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mardi 16 novembre 2004

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Sylvain Simard accuse Monique Jérôme-Forget de prendre les gens pour des valises
Forget répond à Simard!
Par Joey Olivier 

C’est le 1er novembre dernier que Sylvain Simard, par voie de communiqué, a accusé la présidente au Conseil du trésor, Monique Jérôme-Forget, de ne pas donner l’heure juste aux groupes entendus lors de la consultation publique sur le projet de la loi 61, concernant le partenariat public privé.

Rejointe par téléphone, Mme Forget a répliqué ceci : « C’est le nouveau discours qu’il tient depuis quelque temps! Je connaissais sa nouvelle position malgré le fait qu’en 2002, il a signé une déclaration commune de modernisation où il était question de privatiser des services publics. De plus, il faisait partie de ceux qui ont voté pour le projet de loi 164 sur le partenariat en matière d'infrastructures de transport, en 2000, » s’est-elle défendu face aux propos de Sylvain Simard.

Quant à M. Simard, il soutient que les groupes consultés sur le projet de loi 61, appelé PPP (partenariat public privé) ont été lésés : « Après l’audition d’une quinzaine de groupes provenant de tous les secteurs d’activités, un constat se dégage clairement : tous se sont fait dire par Monique Jérôme-Forget qu’ils avaient mal lu le projet de loi ». 

La privatisation : un projet incontournable selon la ministre

Mme Forget  soutient que le projet de loi 161 est inévitable dans un contexte ou les finances publiques québécoises ne permettent pas d’assumer les coûts : « Pour nous, il est clair que cette démarche est inévitable à l’avenir. Plusieurs pays ont déjà recours au privé comme l’Irlande, l’Italie, le Portugal, etc. » Questionné sur les causes de cette détérioration des routes et édifices, la ministre admet que les deux gouvernements, péquistes et libéraux, précédents son mandat ont leur part de responsabilité : « La faute va aux deux partis qui ont été au pouvoir avant nous, car l’entretient de nos infrastructures a été négligée, » a admis la ministre. Cependant, Sylvain Simard a rappelé qu’il est difficile pour les groupes et citoyens de comprendre les avantages et les orientations d’un tel projet de loi : « La Commission d’accès à l’information et la Protectrice du citoyen font partie des organisations qui se sont dites préoccupées par l’absence, dans le projet de loi, de dispositions assurant l’intégrité et la transparence dans le fonctionnement de l’Agence des PPP, » a-t-il souligné.

De son côté, Mme Jérôme-Forget, elle a mentionné que la dernière consultation a été instructive et bénéfique. Toutefois, elle défend sa stratégie d’information en mentionnant que les gens comprendront devant le fait accompli : « Nous avons déjà tenu plusieurs consultations populaires en plus de celle qu’on a tenue récemment. Il est clair que lorsque les gens verront les bienfaits de ces partenariats, ils comprendront mieux. », a-t-elle expliqué. 

Améliorer les relations avec le privé

« Le problème à l’heure actuelle est qu’on a de la difficulté à évaluer les coûts lorsqu’il y a des projets d’infrastructures mis de l’avant. Pensons au projet du Métro de Laval qui était évalué, au départ, à 180 millions de dollars alors que les coûts réels ont été de 800 millions. Cet écart est dû au travail mal planifié et, avec le PPP, on veut développer une meilleure relation. Présentement, il y a une culture de litige entre les entrepreneurs et l’État lorsqu’une collaboration se termine. C’est pourquoi nous voudrions un meilleur partage des coûts et des écarts, » a conclu Monique Jérôme-Forget. Quant à Sylvain Simard, il soutient que ce rapprochement avec le privé demeure un moyen détourné d’enrichir certaines firmes : « Mme Jérôme-Forget doit cesser de prendre les gens pour des valises. Le libellé du projet de loi 61 est le fruit d’une longue réflexion menée par la présidente du Conseil du trésor qui s’est fait assister dans cet exercice par de nombreuses firmes privées désireuses d’augmenter leur influence auprès de l’appareil gouvernemental. Chaque mot de ce projet de loi a été réfléchi. Si elle est vraiment de bonne foi, elle doit retirer le projet de loi dans sa version actuelle ou le modifier de façon à lui donner une portée plus restreinte, » a conclu Sylvain Simard.

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