Les Forges de Sorel mettent fin à leur projet
de s'installer dans la bâtisse d'Atlas
Louise Grégoire-Racicot - Journal Les 2
Rives - 24 avril 2007
La décision est tombée. À moins d'un revirement imprévisible
et majeur, la compagnie Finkl de Chicago n'achètera pas le
bâtiment des anciens Aciers Atlas pour y opérer une aciérie.
Par contre, elle a donné l'autorisation à son président
sorelois, Michel Tellier, d'examiner comment il pourrait
modifier ses installations actuelles pour augmenter sa
production annuelle.
Il a confirmé la nouvelle lundi matin soulignant qu'à toutes
fins utiles, l'acquisition du bâtiment d'Atlas ne fait plus
partie des plans de Finkl, même si l'entreprise détient
toujours une option d'achat sur cette propriété jusqu'en
juillet prochain.
"À moins que la ville de Chicago ne permette pas à
l'entreprise d'aller de l'avant avec son projet de
relocalisation de son usine dans un autre secteur de la ville
- ce qui est peu probable - ici, notre projet change", a-t-il
expliqué.
Chose certaine, le défi reste le même: produire 150 000 tonnes
d'acier par an dans les installations actuelles qui doivent
être modifiées pour y arriver.
"Si on augmente la capacité de notre fournaise, on pourrait
atteindre 120 000 à 130 000 tonnes" dit-il. "Si on ajoute de
l'équipement et agrandit notre bâtiment, on pourrait atteindre
150 000 tonnes. Ce sont les hypothèses à étudier d'ici à
l'été", a-t-il expliqué.
Ce faisant, il ne jette pas la serviette. Bien au contraire,
car il connaît le marché et est limité dans sa volonté d'en
conquérir une plus grande part par la capacité actuelle de
l'aciérie qui est de 85 000 tonnes. "Bien sûr, je suis déçu
qu'on ne procède pas en achetant Atlas. Cela nous aurait donné
plus d'espace, donc de capacité d'ajouter des équipements,
mais ce projet avait aussi ses limites. Finkl craignait
notamment les coûts qui seraient engendrés par le transport
d'acier chaud de l'usine des Forges à l'établissement d'Atlas.
Et la question de l'accréditation syndicale était aussi une
embûche qu'elle craignait."
Mais il voit d'un bon œil le fait que Finkl consente à ce
qu'il mène les études pertinentes à améliorer ses
installations actuelles. "D'ici à décembre, on devrait savoir
combien cela créera d'emplois".
Le commissaire industriel toujours optimiste
Même réaction optimiste de la part du commissaire industriel
Claude Piché, lundi matin.
Pour lui, le dossier de l'agrandissement des Forges devrait
aller de l'avant. Ce qui garantit à la région une
consolidation d'entreprise et de nouveaux emplois. "Puis il
nous reste encore l'immeuble Atlas . On est loin d'être à la
case zéro! Bien sûr, il aurait été intéressant de le vendre à
Finkl mais l'entreprise voyait les choses autrement. Et son
agrandissement générera des investissements puis des emplois.
Il faut voir comment disposer autrement de l'immeuble."
Dans un contexte où il n'y a pas d'offre immobilière, dit-il,
pour de telles constructions.
Mais cette bâtisse ne répond pas à la pénurie d'espaces
disponibles, poursuit-il. Aussi examinera-t-on désormais des
projets qui auraient pu être mis de côté le temps que Finkl
décide ou pas de l'acheter.
C'est Robert Beaudry (à droite), directeur général de
la Société des parcs et du port qui mène ce dossier, a confié
M. Piché. Et il n'était pas disponible lundi.
Chose certaine, M. Beaudry explorera toutes les avenues, a dit
M. Piché dont une rencontre avec une autre entreprise Rail
Power - qui reconvertit des locomotives - qui s'était dite
intéressée à occuper une partie de cette immense bâtisse.
"Rien, dans ce dossier, n'a été négligé pour ramener des
opérations manufacturières dans ces locaux, de notre côté et
conjointement avec d'autres. On peut toujours, pour un certain
temps, continuer de l'utiliser comme un vaste entrepôt. Et on
pourra disposer des équipements invendus dont une partie
pourrait être achetée par les Forges de Sorel. Pour le reste,
ce sont les clients qui décident quand et où ils investissent.
On ne peut que leur offrir ce qu'on a de disponible", a-t-il
conclu en disant combien il avait apprécié la collaboration
étroite des Forges et de son président dans ce dossier.
Une appréciation bien réciproque de la part de M. Tellier qui
a dit avoir été réconforté par toute l'aide reçue du milieu
dans sa démarche pour faire renaître ce grand bâtiment
industriel dont il a eu la gouverne avant sa fermeture, il y a
trois ans.
Quant au maire de Sorel-Tracy, Marcel Robert, il s'est dit
déçu de cette décision mais quand même consolé du fait de
savoir que Finkl investira dans son usine soreloise des sommes
importantes. "Ce qui la consolide. Notre scénario initial ne
fonctionne donc pas. La décision était prise ailleurs et on
peut en comprendre l'intérêt et la motivation des décideurs
qui veulent rester dans la ville qui les a toujours abrités.
Ça change le scénario de base sans enlever d'autres
opportunités. Et on repart en croisade", a-t-il poursuivi en
précisant que la Ville cherche toujours à obtenir un décret du
gouvernement qui permettra d'effacer le compte de taxes
impayées sur cette bâtisse. |
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