À Sorel-Tracy, les citoyens ont
tranché mercredi dernier
Le vote mitigé sur l’achat d’un terrain tourne
en débat sur la construction du nouveau garage municipal et sur les
PPP !
par Joey Olivier - Journal
L'annonceur - «collaboration spéciale»
Suite au vote mitigé pour l’achat du
terrain, situé sur la rue de Ramesay à la hauteur de l’autoroute 30
pour la somme de 140 000 $, lors du dernier conseil de Ville, le
fossé n’a cessé de se creuser entre les membres du conseil.
Vendredi, lors d’un débat radiophonique sur les ondes de CJSO, Michel
Berthiaume et Marcel Robert se sont affrontés en exposant leur point
de vue divergent.
Michel Berthiaume a même accusé Marcel Robert que
l’achat de ce terrain cachait une volonté de construire un nouveau
garage municipal au coût de cinq millions. Cette information a été
catégoriquement niée par le maire qui soutient depuis ce vote qu’il
ne s’agit que d’une « bonne occasion d’affaires ». Mercredi dernier,
la population était invitée à signer le registre à l’Hôtel de Ville
et si les 704 signatures nécessaires sont recueillies, la Ville
devra abandonner le projet parce qu’aucun membre du conseil ne
souhaite la tenue d’un référendum sur la question.
Le représentant de L’annonceur s’est entretenu avec les deux
protagonistes après ce débat corsé. « Dans le conseil, on discutait
de la construction du garage municipale avant l’achat du terrain.
C’est nouveau que le maire ne se prononce plus en ce sens. On
pourrait s’entendre avec le CIT (Conseil intermunicipal de transport
Sorel-Varennes) pour le relocaliser sur le site actuel du garage
municipal, mais le garage pourrait être déménagé ailleurs », a
déclaré Michel Berthiaume. En fait, le conseiller appuie ses dires
sur un rapport déposé par Mario Lazure, directeur des travaux
publics de Sorel-Tracy recommandant la construction d’un nouveau
garage au coût de près de 5 millions de dollars.
Quant à Marcel Robert, il soutient que l’achat de ce terrain est une
opportunité de mieux contrôler le développement et : « Le CIT a un
besoin important et nous regardons la possibilité de réunir sous un
même toit les services de transport comme le Taxibus, le CIt et le
transport collectif par exemple. Notre choix n’est vraiment pas
arrêté ! Quant au terrain, il nous est offert par le ministère des
Transports de l’acheter pour seulement 50 cents le pied carré. C’est
l’occasion d’acquérir 192 000 pieds de terrain en bordure de
l’autoroute, ce qui s’avère être une chance en or de contrôler notre
développement », a-t-il expliqué. Selon M. Robert, le site pourrait
également servir d’un futur emplacement commercial. Pour faire
l’achat du terrain, la Ville doit confirmer l’achat avant la fin du
mois de mars. « Si un promoteur privé achète ce terrain et que le
conseil choisit ce terrain pour une future construction, nous
devrons le payer le gros prix! » a expliqué le maire.
Un PPP pour le garage municipal?
Après avoir montré le document en question au signataire de ce
texte, M. Berthiaume a pratiquement accusé le maire de vouloir
mettre en place un partenariat public privé : « Le maire ne veut pas
dire qu’il veut construire le garage sur ce site parce qu’il sait
que la population ne l’accepterait pas. Ceci pourrait également
aboutir à un PPP », a-t-il soutenu. Selon lui, un partenariat avec
une entreprise privée représenterait des dépenses supplémentaires.
Par exemple, si un constructeur privé construisait un garage
municipal pour ensuite signer un bail de 20 ans avec la Ville au
coût de 450 000 $ par année, il en coûterait neuf millions de
dollars avant que l’édifice devienne la propriété de la Ville. Soit
dit en passant, cette démonstration de M. Berthiaume demeure
hypothétique.
Concernant la formule PPP, le maire
de Sorel-Tracy ne ferme pas la porte : « Dans le cadre des projets
de PPP, le gouvernement examine la possibilité de le faire. Par
exemple, à Boucherville, un centre multifonctionnel de 7,5 millions
a été réalisé en partenariat avec le privé et la Ville a signé un
bail de 15 ans. Le PPP est une méthode de financement comme une
autre, mais on n’a jamais dit qu’on l’adopterait. On peut cependant
y réfléchir », a souligné M. Robert. Le conseiller a plutôt proposé
deux autres sites, soit dans un bâtiment inutilisé situé dans le
Parc industriel Joseph-Simard ou dans l’ancien parc industriel de
Tracy où la compagnie Onyx était installée jusqu’à sa fermeture
récemment. « La location de l’ancien bâtiment d’Onyx coûterait
environ 80 000 $ par année », a expliqué M. Berthiaume. Une
évaluation des coûts serait par ailleurs en cours, selon ses dires.
La signature du registre : le baromètre des élus
Quant au résultat de la signature du registre, inconnu au moment de
mettre sous presse, il indiquera aux élus la volonté des citoyens.
D’après Michel Berthiaume, la construction d’un garage municipal au
coût de plus de quatre millions de dollars est indissociable de
l’achat de ce terrain. Marcel Robert croit qu’une signature de
registre de plus de 704 noms en dira long sur la volonté de
développement : « Dans le cas où le nombre de signatures empêcherait
l’achat du terrain, ceci donnera un son de cloche quant aux désirs
de développement des gens. Certaines personnes sont encore d’avis
que si la Ville n’a pas de projet, il n’y a pas de raisons d’acheter
un terrain. Je tiens cependant à souligner que plusieurs villes,
dont Saint-Hyacinthe, Victoriaville, Boucherville et Drummondville
ont adopté cette approche pour mieux contrôler leur développement »,
a-t-il conclu.
Joey Olivier