SorelTracy Magazine - Mardi, 21 mai 2024

Jeudi 8 février, 2024

Chronique : En prenant mon café !

André Galien, un DJ d’aréna depuis plus de 30 ans

(Jean Doyon) – Sur la galerie de presse du Colisée Cardin, (mon 2e bureau), lors d’un match des Éperviers, il m’est arrivé dernièrement de me lever la tête et de me dire: « Batinsse, je suis rendu le plus vieux ici ! »  En terme d’âge, oui, mais en terme d’ancienneté, non.  À ma droite le célèbre DJ sorelois André Galien est à son poste depuis près de 30 ans, car il a fait tourner de la musique dans les haut-parleurs de l’amphithéâtre de la rue Victoria depuis la venue des Dinosaures de Sorel au milieu des années 90.

André Galien était une « star » chez les DJ sorelois bien avant la venue du hockey senior. Que ce soit au Barbo, au Bistro du Roi (aujourd’hui Les Tire-Bouchons), au Beat, au Foleys et à plein d’autres endroits avec des noms bizarres, il en a animé des soirées et a fait danser beaucoup de monde.  « J’ai fait beaucoup de petits endroits spéciaux, j’ai même mixé à New York alors que ma copine de l’époque était américaine. », se remémore-t-il.

Celui qui aura 64 ans en juin et qui est retraité comme électricien en construction depuis 2021, a fait ses débuts aux matchs des Dinosaures de la Ligue Semi-Pro.  « J’allais aux matchs en tant que spectateurs.  Dans le temps, c’était Yanick Lévesque qui mettait la musique avec Hugues Chevalier sur l’autre galerie de presse, de l’autre côté. Puis un jour, ils m’ont demandé si je voulais participer, mais à l’époque j’étais aussi DJ au Bistro du Roi, alors j’ai dit oui, mais il fallait que je parte vers les 22h. Alors, je faisais une partie de la rencontre et je quittais. Dans ce temps-là, on marchait avec des cassettes, « Stop and Play », pas de CD ou d’ordinateurs, ça n’existait pas. »

Fidèle au poste, il affirme que depuis 1999, il n’a raté qu’une seule partie avec les équipes soreloises de hockey senior, et cette fois-là, c’était en raison d’un changement de date de dernière minute, alors qu’il avait une réservation pour un voyage dans le sud.

Passion:

Il est un DJ passionné par le hockey et par la musique, et qui aime énormément ce qu’il fait.  Ce n’est pas non plus, le plus tranquille sur la galerie de presse. Habituellement un officiel mineur est plutôt en retrait, neutre, mais pas André. On l’entend critiquer les arbitres, s’adresser à un joueur adverse, il n’a pas vraiment de retenue. « Je fais partie de l’équipe et avec les gars autour de moi, on est 100% dans le match, on est sur le même « patern », on veut que notre équipe gagne. Je sais qu’on a pas le droit en tant que tel, on essaie de se retenir, mais ça arrive des fois qu’on m’entende crier. Je le sais, parce que je me fais avertir. », déclare-t-il avec humour.

Un DJ d’aréna doit réagir avec ce qui se passe sur la patinoire et dans l’aréna. Il doit être vif d’esprit, mettre de l’ambiance, ou garder l’ambiance qui peut variée, utiliser l’humour au besoin, et transformer tout ça avec soit de la musique, des extraits audio ou des effets sonores.

Technologie:

Le Dj sorelois a évolué en même temps que la technologie, si bien qu’aujourd’hui, il utilise un puissant logiciel sur ordinateur. Tellement spécial qu’il ne touche qu’une seule lettre de son clavier et sous cette lettre se cachent une blague, un effet, une chanson, etc.. Il faut juste avoir une bonne mémoire pour se souvenir de tout ça. « J’utilise un logiciel qui s’appelle SPORTS SOUND PRO, c’est fait pour les arénas de sports. Tu dois connaitre ta musique par coeur, mais c’est aussi beaucoup de travail à la maison en préproduction. Des fois il faut couper quand la chanson est trop longue avant que le refrain arrive jusqu’à obtenir les choses que tu veux vraiment. Ça me demande un bon 5-6 heures par semaine de préparation, de recherche, trouver le bon thème, etc.. », explique-t-il.

