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mercredi 03 octobre 2007
Le Saint-Laurent est dans un creux de la
vague !
Joey Olivier - Journal La Voix - 29 septembre 2007
Le niveau d'eau du fleuve Saint-Laurent de 3,6 mètres est près
de franchir un record atteint en 2001, alors qu'il affichait
un niveau de 3,4 mètres. Le faible niveau d'eau dans les
Grands Lacs, le fait qu'Hydro-Québec retienne l'eau sur ses
barrages de la rivière Outaouais, le manque de précipitations
et le réchauffement climatique expliquent cette situation qui
a déjà des
répercussions sur la faune et la flore. "L'étude des
statistiques des débits révèle des épisodes de faibles débits
tous les 30 ans. On a noté des niveaux d'eaux faibles
comparables à cette année en 1932, 1964 et en 2001. Entre ces
périodes, habituellement, le fleuve a connu de haut débit
pouvant atteindre 20 000 mètres cubes par seconde", explique
Jean Morin, chercheur et hydrologue pour Environnement Canada
en entrevue téléphonique.
Les conséquences du réchauffement climatique rendent cependant
le phénomène imprévisible. Selon certains experts, une
augmentation de température de 2 à 4 °c pourrait réduire de
24% les débits moyens sortants du lac Ontario, la principale
source du Saint-Laurent. Une telle diminution pourrait réduire
le niveau d'eau d'un mètre par endroit. "Habituellement, à
l'automne, le niveau d'eau remonte, mais il faudra un peu plus
de temps pour qu'il atteigne son niveau moyen de 4,54 mètres",
dit l'hydrologue.
À l'heure actuelle, le niveau d'eau des Grands Lacs ne laisse
pas présager que la situation s'améliorera d'ici les
prochaines semaines. "Le lac Ontario est 20 centimètres sous
la moyenne -un niveau record- tandis que le lac Supérieur est
55 centimètres en-dessous de la moyenne. On a un certain
contrôle sur le niveau d'eau dans les Grands Lacs, mais
actuellement, ils connaissent eux-mêmes des niveaux jamais
vus, comme le lac Ontario", ajoute-t-il. C'est qu'il existe un
barrage à Cornwall (Ontario) qui régularise le niveau d'eau du
lac Ontario et la pression des citoyens résidants des deux
côtés du barrage réclament plus d'eau. "Les gens des deux
côtés se plaignent actuellement. Mais si on ouvrait le
barrage, il y aurait plus d'eau de ce côté, alors que le lac
Ontario serait à sec", commente-t-il.
Entre 1985 et 1991, la région des Grands Lacs a connu un
réchauffement de 0,7 °C qui a eu comme conséquence de réduire
le débit d'eau dans le Saint-Laurent. Selon les chercheurs, la
température moyenne pourrait atteindre 4,5°C d'ici 2055. "On
ne sait pas exactement les conséquences qu'aura le
réchauffement climatique sur la faune et la flore", fait
savoir le chercheur. Les conséquences possibles peuvent être
l'assèchement des terres humides, une baisse de la qualité de
l'eau -car les polluants seront moins dilués- et une hausse
des matières en suspension.
Les canards, les premières victimes
Au cours des dernières semaines, plus d'une centaine de
canards morts ont été trouvés sur la rive sud du lac
Saint-Pierre. Souffrant de botulisme, une maladie causée par
de bas niveaux d'eau et une température ambiante au-dessus des
normales, Environnement Canada a demandé aux chasseurs de ne
pas abattre ni consommer les canards qui présentent des signes
de maladie ou une faiblesse. Sans compter que depuis plusieurs
semaines, il est difficile, voire déconseillé, de mettre son
bateau à l'eau dans les ports de plaisance de la région. Même
que plusieurs propriétaires de bateaux ne peuvent plus
déplacer leur embarcation.
La période critique sera au printemps 2008 puisque si l'hiver
n'est pas très froid et marqué par d'importantes
précipitations, les écosystèmes du fleuve seront beaucoup plus
affectés qu'à ce moment-ci. "Les milieux humides pousseront
vers le centre du fleuve et certaines plantes auront de la
difficulté à survivre. Les poissons et les grenouilles, par
exemple, auront des problèmes de reproduction et certains
oiseaux vivant en milieu humide pourraient être affectés",
dit-il.
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