Pour
Jean-Marc Fournier, l'école est le lieu le plus structurant de
la prospérité
par Hélène Goulet - Journal La Voix - 3 mars 2007
Après le premier ministre Jean Charest, qui s'est arrêté
samedi dernier au centre-ville de Sorel-Tracy, ce fut au tour
du ministre de l'Éducation, des Loisirs et du Sport Jean-Marc
Fournier, de venir soutenir la candidature de Gilles Salvas
pour le Parti libéral, jeudi matin.
Avant la rencontre de presse, M. Fournier s'est arrêté au
Cégep de Sorel-Tracy, où il a rencontré la directrice Fabienne
Desroches, puis à la Commission scolaire de Sorel-Tracy, où il
s'est entretenu avec le président Denis Rajotte et le
directeur général Jean Morin.
J'ai eu l'opportunité de rencontrer les gens qui préparent
l'avenir de nos enfants, a-t-il déclaré au départ. Selon M.
Fournier, qui était accompagné de M. Salvas lors de la
rencontre de presse, l'école constitue le lieu le plus
structurant de la prospérité québécoise, surtout, à la veille
de départs massifs à la retraite d'ici quelques années. 40%
des entreprises possèdent des équipements de pointe ainsi que
des clients. Il ne leur manque que du personnel formé. Il y a
un grand potentiel de croissance économique qui nous attend.
M. Fournier a vanté les mérites de son gouvernement en
indiquant que 2,2 milliards de dollars ont déjà été mis dans
le budget de l'éducation durant son mandat. Selon lui, c'est
bien au-delà des 600 millions de dollars qui avaient été
injectés par le Parti québécois auparavant, a-t-il soutenu.
Par ailleurs, le ministre de l'Éducation souhaite un
rapprochement entre les réseaux scolaire et collégial, afin de
créer des passerelles entre les formations professionnelle
(secondaire) et technique (collégial), en plus de créer des
passerelles entre l'école et le milieu du travail.Il faut
trouver des moyens de mettre les réseaux en relation et on va
investir 6 M$ là-dedans, a-t-il promis. À cet égard, M.
Fournier dit avoir constaté que le rapprochement des deux
réseaux était en très bonne voie dans le Bas-Richelieu.
Une nouvelle spécialité pour le cégep
M. Fournier, qui s'est entretenu avec Mme Desroches, dit voir
d'un bon œil le projet du Cégep de Sorel-Tracy de se doter
d'une nouvelle formation en éducation spécialisée. C'est un
dossier qui se tient très bien, a-t-il assuré. Il dit
également être favorable au projet de l'agrandissement de
l'école primaire St-Jean-Bosco qui vient d'être déposé.
Par ailleurs, il a pris la défense des commissions scolaires
que le chef adéquiste Mario Dumont veut abolir. Qui va faire
tout ce qu'ils font si on abolit les commissions scolaires ?
a-t-il demandé. Selon lui, le personnel des commissions
scolaire effectue un énorme travail quotidien dans divers
domaines, que ce soit le transport scolaire, la gestion du
personnel et des listes de remplacement, etc. De plus, M.
Fournier estime que les commissions scolaires constituent un
forum exclusivement dédié à l'éducation, et où les
commissaires sont élus par la population. Si on veut que
l'éducation soit importante, ce n'est pas vrai qu'on doit
laisser tomber les commissions scolaires a-t-il soutenu.
M. Fournier souhaite d'autre part investir dans l'immobilier
scolaire, puisque bon nombre d'écoles, qui ont été construites
il y a près d'une quarantaine d'années, commencent à être
vétustes. Pour ce faire, il faut assurer une somme de 2% de la
valeur du parc immobilier, a-t-il fait valoir. Le Parti
libéral a atteint cette année ce pourcentage, a-t-il affirmé,
en injectant quelque 530 M$ de plus.
Quand un jeune ouvre la porte de l'école, il faut que ce soit
agréable. Il faut trouver tous les moyens pour que les jeunes
aient le goût de l'école, et pour contrer le décrochage. La
qualité de vie d'un élève contribue aussi à sa réussite,
a-t-il fait remarquer.
Dans un autre ordre d'idées, Jean-Marc Fournier s'est félicité
d'avoir amené l'éducation de l'anglais dès la première année,
une pratique qui fonctionne très bien selon lui. Si les
anglophones peuvent apprendre le français dès la première
année, les francophones peuvent apprendre l'anglais dès la
première année aussi. Le Parti québécois va-t-il abolir ça ?
Il s'est dit également fier d'avoir permis l'ajout d'une heure
d'ouverture quotidienne dans les écoles pour des activités
sportives et parascolaires, une autre façon de faire mieux
aimer l'école par les jeunes.
Quant à la baisse du ratio maître-élève, Jean-Marc Fournier ne
croit pas qu'une baisse de 10%, tel que promis par le PQ, soit
assez importante pour régler des problèmes. Une baisse de 10%,
sur une classe de 30 élèves, ça représente trois élèves
seulement. On ne règle pas les problèmes des enfants en
difficulté comme ça. Il faudrait une baisse de 50% pour
obtenir des classes de 15 élèves. Je suggère plutôt
d'accentuer l'aide professionnelle pour les jeunes en
difficulté, a-t-il indiqué.
Enfin, la question du dégel des frais de scolarité est bien
sûr venue sur le tapis. Pour M. Fournier, la hausse proposée
par les libéraux est acceptable, à 100$ par année durant les
prochaines années. Tous doivent apporter leur contribution. Le
PLQ investira un milliard de dollars. Nous recevrons également
un montant du fédéral, qui avait coupé les transferts en
éducation en 1994-95. Le PQ n'a jamais rien fait à ce sujet,
et c'est Jean Charest qui a rétabli les transferts, a soutenu
M. Fournier.
Enfin, les étudiants doivent aussi contribuer. Ça ne leur fait
pas plaisir, mais un gouvernement responsable doit penser à
l'avenir, a-t-il conclu. |
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