Mort du pape Jean Paul II
Plusieurs réactions de Nicolet à
Sorel-Tracy
par Joey Olivier & François Beaudreau - Journal
L'annonceur - «collaboration spéciale»
La
mort du pape Jean Paul II a continué de susciter de nombreux
témoignages, commentaires et réactions dans la région depuis
l’annonce de son décès, le samedi 2 avril dernier. Qu’ils soient
croyants ou non, plusieurs intervenants et citoyens désiraient
exprimer leurs commentaires sur Karol Wojtyla, l’homme qui accepta
le poste de pape, en octobre 1978.
Diocèse de Nicolet : hommage à l’homme d’action
Dans
une lettre pastorale adressée à la communauté diocésaine, par le
biais des communautés chrétiennes, Mgr St-Gelais a fait connaître,
par voie de communiqué, quelques traits marquants du pontificat de
Jean-Paul II : « Non seulement Jean-Paul II était-il un homme
d’action, qui a fait preuve de générosité et de détermination durant
son long pontificat, mais il était aussi un homme de prière. Avant
certaines célébrations vécues avec d’autres confrères évêques, je
l’ai vu prier avec une ferveur remarquable », se souvient celui
qui occupe aussi la fonction de président de l’Assemblée des évêques
du Québec. Selon lui, le pape avait comme force de « savoir faire
preuve d’une écoute attentive devant les gens qu’il rencontrait et
renvoyait ainsi l’image d’une Église sensible et présente à la
réalité des personnes».
Un regard frappant, selon Clément Dubois
Outre
les représentants d’institutions catholiques régionales, plusieurs
personnes ont déjà rencontré le souverain pontife. Parmi ces gens,
on compte le maire de Nicolet, Clément Dubois, qui eut l’occasion de
serrer la main du pape, en 1990, alors qu’il participait à une
délégation régionale au Vatican lors de la canonisation de mère
Marguerite d’Youville. « Lors de cette cérémonie regroupant plus
d’un millier de personnes, mon épouse et moi avions la chance d’être
assis à l’avant et c’est ainsi que j’ai serré la main de Jean Paul
II. Ce qui m’avait frappé à l’époque, c’est que cette personne avait
un regard un très spécial ! », a-t-il expliqué en entrevue
téléphonique.
Un pape près des jeunes ?
Plusieurs observateurs ont également reconnu que le pape était très
près des jeunes. Bianca Bourdeau, psychoéducatrice âgée de 26 ans et
également étudiante en Théologie à l’Université Laval, à Québec, a
participé aux Journées mondiales de la Jeunesse de Paris, en 1997,
de Rome, en 2000, et de Toronto, en 2002. « Pour avoir entendu et lu
les écrits de Jean Paul II, je peux affirmer qu’il a livré un
message profondément humain. Le texte, écrit de sa main, qui m’a le
plus marqué a été « La splendeur de la vérité » dans lequel il parle
d’une morale du bonheur », a déclaré Bianca au représentant de
L’annonceur.
Deux changements majeurs dans l’Église
D’un
point de vue théologique, la jeune étudiante considère que l’Église
aura connu deux changements majeurs avec Karol Wojtyla comme pape :
« Le dialogue interreligieux qu’il a suscité a fait en sorte qu’une
porte s’est ouverte. Par ailleurs, mes lectures, à l’heure actuelle,
me permettent de croire que la théologie de demain sera orientée ver
ce dialogue. En second lieu, son héritage sur la nature de l’être
humain est également notable chez lui », a jouté Bianca Bourdeau.
Des écrits radicaux
Bien
qu’elle ne partage pas les positions radicales –qu’elle qualifie
plus d’idéaux- de Jean Paul II sur plusieurs questions comme
l’avortement, la contraception ou le mariage gai, la jeune croyante
a souligné sa première présence à Paris en 1997 a été un point
tournant dans sa vie. « J’ai refusé à trois reprises d’aller à Paris
parce que je ne voulais pas participer à ce pèlerinage. Une fois sur
place, j’ai alors rencontré des jeunes de mon âge qui vivaient une
certaine forme d’oppression religieuse dans leur pays. C’est à ce
moment, surtout lorsque j’ai rencontré un Palestinien catholique,
que je suis devenue croyante. Depuis Paris, quelque chose de plus
profond en moi s’est installé ! » a expliqué Mme Bourdeau.
Un sujet de conversation dans les municipalités
De
Nicolet à Sorel-Tracy, les citoyens, croyant ou non, ont également
discuté amplement sur cet événement très médiatisé à l’échelle
planétaire. Les représentants de L’annonceur ont recueilli
les propos de quelques-uns d’entre eux.
Josée Roy
Sur le parvis de la
Cathédrale de Nicolet, au lendemain de l'annonce de la mort du pape
Jean-Paul II, Josée Roy a témoigné des efforts de rapprochement
œcuménique par le Saint-Père : «Ce qui m'a marqué, c’est sa volonté
de faire régner une plus grande unité avec les autres religions.»
Elle a aussi évoqué
son rôle sur le plan de la paix mondiale : «Il n'est pas le seul
responsable de la chute du communisme, mais son implication a eu un
effet important.»
Elle retient de
Jean-Paul II son charisme et sa force de caractère : «Il a marqué
les esprits avec sa fameuse phrase : "N'ayez pas peur" et ses
gestes ont suivi ses paroles.»
