Le contexte préhospitalier en région, c’est aussi
composer avec les contraintes financières…
Par Joey Olivier - Journal L'annonceur
Le contexte de travail pour les ambulanciers dans des
régions comme le Bas-Richelieu, le Bas-St-François et
Nicolet-Bécancour est très différent en comparaison avec les régions
où les budgets accordés pour les services préhospitaliers sont plus
élevés. « À Montréal, il y a évidemment un bassin important de
population. Ils font environ 200 000 transports par année tandis
qu’ici, c’est entre 4000 et 5000 interventions par années, » a
mentionné le directeur des ressources humaines pour Ambulance
Richelieu, Claude Lemay.
C’est qu’en région, le nombre d’ambulances en service
est déterminé par L’Agence de développement régional de santé et des
services sociaux et le ministère de la Santé du Québec. « Ambulance
Richelieu est une compagnie privée qui doit répondre aux deux
organismes gouvernementaux. Pour déterminer le nombre d’ambulances
en service, ils analysent le nombre d’appels que nous avons reçu
l’année précédente en décortiquant chaque 24 heures de service.
Ensuite, nous devons organiser nos effectifs en conséquence, » a
expliqué M. Lemay. Cette méthode pose cependant un problème
puisqu’il y a toujours des journées impondérables. Une de ces
journées a été celle de l’accident mortel survenu le 17 août dernier
à l’angle des boulevards Fiset et Poliquin. Les deux ambulances qui
s’étaient déplacées sur place étaient de l’extérieur et cette
situation avait soulevé l’indignation de la population.
À l’heure actuelle, lorsque les trois ambulances en
service dans le Bas-Richelieu durant la journée sont occupées, la
répartitrice doit suivre un protocole de « séquence de relève ».
Cette séquence signifie que la répartitrice doit contacter des
ambulances de l’extérieur, dont la première est à Pierreville. Il
faut cependant noter que Pierreville a une ambulance en service
alors il se peut qu’eux-mêmes doivent ensuite demander de l’aide à
une autre centrale. Ce système comprend neuf étapes séquentielles
afin d’éviter le manque de véhicules. Mais ce système d’évaluation,
d’une part, et de séquence de relève, d’autre part, est loin d’être
parfait : « Le problème avec ce système est qu’une journée donnée,
il peut y avoir seulement deux appels alors que le lendemain, il y
aura six appels en même temps. Il est évidemment impensable de
mettre six ambulances en service pour le territoire, » a admis
Claude Lemay. Rappelons qu’Ambulance Richelieu dispose de cinq
véhicules et emploie 18 ambulanciers à temps pleins et 25 à temps
partiel.
Des séquences de relèves fréquentes
Lors du reportage dans l’ambulance 296, durant le
transfert d’une patiente vers Montréal, Jacques a fait remarquer au
représentant de L’annonceur qu’il était fréquent que les camions
soient tous mobilisés. « En ce moment, nous sommes en direction de
Montréal et les deux autres camions sont sur des appels. Si jamais
il y a un autre appel, la répartitrice devra appeler l’ambulance de
Pierreville. C’est le système qui est fait comme cela et il y a
toujours un 5% dans l’évaluation des appels selon l’année précédente
qui demeure impondérable, » a fait savoir Jacques Sévigny.
Le débat des 7-14
En région, il existe des quarts de travail appelés
les 7 -14 qui ne sont plus pratiqués à Sorel-Tracy, mais encore pour
le secteur de Pierreville qui relève de la région administrative de
la Mauricie. Un 7-14 consiste, pour les ambulanciers, à être en
service durant 7 jours, 24 heures sur 24. Les deux partenaires sont
alors munis d’un téléavertisseur et le chauffeur est celui qui est
responsable du véhicule. Les deux ambulanciers peuvent cependant
vaquer à leurs occupations et la répartitrice contacte directement
les ambulanciers par téléavertisseur ou radio. À partir de ce
moment, les ambulanciers doivent s’habiller, se réveiller si c’est
la nuit et l’ambulancier qui conduit le véhicule va prendre son
partenaire chez lui. Force est constater que cette méthode prolonge
inévitablement le délai de réponse. Cette méthode a été décriée par
les syndicats d’ambulanciers et il n’y a plus de 7 -14 chez
Ambulance Richelieu, comme dans la majorité des régions. Encore là,
l’argent était la cause de cette pratique puisque pour 168 heures de
services, les ambulanciers étaient rémunérés pour 80 heures, ce qui
s’avère être moins coûteux qu’une équipe d’ambulanciers payée à
temps régulier.