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Mise à Jour : 
mardi 15 mars 2005

Entrevue
Maryse Letarte : une chanteuse plus libre que nature!
Par Joey Olivier - Journal L'annonceur - « collaboration spéciale »

Maryse Letarte a commencé à jouer du piano à l’âge de trois ans, en compagnie de sa grand-mère. Depuis, jamais elle n’a cessé d’être passionnée par la musique. À l’adolescence, elle écrit ses premiers textes et réalise qu’elle s’épanouit dans la composition. Elle affiche une simplicité et une authenticité autant fidèle à ses chansons qu’à sa personnalité. Avant son spectacle au pays du Survenant, ce samedi, au Cabaret du Saint-Cyrille, situé au centre-ville de Sorel-Tracy, le représentant de L’annonceur l’a rencontré. Prendre contact avec l’univers de Maryse Letarte, c’est découvrir une artiste plus libre que nature!

(JO) Maryse, à quel moment as-tu écris tes premières chansons?

(ML) C’est vraiment à l’adolescence que j’ai découvert la pop en faisant partie de différents groupes sans savoir si je ferais une carrière en musique. C’est également dans cette période de ma vie que j’ai écris mes premiers textes. J’ai rapidement senti que le besoin d’écrire et de chanter des choses qui me ressemblaient. Écrire, c’est ce qui me rend satisfaite de mon travail. 

Ayant étudié l’écriture à Los Angeles, tu as appris à écrire des textes en anglais, pourquoi as-tu choisi de poursuivre l’écriture en français?

Dès mon retour au Québec, j’ai recommencé à écrire en français. J’écris ce que je vis dans la langue avec laquelle je vis. C’est tout simplement pour cette raison. Certaines personnes m’ont déjà dit que l’Anglais sonnait mieux, mais je n’y crois pas vraiment. C’est l’émotion qui se dégage d’une chanson qui a de l’importance pour moi. 

Tu composes, chantes et produits tes albums. Est-ce plus difficile de percer dans l’industrie de cette manière ?

Non, du tout. C’est plus long, mais je trouve cela plus facile parce que je ne suis pas à la merci d’une compagnie de disques. J’ai eu une mauvaise expérience avec une maison de disques lorsque j’ai sorti mon album En dedans et ce fut assez pour me convaincre de devenir autonome. Ça représente plus de travail, car je devais me trouver une équipe de travail, mais je suis devenu plus libre. Depuis que je suis indépendante, ma carrière n’a jamais été aussi bien. Je ne passe pas le plus clair de mon temps à « chialer » après un producteur, ce qui peut aboutir à de belles pièces d’ heavy métal, mais ce n’est pas mon style de musique (rire). 

Qu’est-ce qui t’inspire le plus lorsque tu écris?

Tout ce qui suscite une émotion. Une histoire, un documentaire et plusieurs autres expériences qui m’amènent à exposer mes valeurs et mes priorités essentielles dans ma vie. Bref, j’aborde des sujets très variés! 

Quel est ton objectif professionnel ultime? C’est-à-dire ce qui serait pour toi la consécration de ta carrière.

Écrire un classique, une chanson qui va vivre pour l’éternité. 

Ce n’est pas d’être une star?

(Rire) non, car je sais que ça n’apporte rien de plus dans la vie. Plusieurs artistes y rêvent longtemps et se rendent compte qu’être une star ne correspond pas à ce dont ils s’attendaient. Lorsque je suis sur scène, je reçois beaucoup d’amour du public, mais une fois le spectacle terminé… notre vie est la même. Pour comprendre le « pattern » de la célébrité, il ne suffit que de visionner une musicographie ! Quant à moi, mes objectifs sont musicaux et se situent au niveau de l’œuvre, je ne quantifie pas mon succès avec la quantité de disques que je vends. 

Est-ce qu’il est possible de vivre de ton métier?

Oui, absolument. Les modifications sur les droits d’auteurs apportées par la Société canadienne des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique (SOCAN) ont grandement aidé à améliorer les conditions des auteurs. Le piratage donne encore du fil à retordre à l’industrie, mais il y aura sûrement un moyen mis en place comme pour les redevances sur la diffusion de nos chansons à la radio. 

En terminant, après ton spectacle à Sorel-Tracy, qu’est-ce qui t’attend ?

Je me concentre sur la tournée et la promotion de mon dernier album –intitulé Le motif- mais je n’arrête jamais l’écriture. Dès que je sorts un album, j’au déjà commencé à préparer l’autre. 

Maryse Letarte a lancé son deuxième album, intitulé Le motif, le 2 août 2004, dans la programmation des Francofolies de Montréal. En plus d’avoir fait la une du journal culturel Voir, cet album a reçu plusieurs éloges dans les médias nationaux. Celle du journaliste du journal Le Devoir, Sylvain Cormier, est particulièrement juste : "Nous aimons ces filles qui s'accompagnent à la guitare ou au piano et se livrent sans filtre ni artifices. (...) Le Motif, son nouvel album paru plus tôt cette semaine, ne quittera pas le lecteur jusqu'à nouvel ordre, petite merveille d'orfévrerie pop... (...) Les textes candides de la chanteuse n'ont jamais été aussi finement sertis."

Jusqu’à présent, Maryse a gagné son pari de demeurer libre et indépendante artistiquement, ce qui lui permet d’être ce qu’elle est. Elle n’est pas une star, pas une marque de commerce, ni un produit. Pourtant, la qualité de ses pièces reflète une artiste accomplie et talentueuse. Elle continue alors à se construire un public en étant simplement : Maryse Letarte. 

Joey Olivier

 

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