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Mise à Jour : 
samedi 26 février 2005

À la Table des élus du lac Saint-Pierre
Cinq élus font avorter une résolution unanime sur le rachat de permis de pêche commerciale dans le lac Saint-Pierre
Par Joey Olivier - Journal L'annonceur


C’est le 14 janvier dernier qu’avait lieu une rencontre déterminante à la Table des élus du lac Saint-Pierre dans le but de voter une résolution visant la mise en place de mesure agressive, comme le rachat de permis de pêche commerciaux sur le lac Saint-Pierre. On souhaitait également, avec cette résolution. restreindre de la pêche sportive, afin de permettre aux poissons, notamment la perchaude, de retrouver une taille adéquate. Plusieurs spécialistes ont souligné la taille préoccupante de la perchaude et le rapport « Thibault » faisait état de cette situation inquiétante. L’adoption d’une proposition entérinant les mesures proposées par ce rapport aurait eu un effet considérable, dans une décision ultérieure du ministre délégué à la Forêt, à la Faune et aux Parcs, mais la proposition n’a cependant pas été votée à l’unanimité.

Cinq des onze élus ayant le droit de vote sur ce comité ont demandé des changements à la proposition, dont le maire de Nicolet de Pierreville et de Baie-du-Febvre, afin de répondre aux demandes des pêcheurs commerciaux de leurs municipalités et c’est ainsi que la proposition n’a pas obtenu la majorité nécessaire pour être unanime. Rejoint par téléphone, Clément Dubois, maire de Nicolet, se défend d’avoir cédé aux pressions des pêcheurs commerciaux après cette réunion du comité : « J’avais rencontré les pêcheurs commerciaux avant de me présenter à cette réunion. Si j’ai demandé une modification à la proposition, c’est que nous voulions un compromis qui aurait réduit les impacts sur les pêcheurs. La résolution prévoyait le rachat d’entre 16 et 19 permis de pêche commerciale alors nous voulons un maximum de douze rachats de permis, » a-t-il déclaré en entrevue téléphonique.

Du côté de la MRC du Bas-Richelieu, le maire de Sorel-Tracy, Marcel Robert, dans une lettre qu’il a envoyée au ministre mentionne que « Bien que la résolution reflète fidèlement les décisions prises lors de la rencontre, certains participants ont demandé des modifications. Ces dernières découlent de conversations que ces gens ont eues avec les représentants des pêcheurs commerciaux ou avec des transformateurs. Par contre, après vérification auprès de représentants de votre ministère, une des modifications demandées par ces élus aurait comme conséquence de modifier le contenu de la résolution et de retarder encore davantage les effets des mesures recommandées et souhaitées pour la saison 2005 ».

Le maire de Nicolet qui qualifie cette situation comme un « problème de communication » alors que ses homologues attribuent ce changement de position aux pressions des pêcheurs commerciales, devait rencontrer des représentants de la MRC du Bas-Richelieu pour expliquer sa position.

Une autre recommandation?
Selon M. Dubois, cette rencontre, prévue jeudi dernier, devrait permettre de formuler une nouvelle lettre pouvant être acheminée au ministre, mais le maire de Sorel-Tracy maintient sa position dans le dossier : « À ma connaissance, nous avons une ressource très intéressante dans notre région et plusieurs experts s’entendent pour dire que la surpêche est un danger pour le lac. Il n’y a pas d’autres solutions que de retirer des permis commerciaux. Ce dossier traîne depuis trop longtemps déjà et c’est la première fois dans l’histoire que le ministère offrait la possibilité aux maires de s’exprimer et de prendre position sur le sujet. La proposition est majoritaire, mais s’il elle avait été unanime, le ministre aurait eu la possibilité d’agir plus rapidement.

La proposition
La proposition qui a été voté lors de la réunion de la Table des élus du lac Saint-Pierre autorisait « la pêche hivernale durant la période du 20 décembre au 10 mars », interdisait « l’utilisation de dandinette », diminuait « le nombre autorisé de « brimbales » de 10 à 5 par pêcheurs » sportifs, prévoyait « le rachat minimal du nombre de permis nécessaires (incluant les équipements de pêche sans rétrocession ou revente de ceux-ci) pour atteindre 65 % des prélèvements ». Malgré que cette partie de la proposition ait été votée, c’est ce 65% des prélèvements qui a fait rebrousser chemin aux maires en question. « On souhaitait qu’il y ait 65 % des mortalités de réduit et non des prélèvements. On s’est mal compris, » a déclaré M. Dubois. Dans le langage commun, la mortalité concerne la quantité de poissons considérée comme étant trop petits qu’un pêcheur doit remettre à l’eau tandis qu’un prélèvement signifie la pêche même d’un poisson. C’est donc dire que « 65 % des prélèvements » signifie une diminution de 65 % de la pêche totale dans le lac Saint-Pierre alors que « 65% des mortalités » signifie une diminution des pertes de poissons considérés comme étant trop petits de 65 %.

Les maires prétendent ne pas avoir compris la différence de sens entre ces deux mots lors du vote. La proposition comprenait également « un programme de création d’emploi pour les pêcheurs commerciaux de façon à les maintenir dans la collectivité active pour qu’ils puissent agir à titre de surveillants » et excluait la recommandation du CCCGP de « remise à l’eau obligatoire des prises ». 

Joey Olivier

 

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