Ils
ont frappé à la porte de Marcel Robert, maire de Sorel-Tracy, celle
du député provincial Sylvain Simard, du député fédéral Louis
Plamondon, rencontré le ministre responsable de la Régie des Rentes
du Québec. Tous se sont montrés solidaires à leur cause, mais le
Ministère de l’Emploi et de la Solidarité sociale a signifié par la
suite que le Ministère ne pouvait les appuyer. C’est ainsi que ce
dossier est devenu un « combat politique ». La semaine dernière, les
retraités, demandant que le déficit soit comblé par l’entreprise,
ont perdu leur cause devant un juge ontarien. Quelques jours plus
tard, le conseil municipal de Sorel-Tracy a voté une proposition en
vue de mandater des membres du conseil pour faire des
représentations auprès de la ministre de la Solidarité sociale,
Michelle Courchesne.
Les plus touchés : les agents de sécurité
Le groupe le plus touché est celui des agents de
sécurité qui doivent essuyer une perte de 54 % de leurs rentes
mensuelles de retraite.
Derrière les faits se cachent des retraités qui ont
travaillé entre 15 et 33 ans dans l’entreprise. Prenons en exemple
le cas de Paul (nom fictif), qui a travaillé 15 ans pour
l’entreprise et qui retirait une rente mensuelle de 408,22 $ par
mois. Depuis le 1er juillet dernier, Paul reçoit 166,88 $ par mois,
une diminution de 54 %. Il y a aussi Marcel (nom fictif), qui avait
droit à 1 160,97 $ par mois et qui reçoit aujourd’hui 774,57 $ par
mois, et ce, après 29 ans de service. Des cas comme ceux-ci, il y en
a une liste impressionnante. Quelques-uns travaillent ici et là pour
arrondir les fins de mois. C’est le notamment de Réjean St-Germain,
qui combine les contrats pour réussir à maintenir son niveau de vie
moyen. « On regardait aller ça et on espérait qu’un investisseur
rachète l’entreprise. Je ne m’attendais surtout pas à recevoir 700 $
de moins chaque mois. Je combine alors quelques contrats pour
combler le manque à gagner. Je ne peux cependant pas faire n’importe
quoi, car je suis cardiaque. Il faut dire que de travailler toute sa
vie dans une usine, ça hypothèque notre santé ! » a expliqué M.
St-Germain au représentant de L’annonceur.
« J’aimerais mieux être sur l’assistance sociale »
Jean-Paul Gaudreault, 61 ans, a lui aussi sa part de
problèmes depuis qu’il a vu sa rente diminuée de 600 $ par mois
auquel s’ajoute un paiement de 35 $ par mois, réparti sur un an.
Pourquoi un paiement supplémentaire de 35$ C’est que les retraités
ont reçu, depuis la fermeture en 2004, le plein montant de leur
rente alors que le régime était déficitaire. C’est donc pour cette
raison qu’on les a récemment informés qu’ils devront rembourser la
différence versée en trop. « Aucune loi, tant au provincial qu’au
fédéral, ne nous protège en cas de faillite. Lorsque la compagnie
s’est mis sous la loi de la protection de la faillite, aucun
représentant n’était à la table pour défendre nos droits. C’est pour
cela que la compagnie s’est servie, tandis que nous… » a expliqué M.
Gaudreault. En plus d’assumer une baisse notable, les retraités ont
aussi vu leurs assurances s’envoler. Médicaments, soins de la vue et
assurance-vie font maintenant partie de la liste des dépenses et non
des avantages sociaux. « À vrai dire, dans ma situation, j’aimerais
mieux être sur l’assistance sociale. J’ai des problèmes de santé et
j’ai besoin de plusieurs médicaments. Je dois cependant débourser
moi-même les frais encourus. » a ajouté Jean-Paul Gaudreault.
Ils devaient attendre… avant de bouger ?
Selon M. Gaudreault, il y avait déjà longtemps que
les retraités désiraient entreprendre une lutte politique pour faire
respecter leurs droits. Pourquoi ne sont-ils pas sortis avant
aujourd’hui ? « Le syndicat et les intervenants mettaient leurs
énergies sur la relance de l’usine. Quant à nous, on voulait sortir,
manifester et faire bouger les choses, mais on nous a signifié
clairement que nous devions attendre. On a fait confiance au
syndicat, » a conclu Jean-Paul Gaudreault.
Peu de recours pour un cas d’exception
Maintenant que la cour a rejeté leur demande et que
les Aciers Atlas ne sont plus, selon la loi, tenus de combler le
déficit, les retraités tentent de comprendre pourquoi la RRQ n’a pas
veillé à s’assurer que l’actuariat était à jour. « On se tourne
maintenant vers le gouvernement, mais on ne peut pas « actionner »
la RRQ. On sait cependant qu’ils n’ont pas fait leur travail
convenablement pour laisser aller un tel cas. Nos fonds de pension
ne sont pas des cadeaux que la compagnie nous a faits, c’est nous
qui avons amassés et payés nos cotisations. C’est notre argent dont
on parle ! » a fait savoir le président du regroupement, Pierre
St-Michel.
Joey Olivier