Par Hélène Goulet

CHRONIQUE : DE QUOI J'ME MÊLE !
Par Hélène Goulet
 

Le décès de la Mamma

Mardi le 27 juillet 2010

Nicole Bergeron a attendu son anniversaire de naissance pour mourir. Pour cette cheffe de clan – on parle toujours du « clan Bergeron » quand on parle des siens – les événements festifs tenaient une place privilégiée dans sa vie, car ils étaient rassembleurs. Nicole rassemblait d’abord sa famille, bien sûr, mais elle amenait aussi sous son giron ses amis, les gens seuls et ceux qui voulaient ressentir la chaleur de son accueil.

Nicole savait en donner, de la chaleur et de l’amour. De l’amitié. Des conseils, quelques petites tapes sur l’épaule, et même à l’occasion, un petit soufflet pour vous remettre dans le droit chemin.

Nicole Bergeron, c’était la mamma de son clan et aussi la mamma de ses nombreux amis, qui constituaient son clan élargi. Nicole, c’était une fille entière qui a donné toute sa vie à sa famille, ses amis et à sa communauté.

Rassembleuse, voilà une qualité qui résume ce qu’a été le fil de vie de Nicole, cette femme passionnée et passionnante, cette boule d’énergie et véritable bulldozer qui savait défoncer les portes,  cette femme pleine d’idées nouvelles et audacieuses. Mon dieu qu’elle mordait dans la vie, cette Nicole qui a toujours vécu à 100 à l’heure !

Je suis allée la voir, mardi dernier. Moi qui vis actuellement une période de grand bonheur, j’avais de la peine à la voir se préparer à partir. Le décalage était si grand ! Je lui signifiais cette injustice d’être heureuse devant elle qui souffrait.

Lucide, généreuse, elle m’a répondu, « c’est ok ma belle, je suis heureuse que tu sois heureuse, c’est ça la vie, moi je suis rendue au bout de la mienne mais je pars en paix. »

Gros mottons dans la gorge.

Toujours généreuse jusqu’à la fin : c’est ce beau cadeau qu’elle m’a légué avant de partir. Celui de vivre ma vie comme elle l’a vécue : appeler le bonheur, l’attirer vers soi, se l’approprier, le vivre pleinement, l’exprimer et le propager comme elle l’a fait toute sa vie auprès de ceux qu’elle considérait comme les siens. Ils sont nombreux, les siens, qui ne pourront oublier cette mère et amie généreuse qui savait aussi nous aider à repousser nos limites.

Bye, Nicole, je t’aime et je t’embrasse.  Dis bonjour à ma mère et à mon père, si c’est possible.

Je vous laisse sur les paroles de la chanson « La Mamma », de Charles Aznavour, qui résume un peu la place que prenait Nicole auprès des siens : 

Ils sont venus
Ils sont tous là
Dès qu'ils ont entendu ce cri
Elle va mourir, la mamma
Ils sont venus
Ils sont tous là
Même ceux du sud de l'Italie
Y a même Giorgio, le fils maudit
Avec des présents plein les bras
Tous les enfants jouent en silence
Autour du lit ou sur le carreau
Mais leurs jeux n'ont pas d'importance
C'est un peu leurs derniers cadeaux
A la mamma

On la réchauffe de baisers
On lui remonte ses oreillers
Elle va mourir, la mamma
Sainte Marie pleine de grâces
Dont la statue est sur la place
Bien sûr vous lui tendez les bras
En lui chantant Ave Maria
Ave Maria
Y a tant d'amour, de souvenirs
Autour de toi, toi la mamma
Y a tant de larmes et de sourires
A travers toi, toi la mamma

Et tous les hommes ont eu si chaud
Sur les chemins de grand soleil
Elle va mourir, la mamma
Qu'ils boivent frais le vin nouveau
Le bon vin de la bonne treille
Tandis que s'entrassent pêle-mêle
Sur les bancs, foulards et chapeaux
C'est drôle on ne se sent pas triste
Près du grand lit et de l'affection
Y a même un oncle guitariste
Qui joue en faisant attention
A la mamma

Et les femmes se souvenant
Des chansons tristes des veillées
Elle va mourir, la mamma
Tout doucement, les yeux fermés
Chantent comme on berce un enfant
Aprés une bonne journée
Pour qu'il sourie en s'endormant
Ave Maria
Y a tant d'amour, de souvenirs
Autour de toi, toi la mamma
Y a tant de larmes et de sourires
A travers toi, toi la mamma
Que jamais, jamais, jamais
Tu nous quitteras...

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