- Communiqué de presse électoral -

Une éducation appropriée et accessible

Par François Desmarais - Candidat du Parti vert du Québec Richelieu

6 mars 2007 - Il n’y pas de doute quant à l’importance de l’éducation pour édifier une société développée et forte. Quoiqu’en disent plusieurs détracteurs, le système éducation québécois est efficace et mérite qu’on s’y attarde davantage. De la petite enfance, aux études universitaires en passant par le collégial, notre système d’éducation nécessite des réajustements pour demeurer un outil précieux de l’accomplissement de la société québécoise. Dans les lignes qui suivent, j’énoncerai les grandes lignes de la plate-forme éducationnelle du Parti vert du Québec.

L’école primaire : un lieu de découverte

L’école primaire constitue la première étape d’apprentissage des Québécois et des Québécoises et c’est pourquoi qu’il est primordial d’en faire un lieu de découvertes et de stimulation. Cette étape dans la vie de la jeunesse québécoise doit être enrichissante puisqu’elle est déterminante pour l’avenir éducationnel de chacun. L’importance ne doit pas porter sur la quantité mais bien sur la qualité de l’enseignement qui y est dispensé. Outre le débat sur le ratio enseignant/étudiants, la formation des enseignants doit être cohérente vis-à-vis de la matière enseignée, mais aussi concernant la pédagogie à employer. Pour ces raisons, un professeur ayant une formation en mathématique ne devrait pas se retrouver à enseigner l’éducation physique ou le français. L’élément est trop souvent ignoré. Pour le Parti vert du Québec, l’accent doit être mit sur l’utilisation des cinq sens du jeune élève; lui faire découvrir le monde qu’il l’entoure pour le conscientiser à l’importance de l’environnement au sens large dans lequel il baigne. Pour se faire, plus d’activité physique est requis. De plus, il est essentiel de bannir la malbouffe de nos écoles primaires. L’enseignement de saines habitudes alimentaires ainsi que l’importance de l’activité physique doit être transmis aux jeunes pour que cela soit assimilé le plus rapidement possible à leurs habitudes. Un corps sain dans un esprit sain dit l’adage populaire.

L’école secondaire : un milieu de transition

Suivant la petite école vient le temps de poursuivre la formation générale de la jeunesse québécoise à l’école secondaire. Encore une fois, l’accent des précédents gouvernements a été porté sur la quantité d’heures enseignées. Il est vrai que la moyenne d’heures en classe par rapport à la moyenne de l’OCDE place le Québec en déficit dans ce domaine, mais cela ne veut pas dire pour autant que l’enseignement est de moindre qualité ou que les étudiants réussissent moins bien. Un des problèmes reliés à l’éducation du niveau secondaire s’est révélé être la formation des enseignants principalement dans l’enseignement des langues secondes. Pour palier à ce problème, je vous propose de regarder à l’ouest et à l’est du Québec. Depuis plusieurs années, un véritable engouement pour l’enseignement du français en tant que langue seconde dans les provinces canadiennes se constate. Nous devons mettre à profit cette situation. Un système d’échange de la main-d’œuvre pour l’enseignement peut être instauré dans un sens comme dans l’autre. Accroître la mobilité du personnel en offrant un système de prime constitue sans nul doute une option forte intéressante à explorer. De cette manière, de véritables anglophones pourront enseigner l’anglais à nos jeunes et en échange, de véritables francophones enseigneront le français aux jeunes de l’ouest canadien. Nous profiterons ainsi des liens fédératifs qui nous unissent pour accentuer le partage des connaissances.

Le Collège : l’étape des choix

Il n’est pas donné à chacun de poursuivre une formation académique plus poussée. Cela ne doit pour autant constituer un obstacle à l’emploi. Pour ceux qui le désir, une formation collégiale de type pré-universitaire doit être accessible non pas selon une question pécuniaire mais bien géographique. Nous croyons au Parti vert du Québec à l’importance du réseau collégial. Le collège permet aux étudiants d’explorer l’éducation avancée et c’est pourquoi que les frais de scolarité doivent demeurer bas, sans pour autant mettre en péril la qualité de l’enseignement. Les coûts actuels que doivent assumer les étudiants pour la formation pré-universitaire ou technique au collégial n’est certainement pas un obstacle à l’accessibilité surtout lorsque le collège se situe à proximité et permet à l’étudiant de demeurer chez ses parents. Concernant le CEGEP de Sorel-Tracy, on doit absolument maintenir sa présence pour la formation pré-universitaire, mais aussi les programmes techniques qui sont uniques et/ou populaires.

