Ils soutiennent avoir rencontré le maire de Nicolet
avant la réunion de la Table des élus du lac Saint-Pierre
« Je ne dis pas qu’il n’y a pas une diminution de perchaudes dans le
lac, mais que nous avons les fonctionnaires et les élus contre
nous depuis le début! »
-Gilles Buissière, pêcheur commercial
par Joey Olivier - Journal L'Annonceur - «
collaboration spéciale »
La parution de l’article concernant la volte-face de
cinq élus siégeant à la Table
des élus du lac Saint-Pierre
concernant le rachat de permis de pêche commerciale a suscité de
vives réactions dans le milieu. Un pêcheur commercial, Gilles
Buissières, ainsi que le biologiste Claude Lemire, consultant pour
l’Association des pêcheurs commerciaux du lac Saint-Pierre, ont tenu
à rencontrer le représentant de L’annonceur afin de faire
connaître leur point de vue.
« Je ne dis pas qu’il n’y a pas une diminution de
perchaudes dans le lac, mais que nous avons les fonctionnaires et
les élus contre nous depuis le début! », a déclaré M. Buissière qui
déplore que le rapport Thibault ne tienne pas compte des cormorans à
aigrettes, une espèce d’oiseau qui consomme une quantité
considérable de poissons –surtout la perchaudes- chaque année. Quant
à M Lemire, il soutient que les pêcheurs sont tenus à l’écart des
discussions : « Il n’y a plus de lien de communication entre les
fonctionnaires et les pêcheurs. Pourtant, les gens qui sont au
courant de ce qui se passe sur le lac Saint-Pierre, c’est eux! Ils
sont là à tous les jours et c’est déplorable qu’ils ne soient pas
consultés », a déclaré le biologiste.
La lettre…
Les deux représentants ont remis une copie de la
lettre qui a été remise au maire de Nicolet, Clément Dubois, en
soutenant qu’ils ont été consultés avant la réunion des élus et non
après, contrairement à ce que certains laissaient entendre. En fait,
ils soutiennent que le maire de Nicolet a bel et bien pris contact
avec eux après le vote de la proposition relié au rapport
« Thibault », moment où M. Dubois aurait constaté son erreur.
Rappelons que la proposition qui a été votée lors de
la réunion de la Table des élus du lac Saint-Pierre autorisait « la
pêche hivernale durant la période du 20 décembre au 10 mars »,
interdisait « l’utilisation de dandinette », diminuait « le nombre
autorisé de « brimbales » de 10 à 5 par pêcheurs » sportifs,
prévoyait « le rachat minimal du nombre de permis nécessaire
(incluant les équipements de pêche sans rétrocession ou revente de
ceux-ci) pour atteindre 65 % des prélèvements ». Malgré que cette
partie de la proposition ait été votée, c’est ce 65% des
prélèvements qui a fait rebrousser chemin aux maires en question.
En désaccord avec le rapport « Thibault »
Dans la lettre qui a été remise au maire de Nicolet
par l’Association, on peut y lire que les pêcheurs ne sont pas en
accord avec la méthode d’évaluation des stocks de perchaudes dans le
lac Saint-Pierre : « Le modèle (Ricker) utilisé pour calculer
l’effet d’une réduction de la mortalité par la pêche a été conçu
pour des lacs fermés, ce qui n’est pas du tout le cas du lac
Saint-Pierre qui est situé dans le couloir fluvial ». M. Lemire a
spécifié que les poissons évalués dans le rapport Thibault sont des
« poissons de papier » puisque la méthode ne collerait pas à la
réalité. Quant aux rachats de permis de pêche, ils suggéraient au
maire « un rachat, sur une base volontaire, de douze pêcheurs
maximum ». Selon M. Lemire, le rapport Thibault informe que les
mesures prisent au cours des dernières années donnerait leur plein
résultat qu’à la huitième année. C’est donc dire que les effets des
importantes mesures restrictives de 1999 à 2004 ne se sont pas
encore fait sentir, croit-on.
Les impacts du Cormoran?
Le pêcheur commercial, Gilles Buissière, fulminait
lors de l’entrevue avec le représentant de L’annonceur,
avec en main, une étude réalisée par la Direction de
l’aménagement de la faune de la Mauricie et du Centre-du-Québec
révélant des résultats significatifs sur les impacts du cormoran à
aigrettes sur les stocks de poissons dans le lac Saint-Pierre. Cette
étude, document de régie interne présenté par un groupe de quatre
chercheurs le 21 novembre 2003, révèle que « près de 70 tonnes de
perchaudes ont été prélevées par le cormoran au lac Saint-Pierre en
2002, c’est-à-dire du 23 avril au 18 octobre ». Ces 70 tonnes de
perchaudes représentent 73% de l’alimentation du cormoran.
La population de cormorans à aigrette a augmenté
considérablement depuis que des structures de béton ont été mises en
place par Transports Canada afin de stabiliser les couverts
de glace en hiver et ainsi réduire les risques et les fréquences des
inondations. Le 28 juin 2001, les chercheurs ont visité ces îlots
rocheux et ils ont constaté la présence des cormorans nicheurs sur
huit des onze îlots rocheux. Selon l’étude, le nombre de cormorans
au lac Saint-Pierre atteint plus de 4000 oiseaux vers la fin de
l’été et pendant l’automne.
Joey Olivier