Au souper-conférence de la Chambre de commerce
Le président de QIT invite les fournisseurs à soutenir l'entreprise

par Hélène Goulet - Journal La Voix - 24 février 2007

QIT-Fer et Titane est compétitive et rentable. Mais la mondialisation des marchés et la présence accrue des compétiteurs africains et asiatiques, entre autres, force l'entreprise à améliorer constamment sa performance et à procéder à un repositionnement stratégique.

Pour ce faire, elle aura besoin de l'appui de ses fournisseurs, appelés à contribuer à l'atteinte de ses objectifs.

C'est, en substance, le message que lançait, mercredi soir, le président de QIT-Fer et Titane, Jean-François Turgeon, à quelque 150 gens d'affaires réunis à l'occasion d'un souper-conférence organisé par la Chambre de commerce et d'industrie Sorel-Tracy métropolitain.

M. Turgeon a en effet fait un constat inquiétant à l'effet que la division des minéraux industriels de l'entreprise mère, Rio Tinto, dont fait partie QIT, est la division la moins rentable pour les actionnaires, avec 5% de rendement. Par comparaison, sa division "cuivre" connaît une montée fulgurante à plus de 50% de rendement.

Ainsi, QIT connaît une perte de ses parts de marchés au profit de compétiteurs étrangers qui bénéficient entre autres de coûts de production moins élevé.

Avant, nous n'avions pas de concurrence, a fait remarquer M. Turgeon. Dans un tel contexte, QIT pouvait fixer ses prix selon le coût de production, plus un profit. Si le coût de production augmentait, l'entreprise n'avait qu'à ajuster ses prix.

Malheureusement, il n'en est plus ainsi aujourd'hui, à cause de la concurrence de plus en plus forte.

C'est pourquoi QIT fait face à un défi à trois niveaux.

Au niveau financier, l'entreprise devra abaisser ses coûts d'opération et rationaliser ses dépenses, tout en augmentant ses revenus (en trouvant de nouveaux marchés).

Au niveau opérationnel, l'entreprise se doit de produire à pleine capacité et de développer de nouveaux produits. À cet égard, Rio Tinto possède une mine dans l'île de Madagascar où on compte beaucoup sur le minerai pour créer une scorie révolutionnaire pour le marché. La recherche et le développement d'un nouveau produit nécessite toutefois d'importants investissements.

Enfin, la culture d'entreprise doit également évoluer, croit M. Turgeon. Rigueur et éthique, mobilisation de l'ensemble du personnel envers les objectifs, la transparence de gestion et de la communication auprès des employés, des fournisseurs et de la région en général. Changer cette culture permettra de devenir plus compétitif, espère M. Turgeon.

Par ailleurs, Jean-François Turgeon a rappelé que si l'entreprise s'est implantée au Québec, c'est en raison, principalement, parce que la province possède une énergie renouvelable à coût abordable, l'électricité. Pour l'entreprise manufacturière, l'énergie constitue le principal coût dans la production. On veut avoir un coût prévisible - par exemple, suivre l'inflation, de façon à planifier les hausses de coût, a expliqué le président.

Il y a une obligation de résultats pour QIT, a expliqué M. Turgeon, admettant que la performance de l'entreprise était plutôt décevante depuis le début des années 2000.

C'est pourquoi M. Turgeon veut faire appel aux fournisseurs afin que ces derniers adoptent une attitude similaire à celle de QIT en terme de repositionnement stratégique et de culture d'entreprise : selon M. Turgeon, la sécurité (atteindre, si possible, le degré 0 accident), l'environnement, dans un contexte de développement durable, et les liens avec la communautés constituent quelques-unes des valeurs importantes de QIT. Nous invitons nos fournisseurs à se dépasser, à travailler en partenariat basé sur l'écoute des besoin et pour faire face à la compétitivité mondiale.
Laurent Leclerc (Président régional de l'Ordre des ingénieurs du Québec), Alain Pelletier (Socomec), Claude Piché (CLD), Sylvain Simard (Député Richelieu), Jean-François Turgeon (QIT), Serge Vigneault (Fabspec), Serge Bergeron (Chambre de commerce), Marcel Robert (Ville de Sorel-Tracy).

Depuis le mois dernier, le service des approvisionnements relève directement de Rio Tinto, qui a ainsi modifié ses façons de faire, dont l'automatisation des achats, tout en optimisant le transport et en améliorant la gestion de son centre de distribution et d'entreposage.

QIT va devenir meilleure avec la concurrence, assure M. Turgeon, qui dit ne pas craindre l'avenir. On s'est pris à temps. Mais l'entreprise seule ne pourra pas relever le défi de la concurrence mondiale, admet-il. Nous voulons doubler notre production d'ici 2012, avec la même main-d'œuvre. C'est un défi pour l'ensemble : nos employés, nos fournisseurs, les décideurs et la région, a-t-il conclu.

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