SorelTracy Magazine - Jeudi, 8 octobre 2026

Jeudi 8 octobre, 2026

Curiosité et grande demande pour le livre « C’était ça ou mourir » à Sorel-Tracy

Le livre C’était ça ou mourir sera discuté au Club de lecture du Rendez-vous du premier roman à la bibliothèque de Sorel-Tracy, ce vendredi à 14h. Crédit : Annie Bourque.

(Annie Bourque, 8 octobre 2026) – Depuis un mois, le premier roman de Thélyson Orélien C’était ça ou mourir fait parler de lui dans les médias d’ici et d’outre-mer.

L’auteur de 38 ans, originaire d’Haïti et résidant au Québec depuis 2010 est accusé en septembre d’avoir eu recours à l’IA pour la rédaction de son manuscrit relatant son parcours de migrant.

Au même moment, une kyrielle d’articles écrits antérieurement ressurgissent dans l’univers médiatique avec un verdict implacable : plagiat.

Résultat ? Les membres du jury du prestigieux prix Goncourt décident de retirer le roman de sa liste de sélection. « Une décision extrêmement difficile », confie l’auteur Éric Émmanuel Schmitt et lui-même membre du jury, sur le plateau de Quelle époque diffusée sur TV5.

Recrudescence de ventes jusqu’à Sorel-Tracy

L’auteur Thélyson Orélien a publié son livre aux éditions Boréal au Québec et chez Grasset en France. Crédit : François Couture, Facebook

En France, les ventes du roman de Thélyson Ornélien atteignent le chiffre de 82 727 exemplaires, rapporte Radio-Canada, mercredi.  Au Québec, le titre occupe la 2e place derrière Nishim, le nouveau roman du journaliste Michel Jean.

À la librairie Wilkie, à Sorel-Tracy, on nous apprend que 60 copies ont été vendues en l’espace d’un mois.  Le propriétaire Daniel Lemoine attribue cette popularité à la curiosité.  Plusieurs acheteurs dont l’autrice de ces lignes désirent aussi se faire sa propre idée.  D’autres, au contraire, refusent de le lire.

Chez Renaud-Bray, au centre commercial les Promenades de Sorel, une centaine d’exemplaires ont été vendus depuis juillet.  « On ne sait pas quand on en recevra d’autres », nous dit-on au téléphone.

Chose certaine, la controverse ne laisse personne indifférent, confie Daniel Lemoine de la Librairie Wilkie.  Les ventes se maintiendront-elles à la hausse ?  « On verra en novembre et en décembre si les gens vont offrir le livre en cadeau. Pour le moment, il est trop tôt pour le dire.»

Patience dans les bibliothèques

Au moment d’écrire ces lignes, 48 personnes abonnées aux bibliothèques Marie Didace et Le Survenant ont déjà lu le livre C’était ça ou mourir qui suscite de bons commentaires malgré la polémique de l’IA.  « C’est bon pareil », entend-on au comptoir des prêts.

Déjà 9 exemplaires sont en circulation afin de répondre à la demande alors que 49 personnes ont réservé le livre.

Enfin, vendredi après-midi, à 14 heures, les férus de littérature pourront débattre du livre lors du Club de lecture « Les premiers rendez-vous du 1er roman », à la bibliothèque Le Survenant.

Un outil contesté Déjà, plusieurs écrivains contestent l’outil de détection de Pangram (utilisé pour le livre de C’était ça ou mourir. ). Dans un article du Figaro, l’internaute Philippe Roi affirme avoir obtenu un verdict de 100 % IA concernant un paragraphe du livre «Le Lys dans la vallée» écrit par nul autre que Balzac.

Même chose pour Florence Meney qui a écrit 15 romans au Québec. « Ce Pangram, c’est n’importe quoi, écrit-elle sur sa page Facebook. Je l’ai testé avec quelques extraits de mes écrits, et cela détecte de l’IA, là ou garanti, il n’y a que de la sueur d’écrivaine et bien des heures de peaufinage et de réécriture, et aussi de travail de mes éditrices.»

« Comment certains experts peuvent-ils en affirmer la rigueur?, questionne-t-elle. Quand on pense que des réputations peuvent être détruites à cause de cette sauce immonde.»

 

 



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