Première consultation publique du COGEBY à
Sorel-Tracy
Les citoyens sont très informés, ils
désirent dépolluer, mais l’argent sera-t-il au rendez-vous?
Par Joey Olivier
C’est le 11 novembre dernier qu’avait lieu, à
Sorel-Tracy, la consultation publique tenue par le Conseil de
gestion du bassin versant de la Yamaska (COGEBY) afin d’entendre les
citoyens se prononcer sur la gestion future de la rivière Yamaska et
présenter les thèmes déjà documentés par l’organisme.
Plusieurs questions, préoccupations et priorités ont
été entendues durant cette soirée. Deux préoccupations majeures
concernent les résultats post-consultation sur le financement de
l’organisme environnemental et le financement d’actions concrètes
après cette démarche qui vise à connaître la vision des citoyens.
Rappelons que des interrogations en ce qui a trait au financement
avaient été soulevées lors de la dernière consultation du COVABAR
–équivalent du COGEBY pour la rivière Richelieu- à Sorel-Tracy alors
qu’on avait invité les gens à contribuer financièrement à
l’organisme. Par ailleurs, les intervenants avaient répondu
sensiblement la même chose que le COVEBY sur cette question : « Nous
avons une subvention de 65,000$ annuellement, mais cette somme ne
couvre pas tous les frais de fonctionnement. », ont déclaré les
représentants du COGEBY.
Les citoyens souhaitent du travail sur le
terrain
Trente-quatre personnes provenant de divers milieux
étaient présentes à cette consultation. Les participants se sont
montrés très préoccupés par le financement nécessaire à
l’amélioration de la qualité de l’eau : « Peut-on avoir des
montants, des subventions et une équipe volante afin de faire des
travaux sur le terrain? » ont souligné les citoyens. Plusieurs se
demandaient également si le Plan directeur de l’eau (PDE) était
seulement théorique ou s’il pouvait débloquer sur des actions
concrètes. « La première partie du PDE est assez théorique. Quand
le portrait du bassin versant sera réalisé, nous pourrons alors
passer à des travaux plus spécifiques sur le terrain. » a
répondu Diane Bilodeau, adjointe à la direction du COGEBY.
Concernant les montants disponibles pour les actions concrètes, le
COGEBY a répondu qu’il devra se pencher sur cette question et
travailler fort pour obtenir plus d’argent.
Des intervenants du milieu agricole étaient également
sur place et ils seraient intéressés à avoir des tests de qualité de
l’eau pour leur propre eau, pas seulement pour décrire la rivière,
mais afin d’avoir une idée de ce qui se passe à la source, à la
sortie des drains de champs.
Un portrait riche sur l’état de la rivière
Le portrait du bassin versant
de la rivière Yamaska présenté est riche en contenu. On a souligné
notamment que 62 plantes sont à l'heure actuelle menacées par des
parasites et que quatre espèces d’amphibiens, une espèce de reptiles
et huit oiseaux sont vulnérables au bouleversement écologique. Une
des espèces nuisibles est la moule zébrée qui semble faire des
ravages sur les écosystèmes sous-marins. Autres faits intéressants,
c’est les sources de pollutions responsables de la mauvaise qualité
de l’eau de la rivière Yamaska. Les quatre milieux qui rejettent des
substances polluantes sont le milieu agricole, urbain, industriel et
récréatif.
Par exemple, la « surfertislisation » des
sols, l’érosion et la déjection animale font en sorte que diverse
substance comme des pesticides et des excréments d’animaux d’élevage
se retrouvent dans les eaux et polluent.
Du côté des municipalités, le rejet des eaux usées
sans traitement adéquat est encore une source majeure de pollution
ainsi que le débordement des égouts.
Le milieu industriel, malgré les lois plus sévères,
déverse encore des substances toxiques qui sont absorbées par les
organismes aquatiques (plomb, mercure, cadmium, etc.). Finalement,
le tourisme aquatique avec la circulation d’embarcations motorisées
fait en sorte que les organismes sont dérangés et crée une érosion
rapide des berges.
Force est de constater que la rivière Yamaska est
encore la rivière la plus polluée au Québec : « La rivière Yamaska
se mérite le très peu enviable titre d'affluent du Saint-Laurent le
plus pollué. La qualité de l'eau y est identifiée par le ministère
de l'Environnement de mauvaise à très mauvaise sur presque toute la
longueur du bassin versant, » est-il souligné par l’organisme.