Les partenariats public-privé : un débat loin d’être
terminé entre le gouvernement et les syndicats
Par Joey Olivier - Journal L'annonceur
Le débat sur les
partenariats public-privé est loin d’être terminé puisqu’une une
étude indépendante commandée par le Centre de santé et de services
sociaux de Québec-Sud à la firme Mallette conclut que la Résidence
Saint-Charles de Québec coûtera 14 millions de
plus si elle est faite dans le cadre du partenariat public-privé (PPP)
plutôt qu’en mode conventionnel.
Il ressort de
l’étude que la construction et l’exploitation de la Résidence
Saint-Charles coûteraient 42,2 millions de dollars en mode
conventionnel ou 56,6 millions selon la formule PPP. Sur une période
de 25 ans, le coût de revient actualisé par lit serait de l’ordre de
430,000$ en PPP contre 320 000$ en mode conventionnel, soit 110 000$
de plus par lit. Cette étude a été rendue publique par
le SCFP et
la FTQ
le 20 janvier dernier.
Les prisons privées?
C’est le 19 janvier dernier que
Le Syndicat des agents de
la paix en services correctionnels du Québec (SAPSCQ) et le Parti
québécois ont manifesté afin de dénoncer l’orientation du
gouvernement libéral qui s’apprête à doter les services
correctionnels de la province d’un mode de gestion en partenariat
public privé. Les intervenants soutiennent que le manque de places
au sein de certains établissements de détention existants est un
faux prétexte et ne justifie aucunement l’appel à des entreprises
privées (américaines), a déclaré le président national du SAPSCQ, M.
Michel Hubert, qui prône plutôt l’utilisation d’établissements de
détention fédéraux (sous utilisés au Québec) comme par le passé
(1990) et/ou la rénovation des centres existants. Quant à Sylvain
Simard, il soutient que l’entreprise privée et la justice ne sont
pas compatibles : « La moyenne des économies permises par le
secteur privé dans le domaine carcéral se situe autour de 1 %, la
plupart obtenues grâce à une réduction des coûts de la main d’œuvre.
Si les Américains n’ont pas réussi à économiser grâce aux PPP, il
serait étonnant que ce gouvernement, tel qu’on le connaît, réussisse
à faire mieux », a affirmé le député de Richelieu et critique de
l’opposition officielle en matière de réorganisation de l’État, de
la Fonction publique et du Conseil du trésor, M.
Sylvain Simard.
La
prison privée ontarienne : des résultats encore méconnus
Du côté du Conseil du trésor, l’un des projets
présentés dans le recueil de projets sur le partenariat d’affaires
public-privé (PAPP), on présente le cas du centre correctionnel de
Penetanguishene de 1 184 places situé en Ontario. Le contrat a été
octroyé en 2001 à l’entreprise Management and Trainning
corporation. Ce contrat spécifie que le partenaire s’engage à
satisfaire et même surpasser les nouvelles normes d’exploitation des
institutions correctionnelles en Ontario. L’entreprise propose
également un tarif de 79, 45$ par détenu tandis par rapport à un
taux quotidien de 140$ par détenus dans un centre opéré par le
secteur public. La version officielle disponible sur le site du
Conseil du Trésor du Québec ne précise pas la qualité des services
offerts et les conditions de travail des agents de la paix. Il est
prévu qu’après cinq ans, l’exploitation du centre sera comparée à un
autre centre construit au même moment et opéré par le secteur
public, c’est-à-dire en mai 2006.
Joey Olivier