L’universitaire : le summum de l’éducation

N’importe quel jeune qui s’embarque dans des études universitaires vit cette petite crainte que représente ce nouvel univers. Généralement, les étudiants doivent quitter pour la première fois leur région natale et sont inquiets vis-à-vis de ce défi. Il a été amené à plusieurs reprises et de manière fallacieuse que les frais de scolarité constituaient un obstacle à la poursuite des études post-secondaires. Or, une constatation s’impose. Le Québec a, et de loin, les frais de scolarité les plus bas en Amérique du Nord, le système de prêts et de bourses le plus généreux, mais le taux de diplomation le plus faible. Réduire, voire même abolir les frais de scolarité mettrait en péril notre réseau universitaire.

Le système universitaire québécois est probablement le plus bel équilibre qui existe entre qualité, accessibilité et performance des réseaux universitaires en Amérique du Nord. Certes, il existe des pays où il n’y a pas de frais de scolarité, mais ces comparaisons nécessitent une mise au point. L’exemple de la France est souvent ramené au devant de la scène. Au sein de l’Hexagone, il y a deux systèmes universitaires distincts : un privé et l’autre publique. Le système publique français, malgré sa gratuité ou presque, n’est absolument pas comparable avec le système québécois par rapport aux services offerts aux étudiants. On y retrouve généralement une maigre bibliothèque contenant seulement des ouvrages dans la langue de Molière, sans aucun ouvrage spécialisé provenant d’un autre pays. Alors que, par exemple à l’Université de Montréal, on y retrouve 17 bibliothèques avec un large éventail d’ouvrages dans plusieurs langues. Ce n’est pas seulement au niveau des bibliothèques que se distinguent les universités québécoises des universités publiques françaises, mais aussi concernant l’accessibilité à des moyens technologiques.

Nos universités possèdent un important parc informatique avec l’accès Internet pour tous. Ce qui n’est pas le cas des universités publiques françaises. En instaurant le gel des frais de scolarité en 1995, le Parti québécois a fermé les valves aux universités afin de s’assurer du vote de la clientèle étudiante. Cette mesure purement électoraliste n’a en aucun moment été comblé par un autre source de financement, qu’elle soit gouvernementale ou privée. Ce gel est survenu au pire moment imaginable pour le réseau universitaire. Effectivement, les universités québécoises étaient alors afférées à procéder à ce que j’appelle, la révolution des affaires académiques et technologiques. Afin de combler le manque d’argent pour parvenir à informatiser le réseau universitaire, les universités ont dû procéder à des hausses des frais afférents. Ces frais afférents sont en quelques sortes des frais déguisés que les étudiants découvrent en recevant leur facture après que la session soit commencée.

Le Parti vert du Québec croit qu’il est prématuré de dégeler les frais de scolarité dans la mesure qu’aucune consultation préalable n’a été faite. L’annonce libérale, effectuée une semaine avant le déclenchement des élections, a eu pour but de placer les étudiants devant un fait accompli. N’allez pas pour autant croire que la proposition péquiste est meilleure. En repoussant une fois de plus la question du financement des études post-secondaires aux calendes grecques, le Parti québécois risque d’accentuer la famine des universités. Le Parti vert du Québec propose dans son programme d’indexer les frais de scolarité et l’aide financière afin de maintenir à court terme les revenus des universités pour permettre de véritablement étudier la question. L’indexation ne solutionnerait pas le problème du sous-financement, mais permettrait de trouver une solution durable et de le faire dans le respect de chaque partie prenante.

En terminant sur cette question, j’aimerais prendre la peine de répondre à l’argument suggérant que l’éducation post-secondaire est un droit. Nous oublions souvent qu’un droit est toujours accompagné d’une ou des responsabilités. En réclamant le droit à l’éducation, les étudiants doivent accepter les responsabilités inhérentes. Quelles sont ces responsabilités ? La première est sans doute de laisser un réseau universitaire convenable pour les générations futures. En drainant les ressources pour une génération d’étudiants, ceux-ci risquent de laisser un réseau en décrépitude pour ceux qui vont suivre. Faire le choix de poursuivre des études au niveau universitaire n’est pas un choix de société comme le prétend plusieurs.

C’est un choix individuel, voire un investissement pour sa carrière. Personne ne m’a forcé à effectuer une maîtrise en science politique, j’en ai fait le choix car c’est cela qui m’intéressait et je prends les moyens nécessaires pour réussir. Ce choix me responsabilise en tant qu’individu et enlève un fardeau à la société québécoise. Lorsque l’État prend toutes les responsabilités, il ne fait que s’engager dans un engrenage dangereux pour l’avenir de sa population. Peut-on, rendu dans la jeune vingtaine, prendre en charge nos responsabilités ? Moi, j’y crois.

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