LE SORELTRACY MAGAZINE     *  Dernière mise à jour : lundi 05 novembre 2012 11:20

14 000 pages par jour

 

NÉCROLOGIE

NOUS JOINDRE



           
LA CHRONIQUE, DE JOCELYN DANEAU

3 février 2011

Le match Ruest-Jutras/Bastiani : « Dis-moi O Miroir, qui est la ville la plus … endettée? »

Madame Francine Ruest-Jutras est mairesse de Drummondville depuis 23 ans: « Nos finances sont saines et nous permettent actuellement de profiter … ».  Pour cette dernière, la dette de sa ville atteint 1,2% de sa richesse foncière (source : La Presse Affaires, 27 octobre 2010, p.15).

Madame Corinna Bastiani, conseillère municipale à Sorel-Tracy depuis 5 ans, déclarait en séance du conseil, le 1er novembre 2010 : « D’ailleurs à notre époque, la dette est devenue un instrument de terrorisme économique et intellectuel. Ainsi, il importe de résister aux pressions idéologiques et de considérer la dette pour ce qu’elle est et de ne pas se laisser impressionner par les arguments fallacieux. Le discours sur la dette promet souvent le bonheur en s’appuyant sur quelques chiffres lancés dans le vide. Par ailleurs, bien qu’ayant lu des dizaines de pages et entendues des heures de commentaires sur le fait que la dette publique est beaucoup trop élevée, qu’elle atteint des proportions incontrôlables, nous n’avons jamais lu une ligne expliquant quel serait le niveau correct d’une dette et comment on pourrait y parvenir. » (1)

L’arbitre?  C’est le Mamrot, le Ministère des Affaires municipales, des Régions et de l'Occupation du territoire du Québec (2) qui compile et uniformise l’information financière concernant les  municipalités.  Avec Drummondville, nous sommes dans la classe de population des 25 à 99 999.  En termes de boxe, nous sommes dans la même catégorie de poids.   Sur cette base, j’ai constitué un échantillon de 31 villes en me concentrant sur deux paramètres (3) : l’endettement total net à long terme per capita (EPC) et l’endettement total net à long terme par 100$ de richesse foncière uniformisée (E100$). 

Les résultats?  Drummondville : Population de 68 446 habitants avec un EPC de 863$ et un E100$  de 1,27$.  Sorel-Tracy : 34 308 habitants, 1 765$ comme EPC et un E100$ de 2,84$. 

La dette de la ville de Sorel-Tracy selon le « Profil financier 2010 » du Mamrot s’élevait à 60,5M$.  Elle était de 58,4M$ au 31 décembre 2009 selon la ville de Sorel-Tracy.  Elle était de 39,3M$ à la fin de 2001.  Notre dette a augmenté de 54% depuis 2001 et l’inflation de 17%, selon Statistique Canada.

Sorel-Tracy sur 31?  Pour l’EPC : 13e (moyenne de 2 268 $).  Pour E100$ : 20e (moyenne de 2,71 $).

La meilleure ville ?  Alma : 30 134  habitants, 745 $ comme EPC et 0.99 $ comme E100$. 

La pire?  Boisbriand avec un EPC de 4 492 $ et un E100$ de 5,11 $.

Analysons ce qui précède en trois « rounds ». 

« Round » 1 : Résultats.  La situation de la ville de Sorel-Tracy mérite un D+ (4).  Je considère que même si nous gravitons en retrait de la moyenne, Sorel-Tracy se situe assez loin des premiers de classe.  Pour raffiner ces notes, il nous faudrait examiner d’autres paramètres : le taux de taxation, la structure des revenus de nos contribuables, etc.  Drummondville se mérite un A.  Drummondville = 1, Sorel-Tracy = 0.

« Round » 2 : Philosophie de gestion des finances publiques.  Les propos de madame Ruest-Jutras sont concis et précis.  C’est la façon de faire: avoir des objectifs de ratios financiers, se mesurer régulièrement et être rigoureux.  Il est probable que ce résultat remarquable n’est pas arrivé du jour au lendemain.  Mais … Mais j’ai suggéré par deux fois à madame Bastiani d’expliquer le paragraphe ci-haut.  Pour l’instant, pas de son, pas d’image.  Lors du dévoilement du budget du 13 décembre 2010, il a été demandé au maire Dauplaise si la ville possédait un plan de gestion de la dette.  Là aussi, pas de son, pas d’image. 

