Entrevue avec le président du
Festival de la gibelotte de Sorel-Tracy
« C’est tellement gratifiant durant le
Festival de voir ce que l’on a réussi à faire! »
-Sylvio Bouchard
par Joey Olivier - Journal
L'annonceur - «collaboration spéciale»
Cet homme d’affaires préside le
Festival de la gibelotte depuis 1998. Auparavant impliqué dans
l’organisation, il est alors derrière le plus gros événement
régional depuis de nombreuses années. Après quelques démêlés avec un
homme d’affaires du centre-ville et une menace d’injonction, en
2003, le comité organisateur décida de déménager le Festival du
centre-ville de Sorel-Tracy à l’arrière du Colisée Cardin, site
utilisé par l’Expo agricole. L’année dernière, le Festival aurait eu
un
manque à gagner de 8000 cartes d’accès et l’année budgétaire
s’est bouclée de justesse, mais M. Bouchard soutien que la
température maussade y était pour beaucoup. C’est donc cette année
que le Festival vivra sa deuxième année d’existence sur son nouveau
site. La pression est forte, les attentes élevées, mais le
président, comme plusieurs autres membres du conseil
d’administration, a décidé de « rester dans le bateau » malgré les
nombreuses critiques de certains festivaliers qui n’apprécient pas
le nouveau site, moins champêtre que le centre-ville.
Le représentant de L’annonceur s’est entretenu avec M. Bouchard, au
lendemain de la conférence de presse annonçant la programmation
2005.
Au lendemain de la conférence de presse (11 mai dernier), avez-vous
confiance que la 28e année sera un succès?
Si je me fis aux commentaires, la réaction des gens présents
(journalistes, commanditaires, etc.) a été très bonne. Je crois que
les changements apportés, surtout en fin de soirée, sont appréciés.
Ressentez-vous plus de pression cette année, étant donné que les
gens connaissent le nouveau site, comparativement à l’année dernière
où plusieurs venaient tout simplement par curiosité?
Non, je ressens beaucoup moins de pression puisque la page est,
selon moi, tournée. On connaît le site et on s’y sent chez nous.
Pour que la tradition naisse sur le nouveau site, on doit compter
trois ans. Quant au site lui-même, on connaît mieux ses faiblesses
et on a agi en conséquence. Dès que les gens arriveront sur le site,
par la rie victoria, la Place SAQ et la Place de l’enfance seront
plus rapprochés de manière à ce que l’atmosphère soit plus
chaleureuse.
Il n’est donc pas question de retourner l’événement au centre-ville
?
On ne peut pas revenir en arrière. On avance, il faut évoluer et
c’est normal que certains soient encore réticents à ce changement.
Je me souviens que l’année où nous avons déplacé la scène principale
du carré royal à la Place Charle-De-Montmagny, plusieurs personnes
ne l’acceptaient pas, mais l’idée a finalement gagné tout le monde.
Moi aussi, j’appréciais l’atmosphère du centre-ville, mais on ne
peut plus y retourner. Est-ce qu’on annule un festival parce que ne
peut pas demeurer à un endroit? Je crois que non. Il faut dire aussi
que nous manquions de place au centre-ville pour la tenue des
spectacles et des activités.
Depuis le 25e anniversaire du Festival, en 2002, vous avez habitué
les gens à de grands noms sur la scène principale et, cette année,
vous ne faites pas exception. Est-ce devenu une tradition?
Nous avons habitué les gens à la qualité sur la scène. Il faut
cependant dire que la qualité dépend aussi de la disponibilité des
artistes. On tente d’équilibrer la programmation et je crois que
cette année, la programmation est plus jeune.
L’année dernière, moins de gens ont acheté la carte d’accès. Vous
maintenez que la température y a été pour beaucoup dans cette
diminution?
Je suis conscient qu’il eut moins de gens l’année dernière, mais «
oui » la température y a été pour beaucoup. Je me souviens qu’à
notre 24e Festival, la température avait été des plus maussade. À
l’époque, nous avions un manque à gagner de 450 000 $. Il faut
savoir que la pluie détermine l’achalandage provenant des gens de
l’extérieur de la ville. L’année dernière, on a mis le paquet, et le
premier soir a été marqué par la pluie. C’est le premier jour qui
détermine, bien souvent, l’allure d’un festival extérieur. Quant au
site, il est différent, mais le Festival de la gibelotte demeure un
endroit où les gens aiment se donner rendez-vous.
Sylvio Bouchard, vous êtes dans l’organisation depuis de nombreuses
années et vous êtes président depuis 1998, pourquoi vous impliquer
autant dans ce festival?
Ma motivation est celle du défi! J’ai accepté la présidence lors du
20e anniversaire et, à ce moment, tout était rôdé, je suivais alors
la routine. On a déménagé la scène principale à la 22e année, on a
ensuite préparé le 25e anniversaire du Festival et la possibilité de
déménager a fait surface. C’est donc dire que les défis n’ont pas
manqué !
Vous n’avez pas songé à quitter le comité dans les tumultes ?
Si je suis encore là aujourd’hui, c’est que je ne quitte pas le
bateau lorsqu’il prend l’eau! Quelques membres du comité ont pensé
quitter cette année, mais on a décidé ensemble de poursuivre encore
cette année et assurer la relève. C’est tellement gratifiant durant
le Festival de voir ce que l’on a réussi à faire. Si je décide de
quitter ce festival, je vais faire quoi! (Rire). C’est le plus gros
événement de la région! Il y a des gens qui planifient leurs
vacances estivales en fonction du Festival, c’est donc dire que
l’événement même fait partie de notre environnement social.
Quel serait le pire scénario pour le Festival en 2005?
Je crois que ça ne peut faire autrement qu’être gagnant. Le site est
peut-être moins pittoresque, mais la qualité des spectacles demeure,
la gibelotte, la restauration et les activités familiales demeurent.
Vous avez choisi la thématique de l’histoire de la région cette
année, pourquoi?
Nous avons reçu quelques suggestions et on s’est rendu compte que
nous étions une ville d’histoire. Cette histoire, il faut en parler
et notre objectif est de la faire découvrir ou redécouvrir au
festivalier.
En terminant, quelle est votre prédiction pour le 28e Festival?
Si Dame Nature est avec nous, je souhaite le succès et une longue
vie à notre Festival!
Joey Olivier