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Mise à Jour : 
mardi 19 juillet 2005

Les retraités des Aciers Atlas sortent de l’ombre
La chute de la liberté 55…
par Joey Olivier - Journal L'annonceur - «collaboration spéciale»

Lorsqu’ils ont quitté leur emploi, ils ont tous signé un contrat de travail en bonne et due forme. Ainsi, ils sont devenus officiellement des retraités de l’usine Atlas. S’annonçait alors le jour fatidique d’une retraite bien méritée, après plusieurs années de service. Leur réalité a cependant été bouleversée.  Depuis le 14 juillet 2004, l’usine a fermé ses portes et le contexte est bien différent pour ces retraités. À l’heure actuelle, leur régime de retraite, totalisant 44 millions $, est déficitaire. Ce déficit engendre une diminution des rentes variant entre 28 % et 54 %. C’est pour cette raison que le Regroupement des retraités des Aciers Atlas a été formé.

De gauche à droite, Pierre St-Michel, Jacques Moreau, Diane Blanchard, André Lafond et Réjean St-Germain du Regroupement des retraités des Aciers Atlas.

Ils ont frappé à la porte de Marcel Robert, maire de Sorel-Tracy, celle du député provincial Sylvain Simard, du député fédéral Louis Plamondon, rencontré le ministre responsable de la Régie des Rentes du Québec. Tous se sont montrés solidaires à leur cause, mais le Ministère de l’Emploi et de la Solidarité sociale a signifié par la suite que le Ministère ne pouvait les appuyer. C’est ainsi que ce dossier est devenu un « combat politique ». La semaine dernière, les retraités, demandant que le déficit soit comblé par l’entreprise, ont perdu leur cause devant un juge ontarien. Quelques jours plus tard, le conseil municipal de  Sorel-Tracy a voté une proposition en vue de mandater des membres du conseil pour faire des représentations auprès de la  ministre de la Solidarité sociale, Michelle Courchesne.

Les plus touchés : les agents de sécurité

Le groupe le plus touché est celui des agents de sécurité qui doivent essuyer une perte de 54 % de leurs rentes mensuelles de retraite.

Derrière les faits se cachent des retraités qui ont travaillé entre 15 et 33 ans dans l’entreprise. Prenons en exemple le cas de Paul (nom fictif), qui a travaillé 15 ans pour l’entreprise et qui retirait une rente mensuelle de 408,22 $ par mois. Depuis le 1er juillet dernier, Paul reçoit 166,88 $ par mois, une diminution de 54 %. Il y a aussi Marcel (nom fictif), qui avait droit à 1 160,97 $ par mois et qui reçoit aujourd’hui 774,57 $ par mois, et ce, après 29 ans de service. Des cas comme ceux-ci, il y en a une liste impressionnante. Quelques-uns travaillent ici et là pour arrondir les fins de mois. C’est le notamment de Réjean St-Germain, qui combine les contrats pour réussir à maintenir son niveau de vie moyen. « On regardait aller ça et on espérait qu’un investisseur rachète l’entreprise. Je ne m’attendais surtout pas à recevoir 700 $ de moins chaque mois. Je combine alors quelques contrats pour combler le manque à gagner. Je ne peux cependant pas faire n’importe quoi, car je suis cardiaque. Il faut dire que de travailler toute sa vie dans une usine, ça hypothèque notre santé ! » a expliqué M. St-Germain au représentant de L’annonceur.

« J’aimerais mieux être sur l’assistance sociale »

Jean-Paul Gaudreault, 61 ans, a lui aussi sa part de problèmes depuis qu’il a vu sa rente diminuée de 600 $ par mois auquel s’ajoute un paiement de 35 $ par mois, réparti sur un an. Pourquoi un paiement supplémentaire de 35$ C’est que les retraités ont reçu, depuis la fermeture en 2004, le plein montant de leur rente alors que le régime était déficitaire. C’est donc pour cette raison qu’on les a récemment informés qu’ils devront rembourser la différence versée en trop. « Aucune loi, tant au provincial qu’au fédéral, ne nous protège en cas de faillite. Lorsque la compagnie s’est mis sous la loi de la protection de la faillite, aucun représentant n’était à la table pour défendre nos droits. C’est pour cela que la compagnie s’est servie, tandis que nous… » a expliqué M. Gaudreault. En plus d’assumer une baisse notable, les retraités ont aussi vu leurs assurances s’envoler. Médicaments, soins de la vue et assurance-vie font maintenant partie de la liste des dépenses et non des avantages sociaux. « À vrai dire, dans ma situation, j’aimerais mieux être sur l’assistance sociale. J’ai des problèmes de santé et j’ai besoin de plusieurs médicaments. Je dois cependant débourser moi-même les frais encourus. » a ajouté Jean-Paul Gaudreault.

Ils devaient attendre… avant de bouger ?

Selon M. Gaudreault, il y avait déjà longtemps que les retraités désiraient entreprendre une lutte politique pour faire respecter leurs droits. Pourquoi ne sont-ils pas sortis avant aujourd’hui ? « Le syndicat et les intervenants mettaient leurs énergies sur la relance de l’usine. Quant à nous, on voulait sortir, manifester et faire bouger les choses, mais on nous a signifié clairement que nous devions attendre. On a fait confiance au syndicat, » a conclu Jean-Paul Gaudreault.

Peu de recours pour un cas d’exception

Maintenant que la cour a rejeté leur demande et que les Aciers Atlas ne sont plus, selon la loi, tenus de combler le déficit, les retraités tentent de comprendre pourquoi la RRQ n’a pas veillé à s’assurer que l’actuariat était à jour. « On se tourne maintenant vers le gouvernement, mais on ne peut pas « actionner » la RRQ. On sait cependant qu’ils n’ont pas fait leur travail convenablement pour laisser aller un tel cas. Nos fonds de pension ne sont pas des cadeaux que la compagnie nous a faits, c’est nous qui avons amassés et payés nos cotisations. C’est notre argent dont on parle ! » a fait savoir le président du regroupement, Pierre St-Michel.

 

Joey Olivier

 

 

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