Compte tenu de la structure de notre dette municipale, posons l’hypothèse raisonnable suivante : les propos de madame Bastiani représentent la philosophie de gestion des finances de la ville, volet dette.  Poliment mais fermement, je suggèrerais au conseil de refaire intégralement leurs devoirs.  Au minimum, on pourrait nous expliquer l’expression : « … considérer la dette pour ce qu’elle est … ».  Drummondville = 2, Sorel-Tracy = 0.

Ceci étant, il faut rendre hommage à madame Bastiani, elle a articulé sa pensée par écrit.  Ce qui n’est pas une mince tâche.  Mais sous plusieurs aspects, il lui reste beaucoup de travail de développement à faire. 

« Round » 3 : Potentiel d’amélioration.  J’ai demandé à la ville de Sorel-Tracy, une copie du plan de gestion de la dette.  Voici la réponse des gens qui gèrent l’argent de nos taxes, reçue de monsieur René Chevalier, greffier, le 24 janvier 2011 : « À vos demandes 4 et 5, soit le pro forma de l’évolution de la dette au 31 décembre 2011 et au-delà de cette même date, conformément à l’article 47 de la loi d’accès, nous devons vous informer que ces documents dont vous demandez l’accès sont inexistants ».  Comment le maire Dauplaise a-t-il pu estimer avec autant de précision que la dette n’augmenterait que de 83 683$ en 2011? (5)

Drummondville = 2, Sorel-Tracy = -1.

« Drummondville, nous avons un problème ». (6)

Il nous faut absolument revenir sur Terre et y vivre selon nos moyens.  Un plan de réduction de la taille de la dette s’impose comme une évidence.  C’est une question de confiance tant dans la pérennité de nos finances municipales que dans l’équipe en place pour les gérer.  Par exemple, au 31 décembre 2012, nous pourrions viser un E100$ = 2,62$ (moyenne des 11 villes ayant servi d’échantillon de base dans le dossier d’augmentation du salaire de nos élus).  Au 31 décembre 2015, E100$ = 1,85$ qui est le résultat moyen des 5 villes ayant obtenu une note B.  Au-delà de 2015, le E100$ = 1,27$ de Drummondville est à portée de main.

« O Miroir … mais le passé??? … nos habitudes??? … Ai-je besoin d’une permission pour devenir maître de mon avenir? »

Jocelyn Daneau
Fier citoyen de Sorel-Tracy!
Site internet : http://jocelyndaneau.com/


Pour commentaire sur cette chronique :
http://jocelyndaneau.wordpress.com/2011/03/27/une-annee-plus-tard-quelques-reflexions-et-une-proposition/

(1) Conforme au document déposé par madame Corinna Bastiani sur le site Facebook du Mouvement pour un renouveau à Sorel-Tracy, 3 novembre 2010. 

(2) Mamrot, Profil financier 2010, données de 2009, voir : http://www.mamrot.gouv.qc.ca/finances-indicateurs-de-gestion-et-fiscalite/information-financiere/profil-financier-et-autres-publications/profil-financier/edition-2010/ 

(3) Calculé à l’aide de la Richesse foncière uniformisée (RFU) du Mamrot, établi à 2 325 853 974$ pour Sorel-Tracy pour 2009.  Pour 2010, la firme Mercure évalue la richesse foncière de Sorel-Tracy à 2 203 987 971$.  Pour des fins de comparaison, les chiffres du Mamrot sont utilisés. 

(4) Ces lettres comme bulletin de notes, sont le résultat d’un système de pondération maison, basé sur l’ordre conjoint du EPC et du E100$ et dont je vous évite les détails méthodologiques. 

(5) voir : http://www.soreltracy.com/2010/dec/21d3.html 

(6) Inspiré du classique : « Houston, nous avons un problème », Apollo 13, le 14 avril 1970, tel que : 

55:55:20 - Swigert: "Okay, Houston, we've had a problem here."
55:55:28 - Duke: "This is Houston. Say again please."
55:55:35 - Lovell: "Houston, we've had a problem. We've had a main B bus undervolt."

Voir : http://history.nasa.gov/Timeline/apollo13chron.html

Bookmark and Share

PUBLICITÉ

Le SorelTracy Magazine
une filiale des Productions Kapricom
Tous droits réservés -
© 2000-2010