Crédits
2004-2005
Des
services publics en péril
Québec,
le mardi 30 mars 2004
– « Les crédits déposés aujourd’hui par le gouvernement
Charest annoncent des temps difficiles pour les services publics et
une accélération de la réingénierie de l’État qui n’est en
fait qu’une vaste campagne de compressions budgétaires », a
déclaré le député de Richelieu et porte-parole de l’opposition
officielle en matière de Conseil du
trésor,
de fonction publique et de réingénierie de l’État, M. Sylvain
Simard.
Le
livre des crédits prévoit en effet des coupures massives dans
certains programmes et ministères, mais ne prévoit rien pour l’équité
et les négociations salariales. L’augmentation des dépenses en
éducation est inférieure à la seule augmentation des coûts de
main-d’œuvre et l’investissement en santé est inférieur de
1,3 MM$ aux promesses libérales.
« Les
coupures en région se poursuivent et s’accélèrent. La
castration de la SGF et des sociétés Innovatech, couplées aux
baisses radicales des dépenses des ministères régionaux amèneront
de nombreuses pertes d’emplois en région. Le développement économique
régional est l’un des secteurs qui sort le plus mal en point de
l’exercice budgétaire libéral avec une baisse de 279 M$,
dont 40 M$ dans les programmes d’aide aux entreprises »,
a ajouté le porte‑parole.
Le
ministère de l’Environnement voit son budget amputé de 8 %,
alors qu’il doit pourtant veiller au respect du protocole de Kyoto
et relever les nombreux défis environnementaux auxquels il fait
face. Les nouvelles mesures d’aide à la famille sont en grande
partie financées à même l’abolition de crédits d’impôt antérieurs
et ne compensent même pas les hausses de tarifs de la dernière année.
La baisse des crédits au ministère de l’Emploi démontre que les
mesures de lutte contre la pauvreté sont bel et bien financées par
les bénéficiaires.
L’augmentation
des crédits en éducation n’est que de 308 M$, alors que les
augmentations des coûts de main-d’œuvre excèdent à elles
seules 340 M$. L’aide financière aux étudiants est amputée
de 92 M$, les universités ne voient pas un sou des 375 M$
requis afin d’atteindre le niveau des autres provinces canadiennes
et les budgets des cégeps stagnent avec une augmentation inférieure
aux coûts de système.
« Mais
c’est en santé que la déception est la plus forte. Après
l’engagement central de la dernière campagne électorale, le
refus du gouvernement Charest de réinvestir 2,2 MM$ en santé
est la démonstration la plus évidente de l’imposture d’un
cadre financier construit sur des hypothèses de transferts fédéraux
inexistants. Les patients sur les listes d’attente ainsi que ceux
et celles qui vont se retrouver dans des urgences bondées se
rappelleront des promesses inconsidérées du Parti libéral »,
a poursuivi M. Simard.
Les
artistes et le monde de la culture devront quant à eux se nourrir
de phrases creuses cette année puisque les budgets réels des
organismes d’aide sont à toutes fins utiles gelés et que le
budget de fonctionnement est en baisse.
L’équilibre
budgétaire est atteint en liquidant 880 M$ d’actifs, dont
une partie du parc immobilier, ce qui annonce des augmentations de
coûts pour toutes les années à venir.
« En
résumé, la réingénierie libérale assènera des coupes sombres
dans tous les services aux citoyens. Le Parti libéral poursuit son
œuvre de destruction de l’État québécois sans aucune autre
solution envisagée que le recours au privé, des mesures de
financement à court terme par la vente d’actifs et une absence
totale de vision au niveau de l’éducation, de la santé et du développement
économique », a conclu M. Simard.
Renée-Claude
Boivin