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Mise à Jour : 
lundi 14 mars 2005

Quand la relève entrepreneuriale se conjugue au féminin environnemental !
Hélène Goulet - Journal La Voix - «collaboration spéciale»

Pour Claire Champigny de la Ferme du rang Saint-Pierre à Sainte-Victoire, et pour Jean Paquin, du Comptoir Richelieu de Sorel-Tracy, la relève de l'entreprise familiale se conjugue au féminin, et elle se préoccupe d'écologie.

C'est en effet à leurs filles respectives, Claudine Cournoyer, ainsi qu'Éloïse et Sophie Paquin, que ces deux parents, voulant commencer à prendre tranquillement leurs distances avec le travail, ont décidé de passer le flambeau.

À l'invitation de la Chambre de commerce et d'industrie Sorel-Tracy métropolitain, du comité Femmes et ville de Sorel-Tracy, ainsi que de l'Orienthèque (anciennement Femmes et métier non traditionnel), c'est en compagnie de leurs filles qu'ils ont témoigné de leur expérience, mercredi midi, à l'occasion d'un dîner conférence qui a réuni environ 75 personnes.

C'est à la suite du décès de son mari que Claire Champigny a commencé à songer à la relève de la ferme familiale. Ça a été naturel pour moi de demander à ma fille de se joindre à l'entreprise familiale, a-t-elle indiqué.

Claudine, pourtant, avait fait ses études en design d'intérieur ! Mais suite à l'offre de sa mère, elle a réalisé que l'agriculture pouvait répondre aux valeurs et aux multiples passions qui l'habitent. Elle a donc décidé de retourner sur les bancs d'école pour compléter un diplôme d'études de gestion en exploitation d'entreprise agricole, et a embarqué son conjoint dans l'aventure.

Signe des temps, Claudine Cournoyer a apporté des nouveautés à la ferme du rang Saint-Pierre, a admis sa mère. À la traditionnelle production de maïs grain, de céréales et de soya, se sont donc ajoutés la production de produits de l'érable, la bleuetière et l'élevage de veaux de grain (sans hormone de croissance), la question écologique préoccupant plus particulièrement Claudine. La culture n'est pas certifiée biologique, mais aujourd'hui, l'utilisation de produits chimiques est pratiquement absente de leurs pratiques agricoles.

Claudine Cournoyer est également impliquée dans son milieu puisqu'elle est la présidente de la Relève agricole de Sorel. Elle a également reçu un prix d'excellence en planification des affaires. Ça prouve que tout s'apprend ! a-t-elle déclaré, disant apprécier le mode de vie rural, même dans le contexte actuel où la compétition américaine et la mondialisation affectent les entreprises agricoles québécoises.

De son côté, Jean Paquin, après avoir rappelé les débuts de l'entreprise familiale - au départ un magasin général à Saint-Robert opéré par son grand père - a indiqué que sa fille Sophie a commencé à travailler au Comptoir Richelieu en 1995, au moment où lui-même a dû prendre quelques mois de repos.

Elle venait alors d'obtenir un diplôme universitaire en gestion de la production à l'école des Hautes études commerciales (HEC).

Quant à Éloïse, qui possède un diplôme en production de pépinière de l'Institut de technologie agricole de Saint-Hyacinthe, elle est entrée au service de l'entreprise en 1999.

Elles n'ont pas joint l'entreprise familiale par obligation, a précisé M. Paquin, qui a été heureux de pouvoir déléguer certaines responsabilités au fil des ans.

Il a également fait confiance à ses filles qui ont suggéré plusieurs nouvelles façons de faire. Par exemple, le chauffage par géothermie, suggéré par Éloïse, constitue une solution écologique très efficace et très avant-gardiste, a avancé M. Paquin.

Les compétences de ses deux filles sont complémentaires, croit-il également.

Ce à quoi acquiesce Sophie Paquin. Plus jeune, je voulais faire mon propre chemin, et j'ai donc travaillé ailleurs. Mais quand mon père a dû arrêter de travailler pour quelque temps, je lui ai proposé de travailler au sein de l'entreprise. Du jour au lendemain, j'ai découvert ma passion, et quand mon père est revenu au travail, je lui ai demandé une petite place !

La fille du patron a dû, d'ailleurs, faire sa propre place face à l'équipe d'employés. Je n'avais pas le droit à l'erreur, il fallait que je sois là non parce que je suis la fille du patron, mais parce que je suis compétente, a-t-elle précisé, ajoutant qu'en prenant la relève, elle a dû imposer peu à peu sa vision de gestion.

La question environnementale est également au cœur des préoccupations d'Éloïse (qui n'a pu participer à la rencontre, cette semaine), a précisé Sophie Paquin, qui dit pouvoir espérer sous peu obtenir un certificat d'autorisation de culture biologique à leur ferme de Saint-Robert.

Ceci dit, Sophie Paquin a précisé qu'elle et Éloïse étaient d'abord et avant tout des mères de famille.

C'est pourquoi, semble-t-il, elle a l'air bien fière de son bébé : notre centre-jardin est le plus beau au Québec ! a-t-elle affirmé avec un grand éclat de rire. 

 

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