Historique du scoutisme à
Sorel-TracyIntroduction
A ses débuts, et jusqu'à tout récemment, le scoutisme et le
guidisme se sont développés de façon parallèle, chacun ayant ses propres
structures. Évoluant au même rythme que la société, peu à peu ils se sont
rapprochés. En 1980, la Fédération des Scouts du Québec et la Fédération des
Guides du Québec se sont unis pour former la Fédération Québécoise du Scoutisme et
Guidisme.
Au début des années 1980, dans la région Sorel-Tracy, on compte
5 groupes scouts, regroupant environ 450 jeunes. En 1998, il reste 3 groupes et
ils décident de se fusionner pour former le Groupe Pierre de Saurel. Ce groupe
compte 7 unités et regroupe 112 jeunes. Et depuis quelques années, le groupe
comprend des unités mixtes. En 2008, il y a toujours un groupe, Pierre de Saurel,
qui regroupe 70 jeunes et 25 adultes.
Historique
Le scoutisme est né de L'imagination d'un général anglais, Lord
Robert Baden-Powell, né a Londres le 22 février 1857. En 1912, il épouse Olave
St-Clair Saames, née le 22 février 1889. Très tôt Olave partage l'idéal de B.P.,
elle parcourt le monde avec lui. Olave et B.P.
partagèrent leur temps entre l'éducation de leurs 3 enfants et l'implantation du
scoutisme et du guidisme à travers le monde.
Pranhill en Angleterre et Paxtu au Kenya deviennent les pieds à
terre de la famille. C'est à Paxtu, le 8 janvier 1941 que décède Baden-Powell.
Au début de sa carrière militaire, Baden-Powell écrivit un livre pour les soldats
sur la manière de suivre à la piste, de travailler et de vivre en plein air.
Il a intitulée ce livre « AIDS to Scouting ». Après la guerre des Boers,
Baden-Powell rentra en Angleterre acclamé comme un héros. Sa renommé avait
amené les garçons à lire et à utiliser son livre. Aussi Baden-Powell
décida-t-il de réécrire et de l'adapter pour des jeunes garçons.
Désirant mettre en pratique des idées, il rassembla en 1907 un
groupe de garçons sur l'Île de Brownsea pour le premier camp scout. Ce fut
un succès immédiat en Angleterre et des troupes se formèrent dans d'autre pays.
Déjà en 1909, un premier grand rassemblement réunit 10,000 garçons et des milliers
de filles qui elles aussi veulent faire partie du mouvement. Baden-Powell
répondit à leur désir et fonda en 1910 l'Association des Girl Guide. C'est
en 1916 qu'Olave commence a s'intéresser au guidisme. En 1918 elle devient
Chef Guide de la Grande-Bretagne. Jusqu'à sa mort en 1977 elle parcoura le monde
entier pour promouvoir le scoutisme et le guidisme. Le scoutisme et le
guidisme se répandirent comme une traînée de poudre. Au Canada-français le
scoutisme et le guidisme se sont implantés avec l'appui du clergé qui désirait
offrir aux jeunes garçons et filles une occasion de parfaire leur éducation dans
un cadre sain et répondant à leur besoins.
La première troupe scoute canadienne française fut fondée à
Ottawa en 1918. En 1930 La Fédération Catholique des Éclaireurs
canadiens-français comptait 9 troupes dont celle entre autres de Montréal, fondée
en 1925, celle de St-Hyacinthe fondée le 4 avril 1930 par l'abbé Eugène Goulet,
C'était la première troupe Cathédrale de St-Hyacinthe.
À Sorel, le scoutisme a pris naissance dans la paroisse
St-Pierre, appuyé par Mgr Desranleau. Le 22 octobre 1933, 21 jeunes garçons de 12
à 17 ans prononcèrent leur promesse en compagnie de leur chef scout, Marc-Henri
Champagne et Hormidas Desrosiers et de leur aumônier René Gagné. Et en 1934, pour
permettre aux jeunes de 9 à 12 ans de faire partie du scoutisme, on met sur pied
la branche louveteau. A Sorel, en 1935, M. Gérard Lamoureux fonde une meute
de louveteaux. Et quelques années plus tard, pour permettre aux 17-18 ans de
poursuivre, on fonde les routiers.

