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Mise à Jour : 
dimanche 19 juin 2005

Irrégularités administratives au Conseil de bande d’Odanak
Le chef Gilles O’Bomsawin lève le voile


Par François Beaudreau
- Journal L'annonceur - «collaboration spéciale»

En mars dernier, le Conseil de bande d’Odanak avait mandaté une firme externe pour enquêter sur des irrégularités administratives, mises au jour par une conseillère, Claire O’Bomsawin. Depuis, le Conseil de bande a convoqué deux assemblées spéciales, dont la dernière a eu lieu le 27 mai dernier, dans le but d’informer les membres de la communauté sur le déroulement de l’enquête. Le Conseil de bande a alors procédé au licenciement du personnel administratif, sept personnes en tout.

Les activités du bureau du Conseil de bande n’ont toutefois pas été interrompues puisqu’on a procédé à l’embauche de remplaçants sur une base temporaire jusqu’à ce que les postes soient de nouveau comblés. Le Conseil de bande a confié la recherche de nouveaux employés à une firme externe spécialisée en ressources humaines.

Un contexte particulier
Le 10 juin dernier, le chef Gilles O’Bomsawin faisait le point sur les irrégularités relevées dans l’administration du Conseil de bande. Il explique comment de pareilles irrégularités ont pu se produire à l’insu du Conseil de bande : « Sur les mille deux cents membres inscrits, au moins neuf cents d’entre eux vivent en dehors de la réserve. Ils ont droit à la plupart des programmes, sauf l’aide à l’habitation, bien entendu. Ça devient extrêmement difficile de tout contrôler à la perfection. » Quant à l’ampleur des irrégularités en question, le chef refuse de rendre public les montants en cause. Tout au plus, il dira que l’enquête externe aura permis jusqu’à maintenant de retracer des irrégularités pour une valeur variant entre 1 % et 2,5 % du budget total du Conseil de bande d’Odanak et ce, pour toute la période ayant fait l’objet de l’examen.

Dérive médiatique
Estimant que le traitement journalistique dont font l’objet les Premières Nations est souvent teintée de préjugés, le chef du Conseil de bande dit craindre une dérive médiatique : « Les médias aiment souvent déformer nos problèmes. Et quand ça se produit, c’est toute la communauté qui en souffre. Les médias ne connaissent pas les Premières Nations. On voudrait parler d’une crise à Odanak. Mais quelle crise ? Il faut faire attention aux mots qu’on choisit. C’est une affaire d’administration à l’interne. Les Abénakis ne sont pas reconnus pour être des fauteurs de trouble. Les services continuent à être rendus à nos membres, et le Conseil de bande continue à gérer. Mais dans toute cette affaire, c’est la confiance des membres de la communauté et du Conseil qui a été ébranlée. »

Des élections en novembre
Quant au prochain rendez-vous électoral en novembre prochain, Gilles O’Bomsawin a réaffirmé son intention de briguer les suffrages. « J’y ai réfléchis, dit-il, et je pense que je dois rester pour conduire ce dossier jusqu’au bout. Je serai là pour les prochaines élections. »
En attendant l’échéance électorale, l’actuel chef du Conseil de bande, qui a été élu une première fois en 1993, estime être confronté avec le mécontentement de plusieurs membres de la communauté, qui lui reprochent de ne pas avoir été assez sévère avec les sanctions appliquées suite aux résultats de l’enquête externe.

Légendes photos

Ce qu’ils pensent du comportement des élus dans ce dossier
Propos recueillis par Theresa Watso

Monique Nolett Ille :
Un comportement extrêmement décevant, surtout de la part du chef qui semblait plus vouloir protéger les fautifs que de prendre les sanctions qui s'imposaient pour les punir.

Guy Trudeau :
Les élus doivent servir la population honnêtement avec transparence et justice. S’ils avaient appliqué ces principes, nous ne serions pas rendu à ce point. Ce sont les fruits qu'ils ont semés.

Barbara Watso :
Je suis très déçue de la plupart de nos élus et c'est une honte pour la nation Abénakise.

Jean-Marc Normand :
Bravo à toi, Claire. Il était grand temps que ça cesse. C'est une situation complètement dégradante. Tant qu'aux autres, ils devraient peut-être laisser leur place pour des nouveaux qui vont prôner l’intégrité.

 

 

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