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Mise à Jour : 
vendredi 11 février 2005

Les partenariats public-privé : un débat loin d’être terminé entre le gouvernement et les syndicats
Par Joey Olivier - Journal L'annonceur

Le débat sur les partenariats public-privé est loin d’être terminé puisqu’une une étude indépendante commandée par le Centre de santé et de services sociaux de Québec-Sud à la firme Mallette conclut que la Résidence Saint-Charles de Québec coûtera 14 millions de plus si elle est faite dans le cadre du partenariat public-privé (PPP) plutôt qu’en mode conventionnel.

Il ressort de l’étude que la construction et l’exploitation de la Résidence Saint-Charles coûteraient 42,2 millions de dollars en mode conventionnel ou 56,6 millions selon la formule PPP. Sur une période de 25 ans, le coût de revient actualisé par lit serait de l’ordre de 430,000$ en PPP contre 320 000$ en mode conventionnel, soit 110 000$ de plus par lit. Cette étude a été rendue publique par le SCFP et la FTQ le 20 janvier dernier.

Les prisons privées?

C’est le 19 janvier dernier que Le Syndicat des agents de la paix en services correctionnels du Québec (SAPSCQ) et le Parti québécois ont manifesté afin de dénoncer l’orientation du gouvernement libéral qui s’apprête à doter les services correctionnels de la province d’un mode de gestion en partenariat public privé. Les intervenants soutiennent que le manque de places au sein de certains établissements de détention existants est un faux prétexte et ne justifie aucunement l’appel à des entreprises privées (américaines), a déclaré le président national du SAPSCQ, M. Michel Hubert, qui prône plutôt l’utilisation d’établissements de détention fédéraux (sous utilisés au Québec) comme par le passé (1990) et/ou la rénovation des centres existants. Quant à Sylvain Simard, il soutient que l’entreprise privée et la justice ne sont pas compatibles : «  La moyenne des économies permises par le secteur privé dans le domaine carcéral se situe autour de 1 %, la plupart obtenues grâce à une réduction des coûts de la main d’œuvre. Si les Américains n’ont pas réussi à économiser grâce aux PPP, il serait étonnant que ce gouvernement, tel qu’on le connaît, réussisse à faire mieux », a affirmé le député de Richelieu et critique de l’opposition officielle en matière de réorganisation de l’État, de la Fonction publique et du Conseil du trésor, M. Sylvain Simard. 

La prison privée ontarienne : des résultats encore méconnus

Du côté du Conseil du trésor, l’un des projets présentés dans le recueil de projets sur le partenariat d’affaires public-privé (PAPP), on présente le cas du centre correctionnel de Penetanguishene de 1 184 places situé en Ontario. Le contrat a été octroyé en 2001 à l’entreprise Management and Trainning corporation. Ce contrat spécifie que le partenaire s’engage à satisfaire et même surpasser les nouvelles normes d’exploitation des institutions correctionnelles en Ontario. L’entreprise propose également un tarif de 79, 45$ par détenu tandis par rapport à un taux quotidien de 140$ par détenus dans un centre opéré par le secteur public. La version officielle disponible sur le site du Conseil du Trésor du Québec ne précise pas la qualité des services offerts et les conditions de travail des agents de la paix. Il est prévu qu’après cinq ans, l’exploitation du centre sera comparée à un autre centre construit au même moment et opéré par le secteur public, c’est-à-dire en mai 2006.   

Joey Olivier

 

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