Entrevue
Maryse Letarte : une chanteuse plus libre que nature!
Par Joey Olivier - Journal L'annonceur - « collaboration spéciale
»
Maryse Letarte a commencé à jouer du piano à l’âge de
trois ans, en compagnie de sa grand-mère. Depuis, jamais elle n’a
cessé d’être passionnée par la musique. À l’adolescence, elle écrit
ses premiers textes et réalise qu’elle s’épanouit dans la
composition. Elle affiche une simplicité et une authenticité autant
fidèle à ses chansons
qu’à
sa personnalité. Avant son spectacle au pays du Survenant, ce
samedi, au Cabaret du Saint-Cyrille, situé au centre-ville de
Sorel-Tracy, le représentant de L’annonceur l’a rencontré.
Prendre contact avec l’univers de Maryse Letarte, c’est découvrir
une artiste plus libre que nature!
(JO) Maryse, à quel moment as-tu écris tes premières
chansons?
(ML) C’est vraiment à l’adolescence que j’ai
découvert la pop en faisant partie de différents groupes sans savoir
si je ferais une carrière en musique. C’est également dans cette
période de ma vie que j’ai écris mes premiers textes. J’ai
rapidement senti que le besoin d’écrire et de chanter des choses qui
me ressemblaient. Écrire, c’est ce qui me rend satisfaite de mon
travail.
Ayant étudié l’écriture à Los Angeles, tu as appris à
écrire des textes en anglais, pourquoi as-tu choisi de poursuivre
l’écriture en français?
Dès mon retour au Québec, j’ai recommencé à écrire en
français. J’écris ce que je vis dans la langue avec laquelle je vis.
C’est tout simplement pour cette raison. Certaines personnes m’ont
déjà dit que l’Anglais sonnait mieux, mais je n’y crois pas
vraiment. C’est l’émotion qui se dégage d’une chanson qui a de
l’importance pour moi.
Tu composes, chantes et produits tes albums. Est-ce
plus difficile de percer dans l’industrie de cette manière ?
Non, du tout. C’est plus long, mais je trouve cela
plus facile parce que je ne suis pas à la merci d’une compagnie de
disques. J’ai eu une mauvaise expérience avec une maison de disques
lorsque j’ai sorti mon album En dedans et ce fut assez pour me
convaincre de devenir autonome. Ça représente plus de travail, car
je devais me trouver une équipe de travail, mais je suis devenu plus
libre. Depuis que je suis indépendante, ma carrière n’a jamais été
aussi bien. Je ne passe pas le plus clair de mon temps à « chialer »
après un producteur, ce qui peut aboutir à de belles pièces d’ heavy
métal, mais ce n’est pas mon style de musique (rire).
Qu’est-ce qui t’inspire le plus lorsque tu écris?
Tout ce qui suscite une émotion. Une histoire, un
documentaire et plusieurs autres expériences qui m’amènent à exposer
mes valeurs et mes priorités essentielles dans ma vie. Bref,
j’aborde des sujets très variés!
Quel est ton objectif professionnel ultime?
C’est-à-dire ce qui serait pour toi la consécration de ta carrière.
Écrire un classique, une chanson qui va vivre pour
l’éternité.
Ce n’est pas d’être une star?
(Rire) non, car je sais que ça n’apporte rien de plus
dans la vie. Plusieurs artistes y rêvent longtemps et se rendent
compte qu’être une star ne correspond pas à ce dont ils
s’attendaient. Lorsque je suis sur scène, je reçois beaucoup d’amour
du public, mais une fois le spectacle terminé… notre vie est la
même. Pour comprendre le « pattern » de la célébrité, il ne suffit
que de visionner une musicographie ! Quant à moi, mes objectifs sont
musicaux et se situent au niveau de l’œuvre, je ne quantifie pas mon
succès avec la quantité de disques que je vends.
Est-ce qu’il est possible de vivre de ton métier?
Oui, absolument. Les modifications sur les droits
d’auteurs apportées par la Société canadienne des auteurs,
compositeurs et éditeurs de musique (SOCAN) ont grandement aidé à
améliorer les conditions des auteurs. Le piratage donne encore du
fil à retordre à l’industrie, mais il y aura sûrement un moyen mis
en place comme pour les redevances sur la diffusion de nos chansons
à la radio.
En terminant, après ton spectacle à Sorel-Tracy,
qu’est-ce qui t’attend ?
Je me concentre sur la tournée et la promotion de mon
dernier album –intitulé Le motif- mais je n’arrête jamais
l’écriture. Dès que je sorts un album, j’au déjà commencé à préparer
l’autre.
Maryse Letarte a lancé son deuxième album, intitulé
Le motif, le 2 août 2004, dans la programmation des
Francofolies de Montréal. En plus d’avoir fait la une du journal
culturel Voir, cet album a reçu plusieurs éloges dans les
médias nationaux. Celle du journaliste du journal Le
Devoir, Sylvain Cormier, est particulièrement juste : "Nous
aimons ces filles qui s'accompagnent à la guitare ou au piano et se
livrent sans filtre ni artifices. (...) Le Motif, son nouvel
album paru plus tôt cette semaine, ne quittera pas le lecteur
jusqu'à nouvel ordre, petite merveille d'orfévrerie pop... (...) Les
textes candides de la chanteuse n'ont jamais été aussi finement
sertis."
Jusqu’à présent, Maryse a gagné son pari de demeurer
libre et indépendante artistiquement, ce qui lui permet d’être ce
qu’elle est. Elle n’est pas une star, pas une marque de commerce, ni
un produit. Pourtant, la qualité de ses pièces reflète une artiste
accomplie et talentueuse. Elle continue alors à se construire un
public en étant simplement : Maryse Letarte.
Joey Olivier