À la Table des élus du lac
Saint-Pierre
Cinq élus font avorter une résolution unanime
sur le rachat de permis de pêche commerciale dans le lac
Saint-Pierre
Par Joey Olivier - Journal L'annonceur
C’est le 14 janvier dernier qu’avait lieu une rencontre déterminante
à la Table des élus du lac Saint-Pierre dans le but de voter une
résolution visant la mise en place de mesure agressive, comme le
rachat de permis de pêche commerciaux sur le lac Saint-Pierre. On
souhaitait également, avec cette résolution. restreindre de la pêche
sportive, afin de permettre aux poissons, notamment la perchaude, de
retrouver une taille adéquate. Plusieurs spécialistes ont souligné
la taille préoccupante de la perchaude et le rapport « Thibault »
faisait état de cette situation inquiétante. L’adoption d’une
proposition entérinant les mesures proposées par ce rapport aurait
eu un effet considérable, dans une décision ultérieure du ministre
délégué à la Forêt, à la Faune et aux Parcs, mais la proposition n’a
cependant pas été votée à l’unanimité.
Cinq
des onze élus ayant le droit de vote sur ce comité ont demandé des
changements à la proposition, dont le maire de Nicolet de
Pierreville et de Baie-du-Febvre, afin de répondre aux demandes des
pêcheurs commerciaux de leurs municipalités et c’est ainsi que la
proposition n’a pas obtenu la majorité nécessaire pour être unanime.
Rejoint par téléphone, Clément Dubois, maire de Nicolet, se
défend d’avoir cédé aux pressions des pêcheurs commerciaux après
cette réunion du comité : « J’avais rencontré les pêcheurs
commerciaux avant de me présenter à cette réunion. Si j’ai demandé
une modification à la proposition, c’est que nous voulions un
compromis qui aurait réduit les impacts sur les pêcheurs. La
résolution prévoyait le rachat d’entre 16 et 19 permis de pêche
commerciale alors nous voulons un maximum de douze rachats de
permis, » a-t-il déclaré en entrevue téléphonique.
Du côté de la MRC du Bas-Richelieu,
le maire de Sorel-Tracy, Marcel Robert, dans une lettre qu’il a
envoyée au ministre mentionne que « Bien que la résolution reflète
fidèlement les décisions prises lors de la rencontre, certains
participants ont demandé des modifications. Ces dernières découlent
de conversations que ces gens ont eues avec les représentants des
pêcheurs commerciaux ou avec des transformateurs. Par contre, après
vérification auprès de représentants de votre ministère, une des
modifications demandées par ces élus aurait comme conséquence de
modifier le contenu de la résolution et de retarder encore davantage
les effets des mesures recommandées et souhaitées pour la saison
2005 ».
Le maire de Nicolet qui qualifie
cette situation comme un « problème de communication » alors que ses
homologues attribuent ce changement de position aux pressions des
pêcheurs commerciales, devait rencontrer des représentants de la MRC
du Bas-Richelieu pour expliquer sa position.
Une autre recommandation?
Selon M. Dubois, cette rencontre, prévue jeudi dernier, devrait
permettre de formuler une nouvelle lettre pouvant être acheminée au
ministre, mais le maire de Sorel-Tracy maintient sa position dans le
dossier : « À ma connaissance, nous avons une ressource très
intéressante dans notre région et plusieurs experts s’entendent pour
dire que la surpêche est un danger pour le lac. Il n’y a pas
d’autres solutions que de retirer des permis commerciaux. Ce dossier
traîne depuis trop longtemps déjà et c’est la première fois dans
l’histoire que le ministère offrait la possibilité aux maires de
s’exprimer et de prendre position sur le sujet. La proposition est
majoritaire, mais s’il elle avait été unanime, le ministre aurait eu
la possibilité d’agir plus rapidement.
La proposition
La proposition qui a été voté lors de la réunion de la Table des
élus du lac Saint-Pierre autorisait « la pêche hivernale durant la
période du 20 décembre au 10 mars », interdisait « l’utilisation de
dandinette », diminuait « le nombre autorisé de « brimbales » de 10
à 5 par pêcheurs » sportifs, prévoyait « le rachat minimal du nombre
de permis nécessaires (incluant les équipements de pêche sans
rétrocession ou revente de ceux-ci) pour atteindre 65 % des
prélèvements ». Malgré que cette partie de la proposition ait été
votée, c’est ce 65% des prélèvements qui a fait rebrousser chemin
aux maires en question. « On souhaitait qu’il y ait 65 % des
mortalités de réduit et non des prélèvements. On s’est mal compris,
» a déclaré M. Dubois. Dans le langage commun, la mortalité concerne
la quantité de poissons considérée comme étant trop petits qu’un
pêcheur doit remettre à l’eau tandis qu’un prélèvement signifie la
pêche même d’un poisson. C’est donc dire que « 65 % des prélèvements
» signifie une diminution de 65 % de la pêche totale dans le lac
Saint-Pierre alors que « 65% des mortalités » signifie une
diminution des pertes de poissons considérés comme étant trop petits
de 65 %.
Les maires prétendent ne pas avoir
compris la différence de sens entre ces deux mots lors du vote. La
proposition comprenait également « un programme de création d’emploi
pour les pêcheurs commerciaux de façon à les maintenir dans la
collectivité active pour qu’ils puissent agir à titre de
surveillants » et excluait la recommandation du CCCGP de « remise à
l’eau obligatoire des prises ».
Joey Olivier