Lucille Lemaire
et André Fleurent
Lucille Lemaire et
André Fleurent faisaient eux aussi partie de la foule nombreuse qui
emplissait l'enceinte de la Cathédrale de Nicolet, dimanche
dernier. Après la cérémonie religieuse, monsieur Fleurent a partagé
ses réflexions : «Ce que je retiens de Jean-Paul II, c'est son
attachement aux gens et aux causes qu'il a défendu. C'était aussi
un pape qui a démontré une grande ouverture sur le monde entier, et
toujours avec un grand respect.»
Madame Lucille
Lemaire a indiqué que même s'il paraît difficile de remplacer
Jean-Paul II, les cardinaux appelés a lui choisir un successeur
sauront sûrement trouver un pape aux grandes qualités.
Claude Houde
En ce dimanche pluvieux, alors
qu’il vaquait à ses occupations, au centre-ville de Nicolet, Claude
Houde a bien voulu nous livrer ses impressions suite à la
disparition de Jean-Paul II : «Certainement l’un des papes les plus
charismatiques de l’Histroire. L’un des plus aimés et apprécié,
aussi,» a dit monsieur Houde.
«C’est aussi l’un des papes qui
a accompli le plus de choses, à mon avis, a-t-il poursuivi. On
retiendra de lui son engagement envers les jeunes qu’il a poursuivi
tout au long de son pontificat.»
Enfin, monsieur Houde conclut :
«Avec le décès de Jean-Paul II, nous perdons un homme d’une grande
qualité.»
Mireille Dupont
«Ce dimanche, je suis venue à la
Cathédrale de Nicolet tout spécialement pour lui,» confie Mireille
Dupont. «Je tenais à prier pour lui, à lui rendre un dernier
hommage.»
Elle ne cache pas qu’elle
ressent de la peine suite au décès de Jean-Paul II : «Ces derniers
jours, sa condition m’attristait. Sa maladie, sa souffrance me
touchaient. Je n’aimais pas le voir ainsi, comme on nous le
montrait à la télé, lui qui avait si fière allure.»
Elle termine en disant : «Ce
n’est pas l’image de l’homme malade et diminué que j’aimerais qu’on
garde de lui, mais plutôt celle d’un pape plein de vie qui savait
toucher le coeur des gens de tout son être.»
Thérèse Tremblay,
Sorel-Tracy
« On a perdu un bon père qui
nous parlait souvent de la Sainte-Vierge. J’ai aussi aimé l’attrait
qu’il avait pour les jeunes», nous a-t-elle mentionné concernant ce
qu’elle a le plus apprécié de l’homme de foi.
Concernant les derniers jours du
pape : « Il était difficile de le voir souffrir de la maladie. Aussi
bien quitter ce monde que de souffrir ainsi », a conclu Mme
Tremblay.
Quant à son époux, Fernand
Tremblay, il a déploré que les multiples interventions médicales
pour maintenir le souverain pontife en vie dans les derniers moments
de sa vie : « Ils n’auraient pas dû le réanimer vers la fin alors
qu’il n’avait plus rien à faire. Il méritait de partir en paix et je
n’étais pas pour ça. Il aura été un pape marquant puisqu’il a occupé
ce poste pendant près de 26 ans. » a mentionné M. Tremblay.
Ruth Potvin,
Sorel-Tracy
« Ce n’est pas que j’ai de la
peine, mais je trouve qu’il a été un bon pape. J’aimerais que le
prochain pape soit aussi rassembleur que l’a été Jean Paul II, mais
je doute qu’il soit capable de trouver un pape comme lui. », a
mentionné Mme Potvin concernant le souvenir qu’elle retiendra de
l’homme.
Elle dira également de lui qu’il
était un homme chaleureux : « J’aurais aimé le toucher ! » Elle a
cependant déploré l’envergure des messes lui étant destinées,
soutenant qu’il aurait préféré que les pèlerins prient pour les
personnes dans le besoin : « Il n’a pas besoin d’autant de messes,
car c’est un Saint ! ».
Lucie Marcotte,
Sorel-Tracy
Cette jeune femme s’est dite
touchée par sa mort et qu’elle voyait en Jean Paul II un homme
réconfortant et attrayant : « Je retiens qu’il fut un homme
charismatique. Quant à moi, je le percevais comme un bon grand-père,
c’est-à-dire un homme réconfortant qu’on avait envie de voir, de
toucher », a-t-elle déclaré.
Le fait que cet homme de foi
« apportait le bien autour de lui » est ce qui le rendit aussi
unique et apprécié à travers le Monde, selon elle.
Jean Wilson,
Sorel-Tracy
Pour lui, le pape est une
représentation d’un sage qui a fait le bien dans le monde dans une
époque où l’humanité en avait grand besoin. « C’est un être
spirituel qui a réussi à calmer les humains dans des temps de
guerres. Ces sages, on en aura de plus en plus besoin dans notre
société », a mentionné M. Wilson.
Son accessibilité à la jeunesse
ainsi que ses tentatives de rapprocher les différents peuples et
religions auront également été des actes qu’il aura retenus de Jean
Paul II.
Paule Éthier,
Sorel-Tracy
« J’ai été l’une des personnes
qui ont été à son rendez-vous en 1984, à Montréal. J’ai attendu près
de trois heures avec une amie pour réussir à le voir passer devant
nous », a mentionné M. Éthier.
Après avoir vécu cette
expérience, elle peut affirmer que le pape « n’était pas un être
ordinaire ». Elle a cependant déploré le battage médiatique autour
de sa mort : « Il y a beaucoup de publicités ces derniers jours qui
tournent autour de sa mort. Je trouve cela un peu exagéré. »
a-t-elle conclu.
Joey Olivier