Comme le scoutisme, le guidisme s'est implanté graduellement au
Québec. Il apparaît en 1928 dans le diocèse de Québec et suivent par la suite,
Trois-Rivières en 1931, Montréal en 1935 et St-Hyacinthe en 1937. Le 30 mai
1937 est fondée à Sorel la 1ère compagnie guide. Le 22 août 1937, dans la
paroisse St-Pierre de Sorel, 6 filles de 12 à 16 ans prononcent leur promesse
guide en compagnie des cheftaines Marcelle Robitaille et Thérese Cadorette et de
leur aumônier Édouard-Léon Paul-Hus. Et quelques années plus tard on fonda
une unité Jeannette pour les filles de 9 à 12 ans.

Le guidisme représentait presque une révolution pour les filles
de cette époque. Elles faisaient partie d'un mouvement qui les incitait à
prendre des responsabilités, à s'impliquer dans leur milieu et à s'ouvrir au monde
extérieur. En septembre 1945 les chefs guide de Sorel se rendent à Montréal
afin de participer à un grand rassemblement réunissant les chefs guides de la
province de Québec.
Et en 1946 les guides de Sorel ont l'honneur de recevoir la
visite de Lady Olave Baden-Powell.
Comme nous le disions plus tôt le clergé appuie le scoutisme et le guidisme autant
moralement que matériellement. Les paroisses leurs fournissent des locaux, soit le
sous-sol de l'église ou la salle paroissiale.
Selon les témoignages recueillis auprès des scouts et guides des
années 1930-1940 et 1950, voici les principales activités que les jeunes
pratiquaient. On faisait du secourisme, on apprenait le morse, le sémaphore,
on fait du bricolage, on chante, on fait des jeux de groupe. Les garçons
font beaucoup d'exercice physique, barres parallèles, barres fixes de la boxe.
On fait l'entretien mécanique des bicyclettes, on organise des randonnées en
bicyclette. Incidemment en 1937, 5 scouts de Sorel se rendent à Québec en
bicyclette pour assister au congres eucharistique.
Les scouts et guides de Sorel participent activement à la vie
soreloise. Dans l'Echo de Sorel du 1er décembre 1937, on raconte qu'à la
salle paroissiale de St-Pierre les Éclaireurs jouèrent une pièce de théâtre
illustrant les différents aspects de la vie chez les scouts. On écrit qu'une
très grande foule les applaudit. Les scouts et guides rendent de nombreux
services à la communauté. Ils participent aux bazars de l'orphelinat, aux
processions religieuses, servent la messe.

Le mouvement est de plus en plus populaire. Ainsi au début des
années 1940 on retrouve aussi des unités scoutes et guides dans la paroisse
Notre-Dame. Dans l'album souvenir de Sorel de 1942 on voit que les scouts et les
guides occupent une place importante parmi les mouvements de jeunesse avec la JOC
et la JEC.
Revenons aux activités des scouts et guides. Un des moments
important de l'année, c'est le camp d'été qui représente une grande aventure pour
les jeunes. Une grande aventure, d'abord parce que le camp dure 2 semaines et
aussi parce qu'on se rend assez loin, soit dans les Laurentides ou les Cantons de
l'Est. C'est aussi tout un changement de vie parce que le camp se fait sous
la tente et ce pour toutes les unités. Le campement comprend les tentes pour
coucher, la tente cuisine, la tente chapelle. On installe le campement sur le bord
d'un lac, près d'une foret, on demande à un fermier des alentours de fournir les
oeufs, le lait, le beurre.
Le menu est simple, on mange des fruits, des légumes, des
céréales, des oeufs, du pain, de la mélasse, de la viande et beaucoup de fève au
lard. On s'organise pour que ça ne coûte pas cher. Ça coûtait environ $3.00
par jeune pour un camp de 2 semaines en 1940. Les parents donnaient un coup de
main. Ceux qui avaient des autos, transportaient les jeunes, le matériel de camp,
la nourriture.
Et qu'est-ce qu'on y fait durant ces 2 semaines du camp d'été.
D'abord on installe le campement, on fabrique le four pour faire les beans, on
fabrique une toilette rustique, on ramasse le bois mort pour les feux, on fait des
grands jeux, des exercices de secourisme, du canot, on prépare les repas. Tous les
matins avant le déjeuner on se rend à la tente chapelle pour assister à la messe
qui est célébrée par l'aumônier de l'unité. On fait aussi des randonnées en foret,
on construit des ponts en brêlage.
Dans les années 1950, le scoutisme et le guidisme sont
solidement implantés à Sorel. Des scouts et des guides de Sorel participent
alors à la fondation d'unités scoutes et guides à Tracy. Le curé Henri
Laplume de la paroisse St-Jean Bosco en septembre 1957 voit à fondation de la 16e
troupe St-Jean Bosco. En novembre 1968 ce groupe de Tracy compte 2 meutes de
louveteaux, 1 troupe et un poste.