Projet de prison
privée
Le Gouvernement empêche la tenue d'un débat
Québec, le jeudi 9 décembre 2004
– Alors que le gouvernement Charest s’apprête à imposer le bâillon à
l’Assemblée nationale afin de faire adopter son projet de loi
controversé sur les partenariats public-privé, (PPP), le député de
Borduas et porte-parole de l’opposition officielle en matière de
sécurité publique, M. Jean-Pierre Charbonneau, et le député de
Richelieu et porte-parole en matière de Conseil du trésor, fonction
publique et réorganisation de l’État, M. Sylvain Simard, ont joint
leur voix à celle du président du syndicat des agents de la paix en
services correctionnels du Québec, M. Michel Hubert, pour demander
au gouvernement plus de transparence et la tenue d’un débat public
en commission parlementaire sur le projet de prison privée qu’il
songe à établir en Montérégie.
« Depuis quelques semaines, des criminologues, des
retraités de haut rang des services correctionnels, des intervenants
en réhabilitation et, maintenant, les agents de services
correctionnels se sont prononcés contre le projet du gouvernement.
Plutôt que de se contenter de crier haut et fort qu’il a raison
envers et contre tous, le ministre de la Sécurité publique devrait
tenir un débat public en commission parlementaire avant de dépenser
100 M$ de fonds publics dans la construction d’un tel établissement
et d’engager les générations futures dans cette aventure plus que
douteuse », a déclaré M. Charbonneau.
Lors de la période de questions tenue aujourd’hui, à
l’Assemblée nationale, l’opposition officielle a demandé au ministre
de la Sécurité publique pour quelles raisons il ne tentait pas de
louer des locaux des services correctionnels canadiens pour tenter
de régler le problème conjoncturel de surpopulation carcérale. « Le
ministre nous a surpris lorsqu’il a répondu
qu’il examinait cette possibilité. Si c’est le cas,
pourquoi s’acharne-t-il à planifier la construction d’une prison
privée? Il est alarmant que l’on envisage de dépenser 100 M$ plutôt
que d’investir les 30 M$ nécessaires à la mise en œuvre de la
réforme des services correctionnels adoptée à l’unanimité après le
décès tragique d’Alexandre Livernoche », a réagi le député de
Borduas.
L’opposition officielle constate que le gouvernement
Charest fonce tête première dans l’aventure des PPP par acharnement
idéologique plutôt que de se fier à des études axées sur les coûts
et bénéfices. « Selon une étude réalisée par le ministère de la
Justice américain, la moyenne des économies permises par le secteur
privé dans le domaine carcéral se situe autour de 1 %, la plupart
obtenues grâce à une réduction des coûts de la main-d’œuvre. Si même
les Américains n’ont pas réussi à économiser grâce aux PPP, il
serait étonnant que ce gouvernement, tel qu’on le connaît, réussisse
à faire mieux », a conclu M. Simard.
Sylvain Rochon
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