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Quand la relève entrepreneuriale
se conjugue au féminin environnemental !
Hélène Goulet - Journal La Voix - «collaboration spéciale»
Pour Claire Champigny de la Ferme du rang Saint-Pierre à
Sainte-Victoire, et pour Jean Paquin, du Comptoir Richelieu de
Sorel-Tracy, la relève de l'entreprise familiale se conjugue au
féminin, et elle se préoccupe d'écologie.
C'est
en effet à leurs filles respectives, Claudine Cournoyer, ainsi qu'Éloïse
et Sophie Paquin, que ces deux parents, voulant commencer à prendre
tranquillement leurs distances avec le travail, ont décidé de passer
le flambeau.
À l'invitation de la Chambre de commerce et d'industrie Sorel-Tracy
métropolitain, du comité Femmes et ville de Sorel-Tracy, ainsi que
de l'Orienthèque (anciennement Femmes et métier non traditionnel),
c'est en compagnie de leurs filles qu'ils ont témoigné de leur
expérience, mercredi midi, à l'occasion d'un dîner conférence qui a
réuni environ 75 personnes.
C'est à la suite du décès de son mari que Claire Champigny a
commencé à songer à la relève de la ferme familiale. Ça a été
naturel pour moi de demander à ma fille de se joindre à l'entreprise
familiale, a-t-elle indiqué.
Claudine, pourtant, avait fait ses études en design d'intérieur !
Mais suite à l'offre de sa mère, elle a réalisé que l'agriculture
pouvait répondre aux valeurs et aux multiples passions qui
l'habitent. Elle a donc décidé de retourner sur les bancs d'école
pour compléter un diplôme d'études de gestion en exploitation
d'entreprise agricole, et a embarqué son conjoint dans l'aventure.
Signe des temps, Claudine Cournoyer a apporté des nouveautés à la
ferme du rang Saint-Pierre, a admis sa mère. À la traditionnelle
production de maïs grain, de céréales et de soya, se sont donc
ajoutés la production de produits de l'érable, la bleuetière et
l'élevage de veaux de grain (sans hormone de croissance), la
question écologique préoccupant plus particulièrement Claudine. La
culture n'est pas certifiée biologique, mais aujourd'hui,
l'utilisation de produits chimiques est pratiquement absente de
leurs pratiques agricoles.
Claudine Cournoyer est également impliquée dans son milieu
puisqu'elle est la présidente de la Relève agricole de Sorel. Elle a
également reçu un prix d'excellence en planification des affaires.
Ça prouve que tout s'apprend ! a-t-elle déclaré, disant apprécier le
mode de vie rural, même dans le contexte actuel où la compétition
américaine et la mondialisation affectent les entreprises agricoles
québécoises.
De
son côté, Jean Paquin, après avoir rappelé les débuts de
l'entreprise familiale - au départ un magasin général à Saint-Robert
opéré par son grand père - a indiqué que sa fille Sophie a commencé
à travailler au Comptoir Richelieu en 1995, au moment où lui-même a
dû prendre quelques mois de repos.
Elle venait alors d'obtenir un diplôme universitaire en gestion de
la production à l'école des Hautes études commerciales (HEC).
Quant à Éloïse, qui possède un diplôme en production de pépinière de
l'Institut de technologie agricole de Saint-Hyacinthe, elle est
entrée au service de l'entreprise en 1999.
Elles n'ont pas joint l'entreprise familiale par obligation, a
précisé M. Paquin, qui a été heureux de pouvoir déléguer certaines
responsabilités au fil des ans.
Il a également fait confiance à ses filles qui ont suggéré plusieurs
nouvelles façons de faire. Par exemple, le chauffage par géothermie,
suggéré par Éloïse, constitue une solution écologique très efficace
et très avant-gardiste, a avancé M. Paquin.
Les compétences de ses deux filles sont complémentaires, croit-il
également.
Ce à quoi acquiesce Sophie Paquin. Plus jeune, je voulais faire mon
propre chemin, et j'ai donc travaillé ailleurs. Mais quand mon père
a dû arrêter de travailler pour quelque temps, je lui ai proposé de
travailler au sein de l'entreprise. Du jour au lendemain, j'ai
découvert ma passion, et quand mon père est revenu au travail, je
lui ai demandé une petite place !
La fille du patron a dû, d'ailleurs, faire sa propre place face à
l'équipe d'employés. Je n'avais pas le droit à l'erreur, il fallait
que je sois là non parce que je suis la fille du patron, mais parce
que je suis compétente, a-t-elle précisé, ajoutant qu'en prenant la
relève, elle a dû imposer peu à peu sa vision de gestion.
La question environnementale est également au cœur des
préoccupations d'Éloïse (qui n'a pu participer à la rencontre, cette
semaine), a précisé Sophie Paquin, qui dit pouvoir espérer sous peu
obtenir un certificat d'autorisation de culture biologique à leur
ferme de Saint-Robert.
Ceci dit, Sophie Paquin a précisé qu'elle et Éloïse étaient d'abord
et avant tout des mères de famille.
C'est pourquoi, semble-t-il, elle a l'air bien fière de son bébé :
notre centre-jardin est le plus beau au Québec ! a-t-elle affirmé
avec un grand éclat de rire.
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