Que doit être de la musique d’aréna ?  « C’est un équilibre de plein de choses, ça ne peut pas être qu’un style de musique. C’est vraiment ce qui joue dans l’espace public, ce que les gens entendent souvent, les faire taper dans les mains, mais la plupart du temps c’est de la musique qui te fait plaisir qui te rend joyeux, c’est ça qu’il faut envoyer. Un match de hockey est une expérience, alors il faut qu’elle soit le fun. »

Il arrive même parfois qu’il a des demandes spéciales. « Oui j’en ai, on me demande du Beatles, du Elvis et du plus moderne, mais nous avons un public de tous âges, alors il faut plaire à tout le monde, en respectant l’ambiance du moment. »

Des idoles ? « Oui, un de mes amis Vincent Aubry, il fait la musique au Canadien de Montréal. J’aime bien aussi le gars de Vegas avec qui je suis devenu ami sur Facebook. »

Critiques:

Souvent, André a fait face à des critiques comme quoi la musique était trop forte.  Il répond: « Il faut comprendre qu’on travaille avec un système de son qui pourrait être d’une meilleure qualité et qui est d’une définition moindre.  Ce qui fait qu’il y a une partie du Colisée où le son est très difficile, on n’entend rien ou c’est flou.  On voudrait mettre plus de son pour le micro, mais ya une colonne de son à trois pieds de nous sur la galerie de presse, donc trop près du « feedback ».  Il y a aussi d’autres organismes au cours de la semaine qui se servent du son et modifient les volumes, alors faut toujours essayer de savoir quel bouton a été changé pour le remplacer.  J’arrive ici 1 heure avant le match pour faire le tour de l’aréna et replacer le son pour les Éperviers. »

Cependant, le DJ assure qu’il a une bonne collaboration avec la ville de Sorel-Tracy.  « Ils sont COOL avec moi, le responsable du Colisée, Benoit Préville, me fait confiance, il me donne un sérieux coup de main, et je suis certain que s’il le pouvait il m’obtiendrait ce qu’il y a de mieux.  Il est de service.»

Une photo d’André Galien qui date de 2003 pendant un match des Royaux de Sorel.

Anecdotes:

Parmi les anecdotes savoureuses qu’André Galien raconte au fil du temps, il faut se rappeler d’un match ou l’un des joueurs adverses avait comme nom de famille KENNY. À un moment donné dans le match le joueur se fait frapper et reste étendu assez longtemps sur la patinoire. C’est alors qu’André a eu la vitesse d’esprit de faire jouer la fameuse séquence « Ah mon Dieu, Ils ont tué KENNY ! », tiré la série South Park. « Ç’a fait sourire bien des spectateurs. », commente-t-il.

Également, il est probablement le seul au Québec à faire tourner des extraits audio de l’oeuvre du célèbre « chanteur » sorelois Normand L’Amour, dont le célèbre « Avait peur ! », que l’on entend souvent, suivi de « Spa drôle ! »  Il s’en sert plus pour déranger l’adversaire.

Il n’est pas rare non plus d’entendre l’extrait d’une chanson sur Arsène Lupin, qui dit « C’est le plus grand des voleurs ! » lorsqu’il n’est pas d’accord avec une décision de l’arbitre.

« Une fois aussi, Chris Cloutier avait une discussion animée avec des spectateurs dans un match, mais il y a quelqu’un qui lui a envoyé un restant de poutine sur lui. C’est alors que j’ai envoyé un extrait des TÊTES À CLAQUES, qui disait « Aimes-tu ça des patates ? Des patates pilées, des patates frites, des patates au Cheez Wiz ? Hein t’aimes-tu ça des patates ? ». Elle était bonne celle-là ! »

Fait-il encore du « DJ » ? « Je n’en fais plus vraiment, sauf pour des occasions très spéciales comme les retrouvailles du Bistro du Roi que je ferai cette année, pour ses 30 ans d’histoire. Mais, je ne peux rien divulguer pour le moment. », a-t-il échappée lors de l’entrevue.

 

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