l’école? Ne laissez pas vos rêves se rapetisser par l’inertie « éducative » de certains parents et d’adultes incultes. Vous formez les générations du futur.  Quand vous êtes dans votre classe, soyez à la hauteur, fiers, enthousiastes et heureux.

Je vous remercie d’avoir choisi cette profession. Tenez le fort avec passion, générosité, créativité et rigueur, avec une bonne dose de patience et de persévérance. L’amour donné, offert et déployé à vos élèves n’a pas de prix. Ceux-ci le ressentent et s’en abreuvent. Certains y trouvent une assurance, une sécurité et une confiance qu’ils n’ont pas nécessairement à la maison ou ailleurs.

Plus tard, à l’âge adulte, certains vont vous apercevoir en public. Avec un sourire un peu timide, on va vous aborder et vous remercie des conseils et de l’enseignement reçus. En retournant chez-vous, le cœur battant, vous vous direz: J’ai fait le plus beau métier du monde, ma foi! » Il n’y a aucune technologie, aucune « machine », qui vont remplacer la présence intelligente et chaleureuse d’un professeur ou enseignant devant sa classe bondée de jeunes curieux et de « génies » en herbe

Merci!

Jean Rajotte
Enseignant « à vie »

PS: Quand j’entends la très belle chanson « Adieu M. le Professeur » de Hugues Aufray, je suis toujours très ému. Mon cœur bascule et chavire. Mon visage s’illumine, s’humecte, je revois en rafale mes élèves, « ma » classe, et je sens l’odeur, l’ambiance feutrée et respectueuse du lieu. Les élèves attentifs et soucieux se demanderont toujours « quoi de neuf aujourd’hui M. Rajotte? »

 



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