SorelTracy Magazine - Vendredi, 23 octobre 2026

Vendredi 23 octobre, 2026

Cri du cœur à Sorel-Tracy: Un couple s’endette pour sauver une adolescente en Hongrie

Gréta et Sylvain Gauvreau lors d’un voyage familial (Crédit photo: gracieuseté de Sylvain et Erzsebet)

(Céryce Coutu, 13 octobre 2026) – Déjà parents adoptifs de la petite Gréta au terme d’un éprouvant combat juridique de sept ans, Sylvain Gauvreau et sa conjointe Erzsebet Vargane Siteri mènent aujourd’hui une véritable course contre la montre.  Leur objectif: rapatrier d’urgence la sœur biologique de Gréta, une adolescente de 14 ans atteinte du syndrome de Cornelia de Lange, victime de violences et d’allégations d’attouchements sexuels dans un centre jeunesse en Hongrie.

Pour ce couple de Sorel-Tracy âgé de 64 et 68 ans, l’histoire débute en 2018 par un appel en pleine nuit.  Vicky, la fille d’Erzsebet, enceinte et victime de violence conjugale, fuit la Hongrie pour trouver refuge chez eux au Québec.  À la suite de la naissance de la petite Gréta en janvier 2019 et d’un signalement à la DPJ, le couple fait un choix de cœur: se battre pour adopter l’enfant.

Après plus de 57 000 $ investis et sept ans et demi de démarches juridiques, l’adoption de Gréta a finalement été prononcée le 28 janvier dernier.  «La petite, pour moi, c’est de l’or en barre.», confie Sylvain Gauvreau, la voix brisée par l’émotion.

Mais le répit aura été de courte durée.

Un appel de détresse de la Hongrie

Avant même que le dossier de Gréta ne soit scellé, Vicky avait supplié le couple de prendre également sous son aile Bianka, sa fille aînée demeurée en Hongrie.  Placée depuis l’âge de deux ans, Bianka vit aujourd’hui en centre jeunesse.  Tout comme sa petite sœur Gréta, l’adolescente souffre du syndrome de Cornelia de Lange, une maladie génétique rare qui entraîne des retards de développement et une déficience intellectuelle.

Alors que les démarches d’adoption entamées auprès des autorités hongroises semblaient en bonne voie, la situation a pris une tournure dramatique ces derniers mois.

Lors d’appels vidéo, Sylvain et Erzsebet ont d’abord remarqué de nombreuses ecchymoses sur le visage et le corps de l’adolescente.  Puis, il y a quelques semaines, Bianka est parvenue à contourner la surveillance du centre pour leur faire d’effroyables confidences: elle serait non seulement victime de violences physiques de la part d’autres jeunes, mais également d’attouchements sexuels au sein de l’établissement.

«On a immédiatement avisé nos avocats en Hongrie et fait une déclaration écrite, explique M. Gauvreau. La tutelle hongroise, le centre jeunesse et la Cour internationale de La Haye ont été saisis de l’affaire. Des enquêtes sont en cours, mais on demande de l’aide pour la sortir de là-bas au plus sacrant!»

Des coûts exorbitants et des sacrifices personnels

Erzsebet Vargane Siteri, la grand-mère maternelle de Gréta et Bianka, souhaite que sa famille soit enfin réunie et en sécurité (Crédit photo: Céryce Coutu)

Les autorités hongroises se disant prêtes à prononcer l’adoption verbale dès que deux enquêtes obligatoires — l’une sur le milieu familial et l’autre psycho-sociale, coûtant 6 000 $ chacune — seront complétées.  La loi exige également que le couple se déplace en Hongrie avec Gréta pendant deux à trois semaines pour finaliser les papiers et ramener Bianka au Québec.

Après avoir épuisé toutes leurs économies dans le dossier de Gréta, Sylvain et Erzsebet sont arrivés au bout de leurs ressources financières. Pour couper les dépenses au maximum, M. Gauvreau avoue reporter ses soins dentaires et avoir même mis sur la glace une intervention chirurgicale nécessaire afin de ne pas rater la fenêtre de voyage en Hongrie.

«On s’est tellement privé pour Gréta. On se prive encore actuellement pour Bianka, souligne-t-il. Honnêtement, c’est la première fois de nos vies qu’on demande de l’aide. Habituellement, c’est nous qui aidons les gens.»

Un appel à la solidarité

Afin de réunir les 40 000 $ requis pour couvrir les frais juridiques, les enquêtes obligatoires, les billets d’avion et les coûts administratifs entre la Hongrie et le Canada, le couple lance un appel à la générosité du public.

Toutes les personnes désirant soutenir la démarche de Sylvain et Erzsebet peuvent faire un don via la plateforme GoFundMe en cherchant la collecte intitulée: «Ensemble pour sauver une enfant de la maltraitance et réunir».

 



Publicité

Publicité

Publicité