La source d'information de Sorel-Tracy, et de la grande région du Bas-Richelieu

Mise à Jour : 
lundi 28 mars 2005

Entrevue Hélène Gignac, directrice du Centre de transfert technologique en écologie industrielle
« Ce qui est différent dans la mentalité depuis 10 ans, c’est qu’on veut protéger l’environnement, mais aussi s’en servir pour développer l’économie »
par Joey Olivier - Journal L'annonceur - «collaboration spéciale»

Native de la région du Saguenay, elle arriva dans la région en 1984 et elle occupe le poste de directrice du CTTEI depuis 2000. En 2001, à son retour de Paris où se tenait le Salon Pollutec, un salon international sur l’écologie industrielle, l’idée de faire de l’écologie industrielle le futur axe de développement régional du Bas-Richelieu était née. Elle est loin d’être la seule intervenante à promouvoir le développement durable comme levier économique, mais sa passion contagieuse a fait en sorte que les intervenants qui étaient plus solitaires auparavant se sont mis à marcher dans la même direction. C’est d’ailleurs pour ces qualités qu’elle a été nommée Femme de l’année récemment par Femme Club.

Elle croit profondément que la région peut contrôler son économie et son développement, elle attribue ce titre de femme de l’année à la « victoire de l’environnement ». Il ne faut pas retourner très loin en arrière pour constater que plusieurs entreprises de la région pensaient que le recyclage s’avérait être un acte de bénévolat plutôt qu’une possibilité d’affaires. C’est un mythe que son équipe a affronté. Entre deux rendez-vous inscrits à son agenda chargé, le représentant de L’annonceur s’est entretenu avec la nouvelle femme de l’année ! À peine assise sur sa chaise, elle avait déjà commencé à parler de sa passion !

(J0) Premièrement, comment se sent Hélène Gignac après avoir été nommée Femme de l’année par d’autres Soreloises ?
(HG) C’est un bel hommage que je prends comme un compliment pour deux raisons. Premièrement, certaines personnes croient que je suis née ici alors que je viens du Saguenay et je trouve cela touchant. Deuxièmement, c’est une reconnaissance de notre travail en environnement et cela démontre que les gens accordent une valeur à l’environnement. Ce qui est différent dans la mentalité depuis 10 ans, c’est qu’on veut protéger l’environnement, mais aussi s’en servir pour développer l’économie.

Le développement durable, est-ce encore un processus méconnu des entreprises ?
Bien que plusieurs entreprises comprennent très bien les avantages du développement durable, il y a encore un travail de sensibilisation à faire. C’est pour cette raison que le CTTEI offre un service d’accompagnement aux entreprises dans leurs recherches et que l’on développe, avec le Cégep Sorel-Tracy et son programme de DEC en environnement, cette compétence chez les étudiants. Il est encourageant de voir qu’à l’heure actuelle, on reconnaît de plus en plus la recherche faite au collégial.

Quel a été votre premier défi lors de votre arrivée à la barre du CTTEI?
Le défi du financement est toujours un défi parce que nous fonctionnons comme une entreprise privée. Nous sommes subventionnés à 25 % par le gouvernement et le reste vient projet par projet. Ce qui fait en sorte que la marge de manœuvre n’est pas élevé. C’est pour cette raison que la création d’une équipe dynamique a été un de nos premiers objectifs pour être le plus efficace possible.

On a appris récemment que l’ancienne mairie de Tracy deviendra le Technocentre en écologie industrielle du Bas-Richelieu, cela doit être une belle réussite pour votre équipe ?
Dans l’élaboration du plan stratégique du Bas-Richelieu, on avait identifié dans le processus du développement durable une opportunité de faire de l’écologie industrielle un axe de développement. Le Technocentre est la concrétisation de cette vision et ceci démontre que cet axe devient plus important et assume son rôle.

Qu’est-ce qu’un Technocentre en écologie industrielle ?
Le Technocentre regroupera des partenaires stratégiques comme le CTTEI, le Centre de recherche universitaire (CREUST), le Cégep et la Ville de Sorel-Tracy. On peut dire qu’il s’agit d’une convergence des connaissances. Il y aura un laboratoire, six bancs d’essai –servant à l’expérimentation- de 1000 pieds carrés et quelques bureaux. Avec ces installations, on pourrait, par exemple, offrir une formation en développement durable ou contribuer à la préparation d’une guide sur le sujet.

Avec cette volonté commune des intervenants de la région, commencez-vous à rêver à ce que Sorel-Tracy devienne la Technopole de l’écologie industrielle ?
(Rire) Oui, nous n’avons pas déposé une demande officielle, mais on y pense. Une chose est sûre, c’est qu’avec le Technocentre, nous aurons un carrefour du savoir qui regroupera les institutions d’enseignements et de recherches industrielles. Mais ce sera la ville la Technopole et non pas le Technocentre.

Parlant de travail commun, est-ce qu’il était dans la culture soreloise de travailler dans le même sens?
Je crois que les intervenants de la région ont appris à travailler dans le même sens. On ne peut pas, selon moi, parler de culture particulière parce qu’ailleurs aussi les gens ont appris à travailler collectivement. Ce qui fait la force de Sorel-Tracy, c’est que les gens ont appris à travailler ensemble et ils ont découvert les bénéfices de la coopération sur la région. La plus belle preuve est que lors du Conseil régional de l’Environnement de la Montérégie, la MRC du Bas-Richelieu a mérité le prix Conscientia soulignant la qualité du travail de concertation.

Nous n’avons donc pas fini d’entendre parler de l’écologie industrielle, du Technocentre, de la recherche et des nouvelles technologies de recyclage. En 2002, la compagnie Recmix, a mis sur le marché un nouvel abrasif servant au sablage par jet et, le mardi 22 mars dernier, l’usine Fermag, a annoncé la mise en marché d’un nouveau procédé de transformation des poussières d’aciérages en pigments industriels de haute performance.
 

Joey Olivier

 

 

Publicité

 

Collaboration


Journal L'Annonceur

 

Copyright © 2000-2004 SorelTracy Magazine - Tous droits réservés.