Sylvain Simard
accuse Monique Jérôme-Forget de prendre les gens pour des valises
Forget répond à Simard!
Par Joey
Olivier
C’est le 1er
novembre dernier que Sylvain Simard, par voie de communiqué, a
accusé la présidente au Conseil du trésor, Monique Jérôme-Forget, de
ne pas donner l’heure juste aux groupes entendus lors de la
consultation publique sur le projet de la loi 61, concernant le
partenariat public privé.
Rejointe par téléphone, Mme Forget a répliqué ceci :
« C’est le nouveau discours qu’il tient depuis quelque temps! Je
connaissais sa nouvelle position malgré le fait qu’en 2002, il a
signé une déclaration commune de modernisation où il était question
de privatiser des services publics. De plus, il faisait partie de
ceux qui ont voté pour le projet de loi 164 sur le partenariat en
matière d'infrastructures de transport, en 2000, » s’est-elle
défendu face aux propos de Sylvain Simard.
Quant à M. Simard, il soutient que les groupes
consultés sur le projet de loi 61, appelé PPP (partenariat public
privé) ont été lésés : « Après l’audition d’une quinzaine de groupes
provenant de tous les secteurs d’activités, un constat se dégage
clairement : tous se sont fait dire par Monique Jérôme-Forget qu’ils
avaient mal lu le projet de loi ».
La privatisation : un projet incontournable
selon la ministre
Mme Forget soutient que le projet de loi 161 est
inévitable dans un contexte ou les finances publiques québécoises ne
permettent pas d’assumer les coûts : « Pour nous, il est clair que
cette démarche est inévitable à l’avenir. Plusieurs pays ont déjà
recours au privé comme l’Irlande, l’Italie, le Portugal, etc. »
Questionné sur les causes de cette détérioration des routes et
édifices, la ministre admet que les deux gouvernements, péquistes et
libéraux, précédents son mandat ont leur part de responsabilité :
« La faute va aux deux partis qui ont été au pouvoir avant nous, car
l’entretient de nos infrastructures a été négligée, » a admis la
ministre. Cependant, Sylvain Simard a rappelé qu’il est difficile
pour les groupes et citoyens de comprendre les avantages et les
orientations d’un tel projet de loi : « La Commission d’accès à
l’information et la Protectrice du citoyen font partie des
organisations qui se sont dites préoccupées par l’absence, dans le
projet de loi, de dispositions assurant l’intégrité et la
transparence dans le fonctionnement de l’Agence des PPP, » a-t-il
souligné.
De son côté, Mme Jérôme-Forget, elle a mentionné que
la dernière consultation a été instructive et bénéfique. Toutefois,
elle défend sa stratégie d’information en mentionnant que les gens
comprendront devant le fait accompli : « Nous avons déjà tenu
plusieurs consultations populaires en plus de celle qu’on a tenue
récemment. Il est clair que lorsque les gens verront les bienfaits
de ces partenariats, ils comprendront mieux. », a-t-elle expliqué.
Améliorer les relations avec le privé
« Le problème à l’heure actuelle est qu’on a de la
difficulté à évaluer les coûts lorsqu’il y a des projets
d’infrastructures mis de l’avant. Pensons au projet du Métro de
Laval qui était évalué, au départ, à 180 millions de dollars alors
que les coûts réels ont été de 800 millions. Cet écart est dû au
travail mal planifié et, avec le PPP, on veut développer une
meilleure relation. Présentement, il y a une culture de litige entre
les entrepreneurs et l’État lorsqu’une collaboration se termine.
C’est pourquoi nous voudrions un meilleur partage des coûts et des
écarts, » a conclu Monique Jérôme-Forget. Quant à Sylvain Simard, il
soutient que ce rapprochement avec le privé demeure un moyen
détourné d’enrichir certaines firmes : « Mme Jérôme-Forget doit
cesser de prendre les gens pour des valises. Le libellé du projet de
loi 61 est le fruit d’une longue réflexion menée par la présidente
du Conseil du trésor qui s’est fait assister dans cet exercice par
de nombreuses firmes privées désireuses d’augmenter leur influence
auprès de l’appareil gouvernemental. Chaque mot de ce projet de loi
a été réfléchi. Si elle est vraiment de bonne foi, elle doit retirer
le projet de loi dans sa version actuelle ou le modifier de façon à
lui donner une portée plus restreinte, » a conclu Sylvain Simard.