vendredi 16 novembre 2007
Année record : 46 541 plants «sortis» du
marché
Tiré du Journal Les 2 Rives - Mardi 13 novembre 2007 - par
Patrick Turgeon
Les enquêteurs de la Sûreté du Québec (SQ) du poste de la MRC
du Bas-Richelieu ont coupé «le pot» sous les pieds des
mariculteurs au cours des dix premiers mois de 2007, récoltant
plus de 46 500 plants de marijuana dans les champs agricoles,
les boisés et dans les serres hydroponiques intérieures. Il
s’agit de la plus prolifique saison des récoltes pour les
enquêteurs depuis les débuts de l’Opération Cisaille en 1999,
créée afin de limiter la production de marijuana et
sensibiliser la population aux répercussions de ce fléau.
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Le capitaine André
Roy et le lieutenant Éric Benoît ont dévoilé, lundi
matin, le bilan de l’Opération Cisaille 2007 dans le
Bas-Richelieu. (Photo: Patrick Turgeon)
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En fait, les enquêteurs bas-richelois ont
éradiqué 46 541 plants de marijuana entre les mois de janvier
et octobre. Cela inclut les 10 000 boutures saisies au
printemps dernier dans des maisons privées, des entrepôts et
des bâtiments agricoles. C’est près de 4 000 de plus que pour
la même période en 2006, a confirmé le responsable du
programme Cisaille dans le Bas-Richelieu, le lieutenant Éric
Benoît, hier matin en point de presse. «Depuis le début de
l’année, nous avons visité 152 sites extérieurs, pour la
plupart des champs agricoles, démantelé 20 serres intérieures
et procédé à l’arrestation de 36 personnes en lien avec la
production de plants dans des serres hydroponiques. Si l’on
considère qu’un plan de cannabis à maturité se vend 2 000 $,
le montant de nos saisies se chiffre à 92 millions de
dollars.»
Certains diront que le nombre de plants éradiqués représente
un faible pourcentage des plants mis en terre, mais lorsque
sait que le cannabis est la drogue la plus vendue dans les
écoles et qu’une plantation de 100 plants peut alimenter en
joints une polyvalente de 1 000 élèves pendant deux mois, ces
saisies sont d’une importance capitale. Lutter contre
l’expansion de la production et du trafic de marijuana est une
priorité à la SQ depuis la création du programme Cisaille.
«Nous ne pourrons jamais éradiquer tous les plants de cannabis
présents sur notre territoire, mais nos efforts permettent de
passer un message clair aux mariculteurs», a ajouté M. Benoît,
alors que le directeur de poste, le capitaine André Roy,
admettait que l’éradication du cannabis est un phénomène
récurrent et très important dans notre société.
En 2007, les agents Rémi Lemoine et Yvon Farley, du poste de
la SQ du Bas-Richelieu, ont été assignés à temps plein au
programme Cisaille. Des enquêteurs du Bureau régional
d’enquête de la Montérégie, des membres du Service d’urgence
Ouest de Saint-Hubert ainsi que des policiers et enquêteurs
bas-richelois ont participé à cette récolte record. Pour
cibler les plants, le service des enquêtes du Bas-Richelieu a
effectué plusieurs heures en hélicoptère ainsi qu’en avion à
survoler la région afin de repérer les plants et les pointer
sur des plans informatisés. «Depuis cinq ans, nous utilisons
la technologie de la géomatique pour bien cibler les cultures
extérieures et les repérer une fois au sol», a expliqué le
responsable de l’Opération Cisaille 2007 dans le Bas-Richelieu
et responsable du service des enquêtes.
Des sorties payantes
Les principales récoltes de plants de cannabis ont été
effectuées dans des champs à Saint-David, Saint-Aimé et
Saint-Gérard-Majella, a ajouté le lieutenant Benoît,
soulignant aussi que d’autres saisies ont été effectuées à
Saint-Robert, Sainte-Victoire Yamaska et Sorel-Tracy.
Contrairement à l’an dernier, aucune opération Cisaille n’a
été menée dans les îles de Sorel cette année car la SQ en n’a
pas repéré lors de ses tournées en avion et en hélicoptère,
a-t-on mentionné aux représentants des médias locaux.
La plus importante saisie a eu lieu à la fin septembre, dans
le rang Saint-Pierre, à Saint-Gérard-Majella. En une journée,
les enquêteurs ont éradiqué au-delà de 5 000 plants de
cannabis dans un champ dont certains atteignaient une
impressionnante hauteur de plus de deux mètres. Aucun suspect
n’a été arrêté dans cette affaire, tout comme dans les 151
autres éradications effectuées dans des champs et boisés de la
région. «Les terres agricoles demeurent les lieux préférés des
producteurs de cannabis. On retrouve quelques productions sur
le bord des boisés, mais c’est en faible quantité. Certains
producteurs subissent encore de pressions de la part de
mariculteurs, mais la plupart ont signé le contrat social
permettant aux policiers de se rendre sur leur terre sans
permission», a ajouté le lieutenant Éric Benoît.
Les enquêteurs bas-richelois ont également réussi plusieurs
perquisitions payantes dans des bâtiments privés. Ces frappes
s’inscrivaient dans la foulée des nombreux efforts investis
depuis quelques années par les policiers du Québec afin de
contrer la production de cannabis sur leur territoire. Lors
des trois principales perquisitions menées à l’automne à des
«usines de décoccotage» des plants de cannabis, ils ont saisi
75 kilos de marijuana en vrac d’une valeur de 720 000 $, 816
grammes de haschisch, vendus sur le marché noir à un prix de
25 $ le gramme et procédé à l’arrestation de neuf personnes
qui ont depuis été traduites en justice.
«Au cours des prochains mois, nos efforts seront concentrés
aux lieux de décocottage, les serres intérieures en plus de
rechercher les vendeurs de drogue dans la rue», a-t-il
renchéri.
L’une des plus importantes perquisitions contre des
producteurs de stupéfiants a eu lieu, fin septembre, rang
Bellevue, à Saint-Robert. Ils ont démantelé une manufacture de
production de cannabis et saisi un gramme de cocaïne, 365
livres de marijuana, 426 plants de cannabis, deux briques de
haschisch, 1061 boutures, deux armes à feu et une somme
d’argent de 13 000 $.