SorelTracy Magazine - Mercredi, 22 septembre 2021

Mercredi 1 septembre, 2021

Une chronique de Lucie Antaya

C’était le bon temps, il n’y a pas si longtemps

Une escapade dans l’inspirante région du Bas-Saint-Laurent m’a à la fois ressourcée et rendue nostalgique. Devant ce long fleuve prêt à devenir mer, j’ai pensé au fait que ce dernier fut depuis longtemps et me survivra, ainsi que ses montagnes et sa foisonnante végétation. Habitée par la conscience aigüe du temps qui passe et qui ne fait jamais demi-tour, je me suis demandé combien de tours il me reste. Je n’en n’ai pas moins savouré chaque instant de ce doux dépaysement. Seule la mémoire détient le pouvoir de faire faux bond à l’instant même en s’immisçant soudainement dans le passé.

C’était au temps des déplacements et des voyages faciles, toutes destinations ouvertes ou presque. On s’attablait dans les restaurants et sur les terrasses sans autre précaution que celle de se laver les mains, avec beaucoup moins de limites de temps pour avaler le repas choisi afin de dégager la place.

Le plaisir a perdu sa signification d’avant. Il y a des limites à le réinventer sans perdre son essence. Bien qu’on le ressente réellement, il ne brille pas de tous ses feux. Les contraintes encore nombreuses et le port du masque nous rappellent constamment que rien n’est pleinement normal.

Le coût de la vie grimpe de manière inquiétante. L’occasion était peut-être justifiable compte tenu des pertes situationnelles engendrées mais beaucoup de consommateurs tirent difficilement leur épingle du jeu. Le prétexte à l’augmentation effarante des prix demeure et les dommages collatéraux s’avèrent inquiétants.

Si l’humain recèle de grandes capacités d’adaptation, il possède aussi la merveilleuse propension à jouir de la vie. Puissions-nous accéder à des retrouvailles authentiquement affranchies de toute contrainte et cesser d’entendre que ça ne sera plus jamais comme avant.

Demeurons aimables et attentionnés les uns envers les autres.

De Platon :
« Le temps est l’image mobile de l’éternité immobile. »

Lucie Antaya

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