Entrevue
Depuis le début, on sait que le projet du
Marché Richelieu obtient l’appui des gens –Denis Marion
par Joey Olivier - Journal
L'annonceur - «collaboration spéciale»
Denis Marion est le conseiller habilité à représenter la Corporation
du Marché Richelieu du Vieux-Sorel, fondée afin de revitaliser
l’édifice qui a été construit en 1929. Également conseiller
municipal pour la municipalité de Massueville, M. Marion a débuté sa
carrière d’organisateur en 1990 alors
pour
le Mouvement national des Québécoise et Québécois (MNQ), jusqu’en
1996. Par la suite, il a été chef de cabinet de Sylvain Simard,
ministre à l’époque, et il a travaillé aux côtés de Gilles Ducceppe,
chef du Bloc québécois jusqu’en 2003. S’il a décidé de s’installer
dans la région de façon permanente, selon ses dires, c’est qu’il
sentait un souffle de relance dans la région. Depuis 2004, il agit
comme consultant pour le projet de relance du Marché Richelieu.
La Corporation et la Ville de
Sorel-Tracy ont annoncé le 13 avril dernier que les travaux de
rénovation, au coût de 925 000 $, visant la revitalisation
commerciale du Marché débuteront en mai prochain en vue d’ouvrir le
nouveau Marché pour le 1er octobre. Tantôt acclamé, tantôt contesté,
ce projet a fait l’objet d’une signature de registre le jeudi 28
avril dernier, mais le nombre de signatures a été insuffisant (356
signatures) pour obliger la tenue d’un référendum. C’est dans ce
contexte que le représentant de L’annonceur s’est entretenu avec M.
Marion, visiblement soulagé, concernant le projet ambitieux du
Marché Richelieu.
(JO) Première, quel est constat de départ qui a amené la création de
la Corporation et l’idée de rénover l’intérieur du Marché Richelieu
?
(DM) L’édifice actuel est sous-exploité dans le centre-ville.
L’édifice a été construit en 1929, mais il s’agit d’un lieu
d’affaires (marché public) depuis 1813. C’est donc un édifice pour
lequel les gens ont beaucoup d’affections. La SADC, le CLD, la Ville
de Sorel-Tracy et les marchands se sont mis à travailler ensemble
pour agir.
Jeudi dernier, les opposants au projet ont appelé les citoyens à
signer le registre pour empêcher un règlement d’emprunt de 446 250 $
de la Ville pour ce projet. Le nombre de signatures a cependant été
insuffisant, comment interprétez-vous ce verdict ?
Depuis le début, on sait que le projet du Marché Richelieu obtient
l’appui des gens. On n’est pas si surpris de voir qu’il y a peu de
gens qui ont tenté de bloquer le règlement d’emprunt. Selon moi, une
des raisons du succès de ce projet, c’est qu’il est devenu un projet
collectif. Il aura par ailleurs des retombés à deux niveaux, soit au
niveau du développement du centre-ville et au niveau commercial.
Sachant que plusieurs commerçants, à l’heure actuelle, ne
réussissent pas à ouvrir leurs portes tous les jours de la semaine,
par manque d’achalandage, croyez-vous que le bassin de clientèle
soit suffisant pour réussir à rentabiliser le Marché, même s’il est
refait à neuf ?
On doit être en mesure de créer un achalandage en offrant des
produits spécialisés et un environnement attrayant. Selon nos
chiffres, on dépense 91 millions de dollars en alimentation dans la
région et 6 millions de dollars sont destinés à l’alimentation
spécialisée. On vise alors récupérer 3,6 millions $ de ce montant.
Il y a une part de risque, mais on croit y arriver ! Il faut
également dire qu’on risque de créer d’autres retombées sur le
centre-ville. De façon générale, lorsqu’il se dépense un dollar dans
un marché public, deux dollars se dépensent autour (restaurant,
bars, cafés, boutiques, etc.). On cible la clientèle située à
proximité du marché, les résidants de Sorel-Tracy, de la MRC du
Bas-Richelieu et on espère également attirer les gens de Contrecoeur
et Berthier. Ce bassin représente 60 000 personnes.
En général, l’idée de revitaliser les centres-villes dans l’esprit
de conserver le cachet historique ; est-ce une mode ou il existe
vraiment un potentiel d’attraction en utilisant cette formule ?
Actuellement, c’est une tendance répandue en Amérique du Nord. Dans
les villes de taille moyenne, il y a une recherche de convivialité
en recréant un contact humain. La conclusion de cette recherche
s’est avérée être la revitalisation des centres-villes, des lieux où
se retrouvent naturellement les gens qui habitent dans une ville.
Est-ce que Sorel-Tracy est en retard par rapport aux autres villes
québécoises en matière de revalorisation de leur centre-ville ?
Le fait que nous soyons où nous sommes présentement fait en sorte
que nous bénéficions de l’expérience des autres. Avant nous, les
villes de Saint-Hyacinthe, Drummondville, Trois-Rivières, Joliette,
Sherbrooke et plusieurs autres ont emboîté le pas. Quant à nous, on
sait, en ayant vu d’autres projets de revitalisation de marchés
publics, ce qu’il faut faire ou ne pas faire. On ne refait cependant
pas le centre-ville de Drummondville, car on a choisi l’édifice que
les gens aiment le plus et qui a une signification particulière pour
eux. On a pris ce qu’on avait pour lui donner le maximum d’impact.
Étant donné que vous avez observé l’évolution des autres projets de
marché public, qu’est-ce qu’il faut faire et ne pas faire pour qu’un
projet comme celui-ci fonctionne?
Ne pas avoir de diversité est une erreur puisque la clé est de
proposer plusieurs portes d’entrée en offrant, par exemple, des
gâteaux, du pain, du poisson, etc. De cette façon, chaque personne
qui viendra au marché aura une raison particulière de le faire. Une
chose à faire, c’est d’offrir un service personnalisé, accueillant
et convivial. Je crois que les marchands qui ouvriront ici croient
déjà en leurs produits et ils en connaîtront toutes les facettes.
Vous avez déjà décidé d’ouvrir le nouveau marché le 1er octobre
prochain. Pourquoi?
Parce que la période suivant le Temps des fêtes est toujours plus
tranquille en alimentation. On veut alors que les marchands
profitent de l’achalandage de la période précédant Noël.
Parlant de l’hiver, prévoyez-vous que malgré la revitalisation du
centre-ville, la période hivernale n’est pas des plus mouvementée ?
C’est certain que l’hiver ralentit l’activité dans les
centres-villes, et ce, partout au Québec. Ce sera à nous d’être
créatifs en offrant des activités et des promotions. Ce sera le
travail de la Corporation ainsi que des marchands. On ne promet rien
à personne, car on sait qu’on devra travailler fort.
Les attentes sont élevées pour ce projet, sentez-vous une pression
supplémentaire ?
La pression existe déjà, mais on sent que les gens sont derrières
nous. Ça aide à vivre cette pression !
Joey Olivier