SorelTracy Magazine - Mercredi, 6 mai 2026

Mercredi 6 mai, 2026

Par Michel Page

Entre canicules estivales attendues et la conscientisation citoyenne pour la qualité de l’eau

Par Michel Page

L’été se profile et avec elle le goût vital de l’eau et des sports nautiques. Cependant, la qualité de l’eau des plans d’eau, de la zone fluviale et de certaines rivières, pose problèmes. Où se baigner, nager et plonger en période des canicules estivales sans mettre à risque sa santé?

La situation générale en Montérégie est particulièrement critique: on aura tout pollué. Et, certaines années, en plus de révéler des pénuries d’eau potable, se baigner pourrait mettre sa santé à risques. Tant d’eaux douces, mais tant de contaminations diverses, et industrielles, et agricoles et municipales : un cocktail qui transforme des milieux jadis accueillants en zones à risques sanitaires associés à l’eau.

Avant que la chaleur n’impose ses canicules et que les citoyens ne cherchent désespérément un accès à l’eau, deux considérations s’imposent en amont de l’été : la qualité réelle des milieux aquatiques et la capacité des municipalités à protéger la santé publique. Je vous propose deux considérations pertinentes.

Berge, dégradation de la qualité de l’eau et espèces envahissantes. Partie fluviale du Saint-Laurent, sur Contrecoeur. Copyright M.P.

Hausse de la température et multiplication des espèces aquatiques envahissantes

Un nouvel événement El Niño serait en train de se mettre en place et, selon les références, débuterait très probablement à partir de l’été 2026. L’épisode pourrait alors contribuer, en se superposant au réchauffement climatique à long terme, à atteindre à l’échelle planétaire en 2026-2027 une valeur de température moyenne proche ou supérieure au record de 2024. (Météo Québec, Météo France, NOAO, etc.).  Si ce scénario se confirme, l’événement viendrait s’ajouter au réchauffement climatique de fond, amplifiant les anomalies thermiques globales, en raison de la superposition entre variabilité naturelle, tendance anthropique et particularités régionales.

Une telle hausse des températures a des répercussions directes sur les milieux aquatiques. Le réchauffement prolongé et les conditions extrêmes — vagues de chaleur, sécheresses, pluies intenses — pourraient accélérer la propagation des espèces envahissantes dans les lacs, les rivières et le milieu fluvial.

Ces dynamiques combinées risquent d’avoir des effets significatifs sur la biodiversité aquatique, en perturbant les chaînes trophiques, en modifiant les habitats et en augmentant les pressions sur les écosystèmes déjà fragilisés, augmentant ainsi le risque de déséquilibre écologique dont par la prolifération d’espèces envahissantes nuisibles, ce qui pourrait engendrer des effets significatifs sur la biodiversité marine. (Le cas de la prolifération des myriophylles à épis sera présenté ailleurs car il contribue à l’eutrophisation, à la dégradation et à la perte des habitats aquatiques, à la baisse de la concentration d’oxygène et de la luminosité qui sont essentielles à la survie des embryons de poissons, dont du fameux chevalier cuivré et des espèces salmonidés exigeant des eaux propres, limpides, fraiches et oxygénées …),

Déversoir municipal, Sainte-Anne-de-Sorel. 2024/2025

Sports nautiques, baignade, natation et échantillonnage de la qualité de l’eau:

Depuis 1979, le ministère de l’Environnement coordonne un réseau de suivi de la qualité de l’eau, le Réseau-rivières. Son mandat est d’assurer la surveillance des principales rivières du Québec. Victime des compressions budgétaires au ministère de l’Environnement, le programme de suivi de la qualité de l’eau dans les rivières du Québec recule, ce qui préoccupe l’Association des biologistes du Québec et des organismes environnementales. (Référence3)

Faute de n’être point informé de la qualité des eaux de baignade, vous serez-là au bord de l’eau turbide, comme celle d’un cloaque, et n’oserez à peine y tremper vos pieds de crainte d’être avalé par de virales contaminations, à moins d’y sauter à l’aveugle ! Il vous reviendra alors à l’esprit la pertinence d’une prise de conscience citoyenne pour la qualité de l’eau, pour un rappel des responsabilités des municipalités pour la qualité de l’eau et la biodiversité aquatique. Il importe de rappeler une responsabilité fondamentale qui nous lie collectivement : la préservation de la qualité et de la disponibilité de l’eau, ressource essentielle à la vie, au fonctionnement des écosystèmes et au maintien de la biodiversité.

Au Québec, cette responsabilité devait être clairement assumée par l’État, qui en est le gardien en vertu de la Loi affirmant le caractère collectif des ressources en eau ( Loi affirmant le caractère collectif des ressources en eau et visant à renforcer leur protection), mais il se désengage de ses responsabilités. Alors, vous vous demanderez peut-être pour qui vous aviez voté aux élections municipales, et vous réaliserez qu’il vous appartient encore d’établir un rappel des liens entre municipalités et biodiversité, entre conscience citoyenne et démocratie.

Michel Page

 

Quelques témoignages : Sur le fleuve https://www.lenouvelliste.ca/opinions/point-de-vue/2026/02/14/les-municipalites-doivent-agir-pour-combattre-les-especes-envahissantes-GGDZUA65YNE75IE2ZIEYZVSDMM/

Sur le Richelieu et autres :  https://lecourrierdusud.ca/opinion-elections-municipales-des-deux-rives-du-saint-laurent-lecologie-et-lenvironnement-comme-devoir-et-exigence-citoyenne/;

(Référence3) https://www.lapresse.ca/actualites/environnement/2026-04-30/compressions-budgetaires/bulletin-de-sante-incomplet-pour-les-rivieres-quebecoises.php )

Chevalier cuivré. www.quebec.ca

 



Publicité

Publicité

Publicité