La vigie s’explique
par Joey Olivier - Journal
L'annonceur - «collaboration spéciale»
C’est le lundi 2 mai dernier que le comité exécutif
de l’Association de vigie municipale Sorel-Tracy a rencontré le
représentant de L’Annonceur dans le but d’exposer leurs
positions concernant deux des trois signatures de registres tenues
la semaine dernière, soit celles concernant les règlements d’emprunt
nécessitant un
emprunt de 170 000 $ pour permettre la première phase d’installation
de clôtures métalliques, de travaux d’émondage, de signalisation et
de voirie le long de l’emprise de la voie ferrée du Canadian
National (CN) entre les rues Joliette et Jean-Talon et les travaux
de rénovation et de mise à niveau des installations commerciales du
marché Richelieu, nécessitant un emprunt de 446 250 $. Dans les deux
cas, le nombre de signatures a été insuffisant pour forcer la tenue
d’un référendum ou de faire avorter les projets.
La vigie, qui affirme représenter entre 200 et 300
membres, maintien sa position concernant la revitalisation du marché
public au centre-ville. La présidente, Claire Paul, soutient même
que la date de l’ouverture officielle est de l’opportunisme
politique : « On pense que l’ouverture prévue pour le 1er
octobre, à la veille des élections, n’est pas le fruit du hasard »,
a-t-elle déclaré.
D’autres alternatives ?
Questionnés sur le sujet, les membres de l’exécutif
n’ont pas d’autres alternatives à présenter quant à la
revitalisation du Marché Richelieu, mais ils soutiennent que cet
investissement ne devrait pas être une priorité : « Est-ce qu’on a
vraiment les moyens ? Est-ce vraiment une priorité ? Et est-ce
vraiment utile ? On croit qu’on n’est pas prêt financièrement,
surtout avec les coûts qui ont été présentés », a défendu Denis
Proulx, directeur. Le trésorier, André Plante, craint également que
les produits offerts soient trop dispendieux : « Il y aura des
produits spécialisés, mais je connais la clientèle du centre-ville
et plusieurs n’ont même pas les moyens de se payer ces produits. Ils
n’ont pas tenu compte des citoyens moins bien nantis », a-t-il
expliqué.
Bien que les membres de la vigie soient d’accord sur
le besoin de refaire une beauté au marché, ils croient que des
investisseurs privés devraient assumer ce rôle : « De prétendre que
le marché va relancer la ville, c’est rire du monde ! Cela va
chasser les personnes démunies du centre-ville. Cet argent est
public et servira à des intérêts privés. Si le privé désire des
projets, qu’il paye ! Les terrasses du centre-ville ont été
construites aux frais des citoyens! », ont ajouté Mme Paul et M.
Plante. Concernant la clôture
le long de l’emprise de la voie ferrée, le coût total
de près de 350 000 $ ne fait pas l’affaire de la vigie qui soutient
que le CN aurait dû assumer ces coûts et non pas les contribuables.
« Suite au référendum sur la revitalisation du
centre-ville, le maire de Sorel-Tracy nous avait dit que s’il
n’avait pas de subventions du fédéral ou du provincial, il
abandonnerait le projet du marché », a fait savoir François Gaboury,
directeur. Rappelons cependant que la
ministre des Affaires
municipales et des Régions, Nathalie Normandeau, a confirmé
l'engagement financier du gouvernement provincial dans le projet,
mais aucun chiffre n’a encore été dévoilé.
Une association mal perçue ?
« Nous sommes des adversaires politiques, oui, mais
pas des ennemis ! On n’est pas des démagogues ou des empêcheurs de
tourner en rond », a déclaré M. Gadoury. La vigie a par ailleurs
souligné qu’elle ne conteste pas tous les dossiers municipaux, comme
certains le laisseraient entendre. « Nous n’avons pas contesté le
projet de reconstruction de la piscine municipale, du parc Maisouna
ou l’achat du terrain du ministère du Transport. On essaie toujours
de nous abaisser ou de nous ridiculiser publiquement », a ajouté
André Plante. Rappelons que la vigie s’est vivement opposée au
projet de revitalisation du centre-ville et M. Gaboury a qualifié
cette démarche comme étant « farfelue ». Les membres du comité ont
également laissé entendre que les médias locaux ne les traitent pas
toujours équitablement : « Ils ne présentent pas assez notre point
de vue, même que certaines de nos lettres ouvertes n’ont jamais été
publiées », a conclu Claire Paul.
Joey Olivier