« Sorel-Tracy & Région »  17 février, 2004 09:57:01

«Je ne crois pas que l'industrie de l'acier va disparaître de notre région ! » -André Lussier
par Jean Doyon

17 février 2004 - Il est plutôt difficile de retenir une ou deux questions "hors sujet", lorsque l'on se trouve en compagnie de l'homme d'affaires québécois, mais aussi très sorelois, André Lussier, du cabinet d'assurances et des services financiers Lussier, surtout lorsqu'on sait très bien qu'il ne déteste pas donner son opinion sur différents sujets, autant économiques que politiques.  Lors de la conférence de presse annonçant qu'il devenait le 19e président d'honneur du Gala du mérite économique, certains journalistes attendaient le moment propice pour lancer la ligne à André Lussier sur quelques sujets... "hors sujet".

Ce que l'on sait, c'est que le président d'assurances Lussier est très impliqué dans les grandes causes de notre région, puisque malgré ses 21 succursales à travers le Québec, c'est à Sorel qu'il a choisit d'installer son siège social, et il est fier d'y habiter.  Mais l'occasion était belle de lui demandé ce que lui, pensait de telles ou telles situations, puisqu'il n'était pas entouré des intervenants habituels.

Sur la question de l'acier dans la région par exemple, tout le monde cherche un peu à savoir ce que l'on doit penser sur l'avenir de ce secteur économique pour notre région.  Depuis cette fameuse mondialisation, quelques fermetures d'usines, et le déménagement de d'autres vers le Mexique, l'Afrique ou encore la Chine, certains travailleurs ont l'impression de se sentir "cheap", avec leur convention collective, leur "bon" salaire, et de bonnes conditions de travail.  Ce qui était bon pour les deux parties il y a quelques années, semble dérangeant aujourd'hui.  Même si on semble vouloir le cacher quelques fois, Sorel-Tracy a comme paysage ses usines et ses industries qui ont profité, à la prospérité de notre région.

C'est dans cette ligne de pensée que la question sur l'avenir de l'acier dans la région, fut posée à André Lussier qui a répondu : «L'acier a toujours tenu une part importante de nos industries de notre région et je ne pense pas que ça va disparaître loin de là.  Nous sommes présentement victimes d'un contexte économique mondial, qui va changer un moment donné.  On a deux facteurs qui entrent en ligne de compte présentement, l'éclosion d'un capitalisme déguisé en Asie, principalement en Chine, et l'impact du dollar américain sur le canadien.  Ces deux facteurs conjugués font en sorte que nous sommes en mauvaise situation.  Je pense que l'on va voir la bulle asiatique éclatée à un certain moment donné. »

Et concernant l'avenir; «Par contre, il faudrait profiter de l'occasion pour commencer à moins dépendre de la grande industrie sidérurgique.  Il faut voir un marché potentiel financier et économique très important, qui est la très grande ceinture de la grande région de Montréal.  Il faut nulle doute, aller vers l'exportation, et il faut que nos industries et nos PME offrent leurs services ou leurs produits à l'extérieur des limites du Bas-Richelieu, pour survivent.  Il n'y aura aucune survie si on se limite à notre petit marché du Bas-Richelieu.  On est une très petite planète et on est une très petite région aussi, alors nous avons un bassin d'acheteur de 3 millions de personnes à porter du doigt.  Il y a énormément de nouvelles entreprises qui se sont établies dans les parcs industriels ceinturant Montréal, alors pourquoi Sorel ne serait pas considéré comme un parc industriel ceinturant Montréal? »

Selon une évaluation, non scientifique cependant, en 2003, 40 % des acheteurs de résidences dans la région de Sorel-Tracy étaient de nouveaux arrivants ou des gens de l'extérieur de la région.  Un signe que Sorel-Tracy est en train de devenir un site de prédilection où il fait bon vivre... ?  Il semble que c'est ce que l'on croit à l'extérieur de nos murs.  «Nous avons l'un des plus beaux sites en Amérique du Nord, nous sommes très privilégiés. et les gens de l'extérieur commencent à le découvrir.  On m'a souvent demandé pourquoi mon siège social n'est pas à Montréal, je leur ai toujours répondu parce que je vais dîner chez moi le midi, je ne suis qu'à cinq minutes de mon travail.»

André Lussier a toujours été d'un positivisme exemplaire lorsqu'il parle de sa région, tout en restant à l'intérieur des limites les plus réalistes.  Il concluait donc en disant; «Nous avons longtemps été mis de côté au profit de la région de Montréal, mais là on commence à nous découvrir. À l'inverse, il faut que nos entrepreneurs d'ici ciblent vers le marché de Montréal, où il y a beaucoup de potentiel.  Il faut que les entreprises se rendent moins dépendantes des grosses sidérurgies du coin.»

Et pour ce qui est du dossier d'Atlas, comment le voit-il ?  «Je ne peux affirmer qu'Atlas Steel va passer à travers dans l'état actuel des choses, mais je suis confiant que tous les efforts sont fait présentement.  Pour avoir participé à une table de travail avec différents intervenants de la région, je peux vous dire que tous les efforts sont faits.  Juste à voir le Commissaire industriel Claude Piché et le Directeur du développement immobilier de la Société des parcs industriels Robert Beaudry, se démener comme ils le font présentement, c'est vraiment remarquable de les voir à travailler sur ce dossier.  Ce qu'il faut, c'est de gagner du temps, l'acier va remonter, le prix de la "scrap" va baisser, le dollar canadien va se replacer, tout ça va faire en sorte que si nous étions dans un contexte d'avenir de un an ou deux d'ici, probablement que nous aurions un acheteur.  Mais, faut vivre jusque-là ! »

Jean Doyon


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