Lors de la dernière séance du
Conseil des maires
Les producteurs agricoles monopolisent
l’attention
Par François Beaudreau - Journal L'annonceur -
«collaboration spéciale»
Lors de la dernière séance du Conseil des maires de la M.R.C.
Nicolet-Yamaska, le 21 avril dernier, un groupe d’une cinquantaine
de producteurs agricoles et des sympathisants a monopolisé la
période de questions pour remettre en cause l’évaluation des
bâtiments agricoles et de la taxation excessive qu’elle
entraînerait.
À mesure que la séance régulière du Conseil des maires progressait,
un nombre croissant de personnes s’entassait dans l’espace réservé
au public. Tous ces gens ont attendu la période de question pour
faire état de leur préoccupation, qui ne figurait pas à l’ordre du
jour. Des échanges vigoureux ont ainsi eu lieu entre les
représentants municipaux et les producteurs agricoles.
Les producteurs demandaient entre autres l’annulation des frais de
demande de révision. Selon eux, les bâtiments agricoles seraient
surévalués et cette situation serait généralisée à l’ensemble du
territoire de la M.R.C. «Les bâtiments agricoles sont surévalués, a
soutenu Jacques Corriveau, vice-président de la fédération de l’U.P.A.
Centre-du-Québec. L’an passé, on a connu un problème semblable avec
l’évaluation des terres agricoles. Un fonds de terre évalué à 250
000 $ a été ramené à 60 000 $ après la révision. Ce qu’on veut,
cette année, c’est un règlement collectif.»
Une rencontre qui ne permet pas de dénouer la crise
Devant cette démonstration, le préfet de la M.R.C., Raymond Bilodeau,
a réagit avec prudence : «Il faut distinguer entre une situation
réelle et un moyen de pression. Il nous faut voir avec le directeur
général s’il s’agit d’un problème généralisé avant d’aller plus loin
en avant.» Il a alors suggéré la tenue d’une rencontre entre des
représentants des municipalités et des producteurs agricoles.
Cette rencontre a eu lieu mardi dernier, le 26 avril, et n’a pas
permis de dénouer la crise. «Nous avons présenté un portrait global
de la situation, explique Donald Martel, directeur général de la
M.R.C. Nicolet-Yamaska. On s’est aperçu que la valeur pour les
bâtiments agricoles avait augmenté deux fois moins que pour les
résidences. Dans ces circonstances, on ne peut raisonnablement pas
recevoir la demande d’annulation des frais de révision des
producteurs.»
Un nombre important de demandes
Compte tenu des circonstances, les producteurs avaient jusqu’à la
fin du mois d’avril pour déposer leur demande de révision de
l’évaluation foncière. Les frais liés au dépôt d’une demande de
révision sont établis en fonction l’évaluation foncière et doivent
être acquittés par le propriétaire qui dépose une telle demande.
«Nous avons reçu 110 dossiers, souligne Donald Martel, ce qui
représente entre 50 et 70 propriétaires. Tous ces dossiers seront
traités avec diligence.»
Des relations difficiles
Cette situation illustre une fois de plus la difficulté à établir un
climat d’harmonie entre le monde municipal et les producteurs
agricoles, notamment au niveau de la répartition des taxes
municipales. Le 7 avril dernier, le ministre de l'Agriculture, des
Pêcheries et de l'Alimentation, Yvon Vallières, présentait le projet
de loi 93 qui prévoit de nouvelles règles quant au remboursement de
taxes foncières et de compensations pour services municipaux, dont
bénéficient les exploitations agricoles.
Le député de Nicolet-Yamaska à
l’Assemblée nationale, Michel Morin, n’a pas tardé à émettre des
doutes vis-à-vis du projet de loi : «L’ensemble de la fiscalité
agricole est à revoir. Le projet de loi ne va pas assez loin. On
espère que le gouvernement respectera sa promesse que ce projet de
loi là ne soit que transitoire et que la fiscalité agricole soit
entièrement révisée d’ici le 1er janvier 2006 pour le bénéfice de
l’ensemble de nos collectivités rurales et au premier chef, de nos
agriculteurs et agricultrices.»