Entrevue avec Martin Laroque
Tête-à-tête avec M. Bas-Richelieu
par Joey Olivier - Journal
L'annonceur - «collaboration spéciale»
Difficile de s’arrêter sur un seul sujet lors d’une
entrevue avec Martin Larocque. Le représentant de L’annonceur
l’a rencontré dans le charmant décor de sa résidence, située à
St-Robert. On pourrait facilement l’appeler; M. Bas-Richelieu,
depuis qu’il est revenu
dans
sa région natale, en 2002. Bénévole pour le Festival de théâtre pour
les élèves du secondaire et porte-parole pour le Festival de la
gibelotte à Sorel-Tracy, comédien au Théâtre du Chenal-du-Moine dans
la pièce « Aux petits oignons », à Sainte-Anne-de-Sorel,
conférencier sur le thème de l’estime de soi et président sur le
conseil d’établissement de l’école d’un de ses fils, il est partout!
Le comédien, le communicateur et le père de famille. C’est ça,
Martin Larocque!
(JO) Probablement qu’on te
l’a posée souvent celle-là, mais pourquoi as-tu choisi de t’établir
à Saint-Robert, en 2002?
(ML) La maison! J’ai aimé la maison. On cherchait
partout au Québec et je me suis retrouvé, par hasard, dans ma région
natale. J’ai grandi ici, j’ai été au primaire, à la maternelle, au
secondaire. Ma première pièce de théâtre semi-professionnelle, je
l’ai joué au Théâtre du Marché un rôle de « poignée de porte »,
c’est-à-dire un portier, je crois.
C’est la troisième année tu es de la distribution en
théâtre d’été au TCM. Existe-t-il une différence fondamentale entre
le théâtre d’été et ce que tu fais habituellement en tant que
comédien ?
Il n’y a pas de différence, sauf en ce qui concerne
le contexte. On se produit dans une période estivale, les gens
viennent nous voir pour se divertir. Dans mon cas, le théâtre est à
deux pas de chez moi, ce qui me permet de passer mes journées avec
mes fils. Je suis très gâté pour ça ! Par ailleurs, pour moi, une
comédie ou un drame sont la même affaire, car le but est de se
divertir. Brailler au théâtre est aussi agréable que de rire pour
moi !
Père de trois garçons, vous n’avez jamais caché ton
engagement profond envers ta famille. Toujours aussi « paternel » M.
Larocque ?
Oui, de plus en plus de gens me l’expliquent par son
signe astrologique (cancer). Je sens un besoin d’être à la maison et
je trouve mon équilibre là-dedans ! Avoir des enfants, ce n’est pas
de tout repos, mais lorsqu’on l’on choisit, le défi d’être parent
devient « trippant ». Je suis aussi conférencier depuis plusieurs
années sur l’estime de soi et j’en suis venu à rencontrer des
groupes d’hommes. Chaque fois, lorsque les hommes font allusion à
leur estime, il y a un lien avec la paternité. C’est ainsi que j’en
suis venu à chercher des définitions sur les transformations dans
les rapports homme-femme en famille. Je ne suis pas quelqu’un qui
cherche à comprendre les grandes questions existentielles, mais les
questions pratiques, plus terre-à-terre.
Quelles questions interpellent Martin Larocque ?
Je questionne beaucoup les couples en tant que
parents. Exemple ? Quand tu es parent, je ne crois pas que c’est la
vision de ton éducation qui se rencontre, mais la vision que
l’enfant a lui-même de son enfance qui rencontre notre vision de
l’enfance. Il y a également la question du choix. Dans la vie, on
peut toujours choisir ce que l’on veut devenir. « Êtes-vous où vous
voulez être? » Est le titre de ma conférence justement. J’haïe
entendre les gens qui subissent la vie. Si tu rates ta vie, c’est de
ta faute. Les gens sont forts là-dessus, c’est-à-dire de mettre la
faute sur la société, les parents, les écoles, etc. C’est très
simple finalement. Si tu chiales contre ta région, qu’il n’y a rien
à y faire, qu’il n’y a pas de job, etc. Ben… change de région ! Je
ne réinvente pas la roue. Je me souviens d’un vieux monsieur qui,
lorsque j’eu terminé une conférence, a lancé à l’auditoire : « Ouin,
on a rien appris ce soir ! (Silence), mais maudit que ça fait du
bien de se le faire dire ». J’ai alors compris ce que j’apportais
aux gens.
Il est assez clair que la raison de tes succès est en
grande partie redevable à ton attitude générale face à la vie. D’où
te viennent ces idées de réaliser ses rêves, choisir et foncer dans
la vie malgré les risques ?
Je me souviens très clairement qu’en cinquième année,
je n’aimais pas entendre : « Tu sais, à mon âge, on ne fait plus
ça ! ». Je refuse toujours de croire à un âge tu ne peux pas faire
ça, que tu ne peux pas faire ceci et cela pour des raisons que nous
avons nous-mêmes inventées. Ça fait tellement longtemps que j’ai
cette idée. Peut-être que dans dix ans, je vais penser autrement.
Pour l’instant, être comédiens, papa, communicateur et chum c’est du
travail, mais j’ai choisi d’avoir tout ça dans ma vie.
En terminant, le Festival de la gibelotte, dont tu es
le porte-parole officiel, débutera quelques jours après la
publication de cet article. Quoi ajouter que tu n’as pas encore dit
sur l’événement que tu représentes ?
Utilisez le Festival. Les gens qui mettent en place
cet événement bâtissent des activités pour amuser les gens. Pour
moi, le Festival est un perron d’église où l’on peut se rencontrer
pour se voir, se raconter les derniers potins et festoyer. Je vais
le dire dans mon mot d’ouverture. Je le « vends » aux gens de
l’extérieur ce Festival, mais c’est d’abord et avant tout un
événement pour nous. Il faut en profiter, il est gros, il est beau
et les grands noms s’y produisent !
Joey Olivier