« La meilleure compétition consiste à ne pas entrer en compétition » - Philippe Rochat
par Jean Doyon

10 juin 2007 - C'était le président du Club Agro-environnemental La Vallière, et candidat de l'ADQ lors des dernières élections provinciales, Philippe Rochat qui était le conférencier invité au banquet d'ouverture de la 158e Expo-Agricole qui se tenait cette fin de semaine. Philippe Rochat a expliqué ce qu'était le Club Agro-environnemental, sa mission ainsi que sa vision de l'agriculture environnementale.

Il nous a expliqué que le « Club Agro », avait pour mission d'être les leaders du développement des connaissances en agroenvironnement dans la région. Dans les faits, le Club est un regroupement volontaire d'agriculteurs qui ont comme objectif de favoriser le développement durable de leurs entreprises en adoptant des pratiques agricoles respectueuses de l'environnement.

Les services offerts par le Cub sont divers, allant de services-conseils neutres et non liés, des services de topographies de géomatique par GPS, permettant de minimiser l'érosion des sols et la conservation de l'eau en ciblant la pose d'arrosoir et d'arrangements de berges aux endroits problématiques. Des techniques servant à ralentir l'envasement du Lac St-Pierre, (on parle de 300 000 tonnes de sédiments qui se ramassent dans le Lac St-Pierre). Des accompagnements sur la ferme, des essais collectifs pour apporter des changements pratiques et durables dans le but d'augmenter l'efficacité et la rentabilité de la ferme. Le Club fait partie d'un réseau d'avertissement sanitaire et de dépistage pour les insectes, aussi la certification du grain santé ou Agri-nature, divers services aux champs, pour contrer les parasites, etc.

Pour l'avenir, le Club Agro-environnemental veut avoir une approche plus personnelle, ferme par ferme, projet par projet. « On va devoir faire un diagnostique sur les choses que l'on peut améliorer, et nous serons en amélioration continue, mentionnait Rochat. En 2005, il s'est cultivé 300 hectares en semi-direct, c'est-à-dire qu'on a pas besoin de labourer et de dépenser de l'énergie inutilement. On sème directement sans labour. En 2006, nous avons doublé le potentiel avec 740 hectares. Notre objectif est de 6000 hectares par année de semi-directe, ce qui ferait une économie 33 $ l'hectare, ce qui représenterait une économie d'environ 200 000 $ par année. », disait-il.

« On va avantager la transition bio. Les fibres énergétiques pour ensuite les utiliser à faire de l'énergie. Fabriquer sa propre huile de Bio-Diesel à partir de l'huile de son propre soya. » Philippe Rochat mentionnait aussi qu'il en était aux premiers balbutiements d'un Club agricole, qui offrira une spécialiste qui ira sur les fermes afin d'évaluer les possibilités d'économies allant de l'ampoule jusqu'à séchoir à maïs.

« Je pense que nous devons aménager nos terres comme on aménage nos plates-bandes. Faire du jardinage sur nos terres. Nos terres ne sont boisées qu'à seulement 16% dans le Bas-Richelieu et il y a même des surfaces où il n'y a pas d'arbres. Je pense que l'implantation de haies brise-vent va être rentable. Cela baisse la vitesse des vents et augmente le rendement des cultures. Notre vision est d'avoir une agriculture à échelle humaine, respectueuse des hommes et des femmes qui la pratique, des communautés où elle s'exerce et de l'environnement qui la soutien. »

Il a par la suite ajouté que : « Le danger de la course à la productivité du Québec face aux USA, ou il était dit que le Québec doit faire face à d'énormes défis notamment en raison de la mondialisation de l'économie et la stagnation de la démocratie, la pire réponse à ces défis serait de copier nos voisins du sud, pour demeurer compétitif et plus productif. La meilleure compétition consiste à ne pas entrer en compétition, mais plutôt miser sur ce qui nous distingue et sur nos forces. »

« L'achat local est bien important et je pense que dans les prochaines années ça va être l'affaire à la mode. Il faut faire le nécessaire pour un rapprochement des producteurs vis-à-vis les consommateurs. »

Monsieur Rochat projette, au milieu de l'automne prochain, de participer à un voyage d'études en Agroenvironnement en Europe. La délégation visitera des fermes, des universités et des stations de recherche afin de comparer entre autres l'agriculture durable et l'agriculture biologique. Philippe Rochat invite les agriculteurs intéressés à se joindrent à lui, et qui sont membres du Club Agro, de communiquer avec lui avant le 30 juin 2007.

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